lundi 28 février 2011

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samedi 26 février 2011

Le meilleur job au monde

Censuré

Gojira Vs Agarena Cabernet Sauvignon-Tempranillo

http://www.youtube.com/watch?v=9Z40Msk2jys&feature=related


Gojira (ou Godzilla pour les non-Japonais que nous sommes), film de 1954. Réalisé par le légendaire Ishirô Honda. Le premier film de monstre japonais. Forcément, le premier Godzilla aussi. Sans contredit le meilleur. Son aspect lugubre et angoissant le démarque de la pléthore de remakes médiocres et benêts qui s’échelonneront sur plus de 50 ans.

Un peu comme les Rocky quoi. Le premier est un accident génial. Les autres qui suivront ne seront qu’une succession de pressage de citron inintéressant et totalement stupide.

Si vous vous amusez à chercher les notes données par les plus grands critiques de cinéma, vous découvrirez que ce film les rend tous fous. Les variations vont en effet de pur navet à pur chef-d'oeuvre. Rien de moins les enfants.

En fait, ce film est un intéressant exercice pour la formation des jeunes critiques de cinéma.

On ne peut pas comprendre la portée traumatique de ce film si on tente de l’analyser uniquement sous son aspect artistique. Ce film est beaucoup plus que ça. C’est un stigmate cinématographique de l’horreur causé par Hiroshima et Nagasaki. En fait, c’est moins un film qu’une tentative inconsciente d’exorciser l’apocalypse nucléaire vécue par les Japonais lors des deux bombardements atomiques. (Attention cependant. Ce film n’est sorti que deux ans plus tard aux USA avec un montage remanié pour y inclure une vision américaine du sujet. Le résultat est désastreux et les scènes retouchées deux ans plus tard mettant «en vedette» Raymond Burr sont totalement stupides. Avant de regarder ce film, assurez-vous que vous avez la version japonaise de 1954.)


Gojira est le produit d’un accident causé par un essai nucléaire sous marin. (Message gros comme le bras ici) Il se réveille après 2 millions d’années (autre message: force toute puissante sans intelligence... préhistorique...) Il sort de l’océan et attaque l’île du Japon. (Autre message : ennemi terrifiant venu de l’horizon. On entendrait presque ronronner au loin le moteur du bombardier Enola Gay ici) Il se met à tout péter sur son passage et est tout puissant. Imbattable. Les dommages causés sont apocalyptiques. (Message on ne peut plus clair : Hiroshima, Nagasaki) Le seul qui possède la possibilité de le tuer est un scientifique humaniste qui a découvert une arme encore plus terrifiante que la bombe nucléaire. Va-t-il utiliser sa découverte pour tuer le monstre? Si oui, sa découverte risque de tomber entre les mains de personnes peu scrupuleuses qui en feront assurément une arme contre les humains. Mais s’il ne l’utilise pas, fichtre! Des milliers d’humains mourront. Bon Dieu, mais que faire??? (Message: Dilemme moral ici qui renvoie directement aux scientifiques sous les ordres de Oppenheimer ayant travaillés à la création de la Bombe sur le projet Manhattan.) Après un long questionnement, il décide d’utiliser sa découverte une seule fois, question de sauver l’humanité juste après le souper et avant les infos de fin de soirée. La routine quoi. Après cette formalité accomplie, il brûle ses papiers et se suicide. Mais est-ce vraiment la fin? Pas certain puisque le film se termine sur les propos on ne peut plus nébuleux du vieux professeur qui affirme en regardant droit la caméra (ou presque) que tant qu’il existera des essais nucléaires sur la planète, d’autres Gojira risquent de renaître ici et là sur le monde. (Message à l’humanité: Pour la survie de notre espèce, plus jamais de Hiroshima svp!)


Film noir et blanc avec de jolis contrastes. Une trame sonore ahurissante qui a très certainement fait frémir les cinéphiles préhistoriques de 1954. Une représentation d’un Japon qui hésiterait entre l’américanisation forcée et son histoire ancestrale. Le jeu des acteurs n’est pas toujours au top niveau, mais cela ajoute un je ne sais quoi de sympa à la sauce. Les scènes de démolition des villes se déroulent toujours la nuit, ce qui gomme efficacement certaines imperfections qui passeraient moins bien à l’écran sous un éclairage de jour. J’ai adoré revoir ces petits modèles réduits de voitures et de bateaux qui se font démolir. Pour les plus jeunes, sachez que même quand nous étions petits, nous n’étions pas dupes pour autant. Ces artifices nous faisaient débander par leur aspect petit budget cheapo. Mais aujourd’hui, je trouve ça tout à fait charmant et j’en redemande en applaudissant des deux mains (Parce que bon, applaudir d’une seule main, c’est pas aussi facile qu’on pourrait le penser. Essayez pour voir et vous m’en reparlerez demain à la cafétéria).


J’ai regardé ça en mangeant un ragoût de boeuf que j’ai cuisiné moi-même avec mes petits doigts parce que je n’ai plus de blonde depuis au moins 300 ans qui pourrait cuisiner pour moi. Avec ça, une salade de couscous avec tomates, poivrons verts, brocoli + assaisonnement artisanal importé de la Corse et offert dans des petits pots par M... lors de son dernier voyage. Une goutte d’huile d’olive. Sel, poivre. Vin d’accompagnement : Agarena. Cabernet Sauvignon et Tempranillo. Espagne. Pas un grand vin, mais à $8 et des poussières, c’est très très très très correct. Surtout pour boire pendant un film de monstres. Les films de monstres et les vins cheapettes espagnoles, il me semble que ça va très bien ensemble. C’est pas comme les salades de couscous. Car ça ne parait pas comme ça, mais une salade de couscous, ça bourre en criss. Surtout vers la fin. Et justement, j’ai pas été foutu de la terminer. Je sais que ça vous intéresse et c’est pour ça que je m’empresse de vous en parler avec autant de détails.

