lundi 14 mars 2011

Baguette française

Suis sorti faire quelques courses sur la rue Mont-Royal cet après-midi, question de profiter un peu de la température un peu plus clémente que celle des dernières semaines. Cette odeur de printemps que je respirais au détour d’une flaque d’eau, d’un spot de slush, ça faisait du bien aux narines. J’ai été acheter une baguette à la boulangerie tenue par des Françaises. Pas très jolies, mais elles ont l’accent. Comme on dit, ça fait la job pour tomber un peu amoureux, ne serait-ce que quelques secondes. Le temps de dire «Une baguette s’il vous plaît» et de payer.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’adore les Françaises. Belles ou moches, elles me font triper. Si j’étais musulman intégriste et qu’on m’offrait 12 vierges au paradis en échange d’un attentat suicidaire, je refuserais. À moins qu’elles soient Françaises.


- Vos vierges, elles sont Françaises au moins?

- Bien sûr que non, fils de chien d’infidèle! Nos vierges, elles sont tout ce qu’il y a de plus Arabes et musulmanes!

- Alors c’est non.

Par contre, si on m’offrait 12 Françaises...

- Vous les voulez comment vos Françaises?

- Normales.

- Jolies, vierges, blondes, gros ou petits totons?

- Je m’en fous je vous dis. Donnez-moi ce que vous avec en stock et ça fera amplement l’affaire.

- Alors ça court! (À l’attention des manutentionnaires de l’entrepôt) 12 Françaises pour le martyre numéro 24.

- Bon, l’attentat suicidaire maintenant. C’est pour quand?

- Demain matin devant l’ambassade américaine. Tenez, voici votre ceinture d’explosifs. Attention, interdit de fumer quand vous portez ça sur vous.

- Et ça fait mal quand ça explose?

- Bof, on n’a pas le temps de le réaliser. Mais juste au cas où, prenez une grande respiration avant d’actionner le mécanisme.


En sortant de la boulangerie, je me suis dirigé à la maison du rôti où je me suis acheté deux bavettes de bison et des rillettes de gibier pour tartiner ma baguette. Hasard et coïncidence, la caissière était Française et ma foi, jolie comme tout. Malheureusement, elle devait avoir quelque chose comme 345 ans de moins que moi et une fois de plus, j’ai maudit intérieurement le temps qui passe et qui fait que les jolies jeunes filles ne me regardent même plus. Et bien sûr, il ne faut pas compter sur le gouvernement pour qu’il fasse quelque chose dans cet important dossier. Cruelle époque. C’est pour ça qu’il faut faire la révolution les amis. Et justement, parlant de révolution, j’ai croisé un type en sortant de la boucherie qui glanait les signatures des passants pour pouvoir se présenter au fédéral. C’était un vieux communiste. Je croyais qu’il n’en existait plus. Sans doute l’un des derniers survivants. Sorte de dinosaure politique. Bien sûr, j’ai signé et je l’ai encouragé, ne serait-ce que pour le courage de la chose. Il en a profité pour m’expliquer son programme et j’ai retrouvé le même dogmatisme que mes anciens cocos du temps du Cégep du Vieux-Montréal. Même discours appris par coeur. Même pupille éteinte dans les yeux. Quand je lui ai parlé de Olivier Besancenot, il m’a regardé comme si je parlais le serbo-croate. Comment pouvait-il se dire communiste et ignorer celui qui en France, incarne la gauche anticapitaliste et qui a récolté 1,500,000 voix aux dernières présidentielles? Ce qui m’a confirmé que malgré son discours «prolétaires de tous les pays», le pauvre bonhomme avait une vision totalement centrée sur le Québec. Non, pire que ça. Complètement centrée sur le Plateau Mont-Royal devrais-je dire.

Mais bon, au moins il croyait encore en quelque chose et sincèrement, je l’enviais un peu, moi qui ne crois plus en rien depuis bien longtemps. Ou alors en Amir Khadir, mais ça aussi ça fait très Plateau.

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