C’est comme ma dent et mes hémorroïdes, des sujets de fond qui emballent les milliers de lecteurs de ce blogue.

Si j’étais réalisateur de films de monstres japonais, je me ferais un petit film sympa dont le sujet ferait sérieusement questionner la société. Ça serait l’histoire très poignante d’un type qui souffre d’hémorroïdes. Un jour, après un examen du cul qui aurait mal tourné, les hémorroïdes du mec auraient profité d’un moment d’inattention du docteur pour s’échapper de la salle d’observation et aller se planquer dans un conteneur stocké dans le vieux port de Montréal et déchargé là par un bateau en provenance de Moscou. Manque de chance, le conteneur contiendrait des déchets radioactifs qui, en contact avec les hémorroïdes, auraient provoqué une inflammation titanesque desdites hémorroïdes. Une heure plus tard, les voilà-t-y pas aussi grosses que la place Ville-Marie. Elles se mettent alors à tout démolir et l’armée canadienne ne sait plus quoi faire de ces hémorroïdes géantes qui dévastent tout sur leur passage sans même prendre la peine de s’essuyer les pieds avant d’entrer chez l’habitant. Un type arrive, un scientifique spécialiste du cul qui aurait découvert une arme secrète pour tuer les maux de cul du monde entier. Mais il se confronterait à un problème moral immense. Devrait-il en effet utiliser sa découverte pour tuer des hémorroïdes géantes qui passent leur temps à manger les antennes plantées sur le top de la croix du Mont-Royal en sachant très bien qu’un jour, des personnes mal intentionnées pourraient utiliser sa découverte à des fins guerrières? Sans parler qu’il doit en même temps se confronter à son vieux professeur qui ne demanderait pas mieux que de préserver les hémorroïdes pour les étudier plus en profondeur et qui sait, pouvoir du même coup les réinsérer socialement. On nage ici en plein drame social et j’ai beau me pencher plus en avant sur le scénario, je n’arrive pas à le terminer tellement c’est poignant d’émotivité.

jeudi 24 février 2011

Dernière journée avec ma dent.

J’étais un peu en avance, alors j’ai profité de la belle journée ensoleillée pour me prendre une marche de santé avant d’aller me faire charcuter la bouche. Je profitais des derniers instants de vie partagée avec cette dent qui, je le savais, allait me quitter à tout jamais. La rue Mont-Royal était belle. Froide un peu quand le vent se levait, mais belle par l’imminence du printemps qu’elle annonçait au détour d’un rayon de soleil qui s’échappait un instant de l’hiver pour aller caresser les passants du hasard. Un coiffeur un peu gai fumait sa clope devant la porte de son commerce. Croisant du regard une dame de ses amies qui passait par là, ils se sont échangé quelques mots que j’ai captés en passant. Leur échange éphémère traitait du beau temps et de l’importance d’en profiter. J’ai ensuite été acheter Le Devoir dans un dépanneur du coin dont le propriétaire vietnamien consacrait une partie de son espace commercial à la vente de fleurs et de plantes. Ça sentait le pollen quand je suis entré. Je me suis dirigé vers les kiosques à journaux et ma main s’est emparé du dernier exemplaire de mon journal qui donnait sa page frontispice à un dictateur qui promettait un bain sang à ces insolents qui continueraient à prôner la liberté. La photo était tirée de la vidéo que j’avais vu la veille à la télé. J’avais remarqué la fraude de cette supposée allocution «grand public» par le reflet des lunettes du dictateur. En effet, on y voyait très bien qu’il ne s’adressait à personne, que ce discours était un leurre puisque l’effet miroir des lunettes renvoyait une image où l’espace devant lui était désert de monde. J’aurais voulu écrire aux journaux pour leur proposer ce scoop. Sortant du dépanneur, j’avais encore trente minutes avant la boucherie. Ne sachant ou aller, j’ai pris la direction est, mon Devoir sous le bras avec une petite pensée pour mon grand-père qui était un lecteur régulier. Rendu à un coin de rue, j’ai voulu m’allumer une cigarette, mais mon briquet venait de rendre l’âme. Un type s’est alors amené et m’a demandé une cigarette. C’était un clochard de bonne famille, genre psychiatrisé, mais propre, du genre qu’il passe ses journées à délirer dans les rues, mais qui revient consciencieusement chaque soir à la maison pour partager le repas avec sa vieille mère et prendre son bain avant d’aller se coucher. Barbe longue teintée de poivre et de sel, peau du visage basanée malgré l’hiver qui se termine et fortement cuivrée par je ne sais quelle difficulté de la vie, écharpe de qualité qui lui entortillait le cou, l’on aurait dit un poète russe anarchiste d’avant la révolution. Je lui ai refilé une cigarette en échange de son feu. S’allumant sa cigarette, il m’a longuement observé et m’a dit «J’aime ton ensemble».


- Mon quoi?

- Ton ensemble. La manière dont tu es habillé.


De toute ma vie, c’était la première fois qu’on me faisait un tel compliment. Mais venant d’un clochard, je ne sais pas comment je devrais prendre la chose.

mercredi 23 février 2011

Explication de mes chansons...

Bon, ce n’est pas un palmarès officiel, mais simplement une sélection du hasard en tripatouillant sur Youtube et en m’amusant depuis que je sais comment crisser des clips directement sur mon blog. Il y en aura d’autres plus tard, quand j’aurai d’autres soirées comme celle-ci.

Je serais bien incapable de faire une liste complète par ordre de préférence. Il y en a trop. Et puis les raisons pour choisir celle-ci plutôt que celle-là sont trop diverses.

Par exemple, j’aime mieux le Yves Montand des 20 dernières années de sa vie à cause de sa voix chaude.

La chanson de Prévert de Serge Gainsbourg reste une de mes préférées parce qu’elle s’est immédiatement insérée dans mon cerveau. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a des chansons comme ça.

J’aime tout de Léo Ferré et j’aurais pu mettre la totalité de son répertoire. Idem pour Renaud, ce sont deux chanteurs qui sont aussi des machines à faire reculer la bêtise et la connerie. Mais on aime ou l’on n’aime pas.

Je sais.

Mais moi j’aime.

Brel se passe de commentaire. Il est à part, tout en haut et il n’y a rien d’autre à dire. J’aurais pu tout mettre et on y serait encore demain matin.

Bashung et Mano Solo sont des coups de coeur. Je sais qu’ils n’ont pas le panache d’un Brel ou d’un Ferré, mais moi je les aime.

J’aurais pu mettre aussi Brassens. Je n’y ai pas pensé. Ça sera pour la prochaine fois.

J’aurais pu mettre aussi Fréhel et Aristide Bruant, mais je me disais que vous auriez peut-être pensé que je me moque de vous. Pourtant...

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Dent

Bon, je crois que je vais aller me coucher. Je tentais juste de faire passer par cette série de clips pas très importants pour la survie de la race humaine un putain de mal de dents qui me tarabuste la quiétude depuis hier soir. Le genre de mal de dents qui te donne l’impression d’avoir une lame de couteau rouillée coincée dans la gencive avec un type obèse qui s’amuse comme ça, pour rigoler, à appuyer dessus.

J’ai un rendez-vous demain avec la dentiste. Au téléphone, j’avais l’impression de parler à la femme de ménage. Elle ne semblait pas certaine de son horaire ni de l’heure où elle pouvait me faire passer. En fait, j’avais l’angoissante impression de la réveiller et d’être le tout premier client à se manifester depuis les dix dernières années. Je l’imagine déjà ce soir en train de sortir ses poussiéreux instruments de torture de son vieux vaisselier en bois massif et de vérifier dans le guide d’accompagnement la manière de s’en servir.

Chalumeau, scie ronde, fer à soudure...

Putain! Je n’aime pas les dentistes! J’ai mal juste à prononcer le nom de leur profession.

Ça vient de mon enfance. Un type, un boucher reconverti en dentiste je crois, près du pont Papineau. Je devais avoir 4 ou 5 ans. Y m’avait piqué je ne sais même pas comment, mais bordel, qu’est-ce que ça avait fait mal! Y voulait me faire rire et par là, me faire oublier la douleur qu’il m’infligeait. Il faisait des simagrées exagérées comme un mauvais comédien, du cabotinage de mauvais aloi, dansant et surtout chantant je ne sais quelle ritournelle enfantine qui se voulait sans doute rigolote, mais que je percevais comme un angoissant prélude à une boucherie annoncée. Ce type-là, il était fou. Il dansait pour me faire rire! Avec ça, ses instruments de torture dans la main! Assis sur la chaise de torture, j’avais l’impression d’être un gigot qui mijotait avant le repas. Et en plus d’être fou, il avait l’autorité professionnelle et morale pour me percer sans ménagement les molaires et me charcuter en toute quiétude les gencives.

Il m’avait fait peur et après m’avoir piqué pour me geler, j’ai décidé de ne plus ouvrir la bouche.

Va te faire foutre pauvre con!

J’ai p’têtre 4 ans mais je sais reconnaître un boucher sanguinaire quand j’en croise un devant moi. Depuis ce temps, mes relations avec les dentistes ne sont pas très bonnes. Comme qui dirait, le lien de confiance s’est brisé très tôt entre nous.


Demain vers 13h, je vais retrouver ce putain de siège en cuir et cette maudite lampe qui m’éclairera le fond de la gorge. J’aurai la bouche grande ouverte et des mains étrangères me tripatouilleront la chose dentaire. Mon filet de bave sera aspiré par une mini pompe qui crachera mon malaise dans un petit lavabo amovible qu’on aura rapproché pour l’occasion à proximité de mon putain de siège en cuir.

Ma bouche! Une étrangère me jouera dans la bouche! Avec des lames, des aiguilles, des spatules et je ne sais quoi d’autre...


Ce soir, et pour espérer dormir un brin, je me saoul sans ménagement. Je ne sais pas si c’est l’énervement, l’appréhension ou je ne sais quoi d’autre, mais je n’y arrive pas tout à fait. Je suis pompette, mais pas saoul du tout. Ma voisine m’a refilé des antidouleurs, mais je ne sais pas si j’aurai à les prendre. Je vais tenter de trouver un petit bout de sommeil sans avoir à y rajouter de la drogue par-dessus. Ce sont des comprimés qu’elle prend quand ses règles se font trop douloureuses. Moi, j’ai jamais eu de règles donc je ne sais pas si ces pilules peuvent faire effet sur ma dent.


- Une douleur est une douleur, qu’elle m’a dit.

- Oui mais une dent n’est pas une règle, que je lui ai répondu avec une féroce conviction tout en me massant l’extérieur de ma mâchoire.


J’écris tout ça en terminant ma bière et juste avant d’aller me coucher.

Bonne nuit bande d’enfoirés.

Gilbert Perreault

Un grand oublié dans l'histoire de la NHL, Gilbert Perreault. Juste un peu avant Lafleur et avec Bobby Orr, il fut à son époque le joueur le plus spectaculaire de la ligue. Malheureusement, et comme pour Lafleur, il n'existe pas beaucoup de documents visuelles disponibles. Néanmoins, ce petit clip vous donnera une idée de son extraordinaire talent.

Denis Savard

Parlant d'intelligence et de faculté d'adaptation face à un environnement hostile, il ne faudrait surtout pas oublier Denis Savard.

Perfection

Admirez la fluidité du mouvement sur le premier des deux buts montrés. Petit chef-d'oeuvre de spontanéité créé dans l’espace infime d’une toute petite fraction de seconde. Contrairement à ce qui se dit, les sportifs de haut niveau seraient dotés d’une intelligence supérieure à la moyenne par cette faculté que possède leur cerveau à coordonner la précision du geste en fonction du temps de réaction. Plus ce temps de réaction est court, plus grand est le coefficient de difficulté à affronter. Ici, Guy Lafleur improvise une exécution parfaite face à une situation extrêmement complexe. Regardez, regardez, regardez et regardez encore le premier de ces deux buts. Observez sa réaction dès qu’il touche la ligne bleue. Tout se joue là! Il lève rapidement la tête pour analyser les obstacles qui se présentent devant lui et applique ensuite la série d’actions parfaites pour les traverser avec succès jusqu’au but ultime. Le tout ne prend pas plus d’une seconde. La solution est déjà dans son cerveau avant même qu’il n’exécute sa première feinte de lancer. Le reste n’est qu’une exécution déconcertante de facilité.

Son 250e...un classique du genre.

Souvenirs... souvenirs...

C’est con, mais je viens de comprendre comment refiler directement un clip de Youtube sur mon blog.

Oui bon, désolé. Je suis né lors de la dernière congélation du continent.

Ce clip montre un moment crucial de la cinquième partie de la finale Montréal-Boston de 1978. Le match précédent qui se déroulait à Boston, Stan Jonathan avait planté Pierre Bouchard lors d’un combat mémorable dont les conséquences furent funestes pour le pauvre Bouchard. En effet, il fut échangé sans pitié à Washington l’été d’après.

Enfin bref, Boston venait de remonter le CH dans la série en faisant 2-2 dans un 4 de 7 et pour la première fois de cette même série, Bowman avait décidé de faire jouer le jeune et fougueux Mario Tremblay.

Ce combat avait changé l’issue de la série.


Pour vous jeunes lecteurs qui croiraient encore que Mario Tremblay n’est qu’un simple commentateur sportif et qui ignoreraient qu’il fut en son époque une véritable petite terreur qui n’avait peur de rien.


Oui bon, je sais. C’est pas beau les bagarres au hockey et bla bla bla.

Mais bon, juste pour cette droite d’anthologie appliquée sur l’insupportable museau de Bobby Shmautz arborant le non moins insupportable maillot des Bruins de Boston, je suis prêt à faire une exception à la règle et concéder le fait que SACRAMENT! QU’EST -CE QUE ÇA FAIT DU BIEN DE FOUTRE UNE RACLÉE AUX BRUINS DE BOSTON!





René Lecavalier

J’aime bien écouter le hockey à la radio, comme ce soir alors que le CH est à Vancouver pour une partie diffusée en fin de soirée. Ça me replonge automatiquement à une époque pas si lointaine où l’on avait qu’une partie par semaine retransmise à la télé. Le reste du temps, il fallait se contenter de la radio.

Je retrouve un peu de cette magie par les voix de Martin McGuire et Danny Dubé. À eux deux, ils forment le meilleur duo depuis l’époque de Lecavalier et Gilles Tremblay.


Mais Lecavalier reste le Prince! Le plus grand commentateur sportif de l’histoire de notre télé.

Les réminiscences de cette incomparable voix me ramèneront toujours aux jours les plus heureux de ma vie.

Cette voix que soufflait en sourdine ma radio réveil alors qu’allongé dans mon lit et combattant le sommeil, je refusais de m’endormir avant la fin de la partie même si j’avais de l’école le lendemain...

Cette voix créatrice d’images fantastiques...

Ces images que je me faisais dans ma tête quand j’entendais «Lafleur s’empare de la rondelle et fonce en zone adverse...» étaient plus claires que celles qu’aurait pu me retransmettre n’importe quelle télévision HD moderne de notre époque.

La force de l’imagination est plus puissante que la réalité.

Surtout quand cette imagination fut couvée dès le berceau par l’éloquence d’un maître orateur de la chose bleu blanc rouge. Cette diction et ce style vibrent encore aujourd’hui aussi clairement dans ma tête qu’à l’époque où j’avais 10 ans.


Je réalise ce soir à quel point sa voix a marqué ma vie. Dans mon enfance, René Lecavalier a été pour moi un conteur merveilleux. Au-dessus de mon lit, dans l’invisibilité des choses qui suivait l’heure du coucher, sa voix réconfortante perçait l’angoissant néant de l’obscurité pour venir me bercer tout doucement en m’accompagnant jusqu’au sommeil.

Ses mots me tenaient la main.

Ce poète de l’éphémère me racontait une lliade sans fin dont les héros plus grands que nature chassaient sans pitié les démons de la pénombre et les monstres planqués sous les lits.

Le griot sacré de mon enfance.

Car cette voix, c’est mon enfance et mon inconscient la porte en lui. Une partie de moi est née de ses cordes vocales. C’est une voix qui sent les feuilles d’automne et les premières neiges d’hiver. C’est une voix qui ramène sur ma peau la sensation merveilleusement confortable d’un pyjama enfilée après le bain. C’est une voix qui dit que c’est samedi soir et qu’on a pas d’école le lendemain. Une voix qui réchauffait même dans les plus froides soirées de janvier, au temps où l’hiver existait encore. C’est aussi la voix du dégel et des heures qui avançaient enfin à l’Est. Une voix printanière en provenance de Boston, Chicago ou Philadelphie et qui s’éteignait pour deux mois après qu’une coupe portée à bout de bras faisant le tour d’une patinoire. 12 ans après son extinction officielle, je l’entends toujours.

Elle est là, quelque part en moi.

dimanche 20 février 2011

La fin du tyran?

Au moment où j’écris ces mots, des rumeurs courent à l’effet que Kadhafi aurait foutu le camp.



Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres.
Je ne vous demande pas de le pousser, de l'ébranler, mais seulement
de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on
a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre.

Étienne De La Boétie (1530-1563)

Marina Kowalsky

Marina Kowalsky ne donne plus de nouvelle.

Peut-être ne sait-elle pas que j’ai changé d’adresse courriel?

Call me si ça te dit, très chère Marina.

J’ai toujours le même numéro.

Des plombs qui sifflent

Ce soir contre les noirs, j’avais décidé de jouer strictement défensif et de ne me concentrer que sur les trois chevaliers de l’apocalypse. Ce qui était déjà une énorme commande comme on dit dans le jargon. D’autant plus que je venais de passer une semaine assez arrosée où les bouteilles de rouge et les longs apéros avec mes voisins se sont succédé en rafales. Je ne me sentais pas dans la meilleure des formes et l’idée de jouer en avant et de courir comme un malade ne me disait pas grand-chose. Mieux valait donc que je reste à l’arrière et que j’attende que l’action ne vienne à moi plutôt que d’aller vers elle.

Bing, bang, pow! En veux-tu des balles de caoutchouc, en voilà! Je ne sais pas combien j’en ai bloqué. Je n’aurai qu’à compter les marques sur ma peau demain matin.

Notre gardien s’en est mangé deux dans la gorge. À la deuxième, on a cru pendant un moment qu’il ne se relèverait jamais. Deux plombs foudroyants de Forget que j’ai entendu siffler lorsqu’ils sont passés près de mes oreilles.

Mieux valait que ce soit mon gardien que moi. Après tout, c’est son boulot de se faire blesser.

Curieusement, et même si ce fut ma partie la plus défensive depuis le début de l’année, j’ai terminé la soirée avec sept points, dont 4 buts.

Allez comprendre quelque chose.


- Non mais c’est terriblement narcissique comme texte!

- Ouais je sais. Mais c’est un blog et ça sert à ça justement. Et puis merde, j’en avais envie.

vendredi 18 février 2011

Coup de maître

Censuré

jeudi 17 février 2011

Le voleur de bicyclette

On regarde Le Voleur de Bicyclette de Vittorio De Sica (1948) comme on boit un grand vin. C’est à dire en prenant le temps de déguster chaque scène et en oubliant tout le reste. (L’hiver, les factures, le travail, etc.)

Faut pas tomber dans le piège des intellos quand on regarde ce film et se prendre la tête à deux mains pour y trouver du symbolisme à chaque scène sous prétexte que cette oeuvre est classé comme l’un des 10 meilleurs films de tout le temps. Il faut le regarder pour ce qu’il est : une histoire!

D’ailleurs, la trame est d’une simplicité désarmante: Un chômeur sur le point de se sortir du marasme se fait voler sa bicyclette. Accompagné de son fils, il passera le jour suivant à tenter de retrouver le voleur.

Mais encore une fois, tout est dans le traitement et c’est justement là la force de De Sica. Il se sert d’une action en apparence banale (le vol d’une misérable bicyclette) pour insuffler au récit une progression dramatique qui culminera à une finale d’anthologie. Le tout est enrobé dans une facture extrêmement nouvelle pour l’époque et que les intellos justement désigneront plus tard sous la sympathique dénomination de «néoréalisme italien».

Et c’est quoi le néoréalisme italien? Les mêmes intellos vous diront que c’est l’abondance des scènes extérieures, l’embauche de comédiens inexpérimentés, l’éclairage naturelle et tutti quanti.

De Sica lui, ne savait pas qu’il faisait du «néoréalisme italien» au moment où il a donné ses premiers coups de manivelle. Tout ce qu’il savait par contre c’est qu’il avait un budget dérisoire et qu’il devait se démerder avec ce qu’il avait sous la main pour tourner son film. C’est à dire l’utilisation maximale de scènes extérieures pour économiser sur la location de studio, embaucher des comédiens inexpérimentés pour la même raison, se servir de l’éclairage naturelle encore pour la même raison et tutti quanti.

On aurait pu appeler ça un génial film de fauché mais ça ne faisait pas assez branché pour la critique intello.

Alors on a opté pour le «néoréalisme italien».

Sans le savoir, De Sica inventait ainsi un esthétisme qui allait profondément marquer le cinéma et dont les influences se feront encore sentir jusqu’à nos jours.

C’est le propre des inventeurs de ne pas savoir qu’ils sont en train d’inventer.

Allez, on se fait un petit cinéma?

http://www.youtube.com/watch?v=FZm7WuIVPtM&feature=related

Du coup, ça me ramène aux 400 Coups de François Truffaut. Trouvez pas qu’il y a en effet un je ne sais quoi de parenté entre les deux?

http://www.youtube.com/watch?v=i89oN8v7RdY&feature=related

Forcément, Truffaut n’a pas pu échapper à l’influence de De Sica puisqu’il était exactement dans les mêmes dispositions monétaires quand il a tourné son film. On aurait pu appelé ça un génial film de fauché mais ça ne faisait pas assez branché pour la critique intello.

Alors on a opté pour «La nouvelle vague».

C'est quoi déjà le nom de ce film?

Je cherche le titre d’un film depuis au moins une heure. En fait, c’est un documentaire sur le Paris Occupé. Le film est monté à partir des «actualités» qu’on passait entre deux représentations dans les salles cinémas des années ’40. Le réalisateur s’est servi de ces archives pour illustrer l’occupation sous Paris. Mais le coup de génie réside dans la narration. En effet, tout au long du documentaire, on entend une voix off lire les passages du journal personnel de Dietrich von Choltitz, commandant en chef des armées allemandes à Paris.

Attention, ne pas confondre le film que je cherche avec Paris brule-t-il? de René Clément. Ce n’est pas du tout la même chose.

Bon, si vous le trouvez, prière de me le faire savoir parce que je suis en train de devenir fou.

mardi 15 février 2011

Tchang sur le Plateau

Photo floue provenant d’un photographe médiocre, mais toujours allumé d’un enthousiasme délirant.

Moi.

Cette photo montre la ruelle derrière chez moi.

Elle n’est jamais déneigée, sauf par les pas répétés des voisins courageux qui y creusent jour après jour des tranchés contre l’hiver et la déprime.

Nous sortons de ce côté quand nous allons sur Mont-Royal acheter des produits frais. C’est surréaliste de penser qu’un jour, dans trois mois à peine, les résidents de cette ruelle étireront langoureusement leurs soirées au même endroit, leurs culs bien calés sur des chaises de jardin.

Mais en ce moment, ça reste un paysage de Tintin au Tibet et je crois même apercevoir au loin la silhouette inquiétante du yéti qui était tout de même un personnage gentil de l’album du même nom. Quand je reviens chez moi après avoir acheté mon Tartare à la maison du rôtie, je me sens exactement comme Tchang après l’écrasement de l’avion. Même angoisse devant la solitude infinie du paysage. Je rentre chez moi et j’attends que Tintin vienne me secourir.

Deux aveugles...

Temps exécrable aujourd’hui. Je roulais sur le boulevard Iberville en direction de ce café où m’attendait É... et même si nous n’étions qu’en plein après-midi, la circulation se faisait de parechoc à parechoc. La chaussée était glissante par l’accumulation de neige combinée à l’absence d’épandage de produits abrasifs. Sur les trottoirs par contre, les piétons semblaient se démerder un peu mieux. Même l’aveugle que je venais de croiser et qui remontait en direction Nord semblait en parfait contrôle de son déplacement. Sa canne blanche balayant frénétiquement de gauche à droite comme pour chasser des mouches imaginaires, le pas incroyablement assuré malgré les conditions difficiles, le type n’en marchait pas moins sans problème apparent. Mais voilà qu’à peine rendu au coin de rue suivant, je croise un autre aveugle qui cette fois allait dans la direction contraire, c’est à dire vers le Sud. Et je me suis demandé comme ça quelles pouvaient bien être les probabilités statistiques que deux aveugles marchant sur la même rue mais en sens contraire puissent se percuter l’un contre l’autre? Je ne connais pas la réponse mais je me doute bien que cette possibilité est de l’ordre de 1 fois sur je ne sais pas combien de milliers, voire de millions. Et pourtant, toutes les conditions étaient en place pour qu’un tel phénomène se produise dans les minutes qui allaient suivre. J’aurais bien aimé voir ça, question de pouvoir me vanter qu’une fois dans ma vie, j’aurai été témoin d’une telle cocasserie du hasard. Mais je montais vers le Nord et la chose allait se produire derrière moi, un peu plus bas vers le Sud. J’étais passé par là juste un peu trop tôt.

Yojimbo

Revu ce soir Yojimbo, ce chef d’oeuvre de Akira Kurosawa qui a inspiré trois ans plus tard Pour une poignée de dollars de Sergio Leone. Même après 50 ans, ce film se laisse toujours regarder avec un plaisir sans fin. Comme le bon vin, les grandes créations cinématographiques prennent encore plus de saveurs avec les années.

Humour noir à profusion, mise en scène teintée d’une théâtralité à la limite de l’exagération, scénario puisant ses inspirations dans les sombres profondeurs de l’âme humaine, Kurosawa signe avec Yojimbo une oeuvre intemporelle qui jamais ne prendra une ride.

Le cinéma est un art majeur au même titre que le théâtre. Bien que ce dernier existe depuis la nuit des temps, (depuis la Grèce antique je crois... mais je peux me tromper... pas envie de faire des recherches ce soir...le théâtre n’est pas mon domaine) depuis la nuit des temps disais-je, le cinéma n’en a pas moins accouché de nombreux génies qui peuvent se comparer sans pudeur aucune aux plus grands auteurs de théâtre ancien et moderne. Filmer des gens qui bougent et qui parlent est la portée de tous. Mais faire ça : http://www.youtube.com/watch?v=hG-bIljVFLw c’est une autre histoire. Observez le traitement de la lumière lors des plans «extérieurs», cette maîtrise exceptionnelle du noir et du blanc, regardez ce plan magnifique à la 46e seconde de ce clip, lorsque le personnage quitte la maison et se met à courir... la caméra est presque au niveau du sol tandis que le haut et le bas de l’écran sont baignés dans l’obscurité. Seul le centre de l’image est éclairé à l’endroit précis où le personnage se déplace. C’est tellement beau! Quand le personnage disparaît de l’écran, un autre fait son entrée en ouvrant une porte, créant du même coup une deuxième source de lumière sur laquelle il va mettre les pieds pour défier Sanjuro (le samuraï). Mais ce dernier, sans aucune hésitation, s’y lance comme un papillon de nuit attiré par la source de cette lumière tout en éliminant l’obstacle humain au passage.


Et puis pour vous amuser tout en vous instruisant, voici deux autres clips piqués sur YouTube et qui montrent les comparaisons entre Yojimbo et Pour une poignée de dollars. Allez-y, c’est gratos.


http://www.youtube.com/watch?v=-sYfIqouMAE&playnext=1&list=PL5C8B059A7E79912B



http://www.youtube.com/watch?v=AE5R_W-PNSg&feature=autoplay&list=PL5C8B059A7E79912B&index=26&playnext=2

lundi 14 février 2011

Ces fils de pute qui nous gouvernent

Nos premiers ministres ne cessent depuis 30 ans de nous bassiner les oreilles avec la dette du l’État et de notre obligation morale de nous serrer la ceinture. Pour ces lucides, pas le choix: On doit couper dans les services sociaux et augmenter les frais de service, quitte à voir notre pouvoir d’achat baisser progressivement d’année en année.

La dette, toujours la dette, encore la dette.

On a pas le choix qu’ils nous disent tous, les Libéraux comme les Péquistes. Il faut s’occuper de la dette. On a pas les moyens de nos services. Nous vivons au-dessus de nos ressources monétaires, tôt ou tard, si nous ne faisons rien, ça sera la catastrophe, etc etc etc.. parce que la dette, la dette et toujours la dette.


Or voilà-t-y que l’on découvre sur l’île d’Anticosti un gisement pétrolier dont les évaluations annoncent un potentiel d’exploitation d’environ 30 milliards de barils.


Oui je sais, c’est sur l’île d’Anticosti et on devine déjà le massacre qui se prépare. Mais si vous le voulez bien, laissons tomber deux secondes les questions environnementales et morales (et Dieu sait qu’ils sont énormes!..) et regardons froidement la nouvelle que d’un simple point de vue économique.

30 milliards de dollars à 100 dollars le baril (ou à $200 dans dix ans), sincèrement, voilà la solution à notre problème de dette non? La première chose que l’on s’attend de notre gouvernement c’est de la cohérence non? Que ses actions d’aujourd’hui et de demain soient en parfaite conformité avec les paroles qu’ils nous balancent depuis 30 ans non? Donc, logiquement, il devrait lui-même exploiter cette ressource pour en faire bénéficier ses citoyens non? Rembourser cette dette, cette maudite dette, cette putain de dette dont il nous rabâche depuis trop longtemps les effets pervers. Vous êtes d’accord avec moi? Vous tous, que vous soyez de gauche ou de droite?

Or, qu’a fait le gouvernement de monsieur Charest croyez-vous?

Il nous a tous enculés une fois de plus. Ce gisement, il l’a vendu à l’entreprise privée en 2008, en catimini, en cachette, derrière les portes closes et sans se soucier de notre avis.

L’une des plus belles crosses de toute l’histoire du Québec est sur le point de se matérialiser. On se fait avoir une fois de plus. Et une fois de plus, il se trouvera des fils de pute pour venir nous vendre cette salade infecte en nous affirmant la main sur le coeur que c’est pour notre bien, que cela va aider à créer de la richesse, que patati et patata.

Arrive un moment où il faut se dire que trop c’est trop. Arrive un moment où il faut se demander à quoi rime cette démocratie si justement, on la bafoue à tour de bras. Une démocratie qui ne sert que les amis du pouvoir.

Faudra-t-il un jour monter aux barricades pour faire valoir nos droits?


Lire cet article :

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/316778/anticosti-hydro-quebec-aurait-cede-un-tresor


Spécial avis de recherche.

Il y a un certain temps, au tout début de ce blogue, je farfouillais parfois dans les pages d’avis de recherche de Kijiji pour trouver du stock qui servait à nourrir ce blogue. Ça vous dirait qu’on se le refasse?

Ok, allons-y.


«JE SUIS A LA RECHERCHE DE DEUX PERSONNES DONT J AI SAUVÉ DE LA NOYADE A L LILE ST- THERESE PRES DE CHAMBLY EN 1956 DONT UN GARCON DE 8 ANS ET UNE JEUNE FILLE DE 16 ANS ENVIRON, J AIMERAIS VOUS RENCONTRER SI POSSIBLE, COMMUNIQUEZ AU NO. DE TEL....»


Étrange annonce. Pourquoi voudrait-il les retrouver 54 ans plus tard?? Pour se reprendre et les noyer pour de bon? La chose s’est déroulée en 1956. Ça veut dire que la fille qui avait 16 ans doit en avoir 71 aujourd’hui. Mais lui, il en a combien? 90? On aimerait en savoir plus sur cet exploit.


***


«.. aujourdhu imanche 13 on s est vu dans le magasin IGA j ai voulu vousparler mais la famille avec des enfantus nous ont séparé Bref si vous vous reconnaissez manifstez vous svp Madame»


Le type, il a rencontré une fille aujourdhu, imanche. Elle avait des enfantus. E gars, y a une patate haude dans ha bouhe quand y parle.


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« Atoi la belle caissiere qui travaillait il n'y a pas lontemps a la charcuterie,,,,

comme une fleur tu embellies tu es de plus en plus belle et ta petite voix toute douce doit etre le reflet de ton âme et de ton tit coeur.

bonne journée

Ton éternel admirateur»


C’est quand même chouette non? Le type, quand il va acheter ses saucissons, il n’a pas le courage de draguer la caissière. Mais dès qu’il arrive chez lui, c’est plus fort que tout et il se lance sur Kijiji et il lui fait sa grande déclaration d’amour.


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« allo je cherche une j fille qui jai veu mercredi soir ver 23 h sur la rue de jant talon qui ma dommende de le acompanee juske au metro st michel .... c tu voi cette annonce renpond moi je veux bien tu connitre...................»


Pas sûr que la fille elle veut te connitre si elle voit ce message. Non plus qu’elle voudrait que tu l’accompanee encore juske au metro.


***


«Vendredi le 21 Janvier vers 1030 au Tim Horton Parc industrielle Terrebonne tu portais un manteau jaune, tu es très jolie, j'étais dans le coin, je lisais un livre nos regards se sont croisés, j'aimerais te rencontré»


Fascinant. Comme un message dans une bouteille lancée à la mer. Mon ami, comment peux-tu croire que la fille du Tim Horton du parc industriel de Terrebonne va, par hasard, perdre son temps à lire les «avis de recherche» sur Kijiji et comme ça, tout bonnement, tomber sur ton message qui lui rappellera aussitôt le mec qui a passé dans son cerveau pendant une fraction de seconde et que forcément, elle ne se souvient même plus! Mais attend, tu crois que t’es le pire looser de la planète? Non! Car le message suivant est encore pire que le tien.


« tu est la belle blonde qui a débarque sur la station viau tu a mis ta veste noir, pris ta petite valise et tu es allé a la station de bus. tu parlais au téléphone. moi je portais une veste noir et un jean bleu, je voulais te parle, mais tu avais l’aire presse, le bus était la, tu a termine avec le téléphone, et tu es monte rapidement dans le bus.j'aimerais bien te revoir»


***


«On s'est croisé a l'hôpital Verdun le 23 décembre 2010 matin, pour passer l'IRM, T une très bellle bblonde avec de ggrand yyeux vvert, on a jasé et tu m'avais dit que tu allais faire une opération a ta jambe car tu as eu une entorse! depuis ce temps la, je te cherche partout et je ne cesse de penser a toi! tu me plais beaucoup et je voudrais bien qu'on se revoient! je deviens fou sans toi! et je ne sais plus comment te joindre?»


On dirait le début d’un film français qui va tourner mal vers la fin. Le type, il va finir par la retrouver mais il sera très déçu par le manque d’intérêt que lui portera la fille. À la fin, il tuera son chat et kidnappera sa nièce avant de se mettre une balle dans la tête. On a qu’à voir comment il double ses lettres dans les mots «blonde, grande et vert». On dirait un surplus de salive qui lui coule des lèvres.


Pire encore? Oui, c’est possible avec le message suivant:


«UNE BELLE BLAND AUX YEUX BLEUS CROISE ST-HUBERN MONTREAL TU A PRES MON SANS ME RAPPELE

J'AI DIS QUE TU A UN VIAGE D'ANGE

REVINNE MOI»


Il faut qu’elle revinne à cause de son viage d’ange. En plus, elle est bland. C’est pas peu dire. Le truc le plus important dans cet avis de recherche, c’est qu’elle a pres son sans le rappele. On ne sait pas trop ce que ça veut dire, mais on devine que ça fesse dans l’dash. Moi en tout cas, j’aimerais bien que toutes les filles du monde me pres mon sans me rappele. Surtout celles avec les cheveux bland. Comme j’aimerais qu’elles revinne toutes à moi! Qu’est-ce que la vie est injsute parfois!


***


«Nous étions assis l'un a coté de l'autre dans la nuit du Mercredi 29/12 au jeudi 30/12 dans un bus Montréal/ New York.

Je regrette de ne pas avoir discuter avec toi plus longtemps pour faire plus ample connaissance.

Bref si tu passes par ce site et que tu veux qu'on continue a faire connaissance alors fais moi signe.

Sinon on va laisser le destin faire son travail....

A+


PS: J'ai été surpris quand tu m'as dit être d'origine guatémaltèque...»


Câliss! C’est ma fille dont il parle! Et en plus, c’est son humour! Je la devine très bien lui dire à cet enculé qu’elle était guatémaltèque, juste pour lui fermer la gueule.


***

«Je te cherche depuis longtemps nous nous sommes connus il y a plus de 10 ans, a NDG, ton nom es Ferdouce tu es une belle femme Iranienne. donne moi de tes nouvelles.»


C’est le genre de message que je préfère, ceux qui ont bouillonné depuis des années comme de petits enfers d’obsessions. Elle était belle, il était réservé mais maintenant il a changé et voudrait se reprendre. Mais elle n’est plus là et il ne sais plus où la trouver. Il lance ce message au dieu hasard, sans trop y croire d’ailleurs.