lundi 14 février 2011

Les plants de tomates de Raymondo

Raymondo ne l’avait pas ce soir. Une soirée de merde pour lui. Une soirée à oublier. Mon ami a laissé passer des lancers qui d’ordinaire auraient été une formalité à stopper.

Ça arrive à tout le monde. Mais ça semble toujours pire lorsque ça arrive au gardien de but parce que derrière lui, il n’y a personne pour le réchapper.

Un gardien de but est toujours le dernier humain sur la terre.

Son problème à Raymondo, et si je peux me permettre parce que je sais qu’il vient lire ce blogue, c’est qu’il reste trop profond dans son filet sur les tirs de loin.

Autre chose aussi: Il a tendance à baisser son attention quand le jeu est à l’autre bout du jeu. Comme le gymnase est de petite surface, il devrait être constamment aux aguets. Ce qu’il ne fait pas.

Rochon, ce terrible prédateur, l’a remarqué depuis le début de l’année et il en profite. Il lui arrive de tirer de loin parce que Raymondo semble rêvasser quand le jeu se déroule à l’autre bout. Et une fois sur trois, il surprend Raymondo qui, au lieu de suivre le jeu, s’affaire très méticuleusement à arroser ses plants de tomates qu’il fait pousser autour de son filet.

C'est toujours beau un peuple qui se lève.

La Tunisie, l’Égypte et bientôt l’Algérie. Enfin, on l’espère.

Question comme ça : Pourquoi dit-on le printemps arabe alors que nous sommes en hiver? En rappel au Printemps de Prague? Ou alors pour le symbolisme de la renaissance de la vie que représente le printemps?

Peut-être.

Mais je n’aime pas ces raccourcies que prennent ceux qui s’autoproclament scribes de l’histoire. Je préfère de loin la révolution du jasmin. C’est beaucoup plus poétique. D’ailleurs, le peuple égyptien est justement plus poétique que révolutionnaire. N’avez pas trouvé ça beau vous cette masse de monde qui vont spontanément nettoyer la place Tharir dès le lendemain du départ de Moubarak? Il y avait de la poésie là-dedans mon ami. Nettoyer le gâchis. Passer le balai sur l’ancien régime.

Pour moi, c’est cette image qui va me rester. Cet incroyable soulèvement de dignité après ce soulèvement de joie. 30 ans de dictature qui s’efface et pas une vitrine qui se casse. Dire qu’ici, on brûle le centre-ville après une victoire de notre équipe de hockey contre Boston.

http://fr.euronews.net/2011/02/12/premier-jour-en-egypte-sans-hosni-moubarak/

samedi 12 février 2011

Paradoxe existentiel

Mais je suis athée nom de Dieu!

De cette considération culinaire qui va s'extrapoler, par une approche rédactionnelle singulière, jusqu'à une analyse anthropologique contemporaine.

C’est étrange, mais lorsque je n’ai rien à faire, il m’arrive de plus en plus de prendre une marche sur la rue Mont-Royal avec l’intention bien arrêtée d’aller m’acheter de la bouffe. C’est parfois un fromage, c’est souvent une baguette ou encore comme ce matin, de la belle viande achetée sur un coup de tête à la maison du rôtie. Pourtant, j’ai tout ce qui faut dans mon frigo, mais allez savoir, il faut que ces marches culminent par l’achat d’une boustifaille quelconque.

Je n’engraisse pas pour autant et c’est là l’un des plus grands mystères de ma vie. Je peux m’empiffrer comme un porc des pires aliments qui existent et le lendemain matin, je n’aurai pas pris un seul kilo.

Je suis dans la famille des maigres comme d’autres sont dans celle des gros. J’aurais beau vouloir que je n’y arriverais pas. La graisse et moi, ça ne marchera jamais. Elle ne m’aime pas alors que je n’ai jamais fait attention à elle.


Mais quand j’y pense, il n’y a peut-être pas de mystère après tout. Je mange que très rarement entre les repas et je ne touche jamais à un dessert.

(On dirait un texte pour bonne-femme... désolé.)

Je ne comprends pas l’ajout du dessert dans un repas. C’est totalement inutile et c’est surtout complètement suicidaire après avoir mangé, par exemple, un rôtie de boeuf arrosé d’une bonne bouteille de rouge. Tu vas pas rajouter du sucré par-dessus tout ça! Ou alors c’est que tu ne comprends encore rien au système digestif.

Les desserts, et quand j’en mange, c’est au petit déjeuner avec un bon café. Rien de mieux qu’un gros morceau de gâteau au chocolat pour débuter la journée.


L’autre truc pour rester maigre c’est de connaître des échecs amoureux par paquets de douze. C’est bien connu, les peines d’amour coupent l’appétit. Alors forcément, quand tu te retrouves seul à 47 ans après avoir été en couple avec une bonne demi-douzaine de femmes depuis la vingtaine, ça aide à garder la ligne comme dirait Benoît Brunet. T’es en état de rupture permanent et c’est excellent pour enfiler la même taille de pantalons que celle que t’avais à 18 ans.

Je n’ai jamais pris un centimètre de tour de taille depuis cet âge. C’est quand même pas croyable quand on y pense. Sincèrement, je m’épate. Mais je n’ai pas de mérite. Je dois en effet un gros merci à toutes ces salopes qui m’ont laissé tomber à tour de rôle comme une merde pestiférée depuis la toute première en secondaire V. La dépression nerveuse permanente est un excellent outil pour maintenir sa taille de guêpe de jeunesse. Eh le filles! Vous voulez un truc pour arrêter d’être grosses? Faites comme moi et soyez malheureuses! Vous n’en serez que plus mince et tout le monde autour de vous ne pourra s’empêcher de dire «Comme elle elle semble bien dans sa peau!».


Je parlais de cette fille du secondaire V. C’est elle qui avait fait les premiers pas. À cette époque, j’étais trop introvertie pour parler aux filles. Et en plus, j’avais une coupe de cheveux qui me donnait un crâne d’oeuf. Gras aussi les cheveux.

C’était la mode.

Enfin, la mienne.

Mais en secondaire V, j’avais commencé à m’affirmer sérieusement et j’avais changé de coupe et dans le même souffle de changement, je m’étais mis à me laver les cheveux de manière plus régulière.

L’effet fut foudroyant. Enfin, pas sur le coup, mais quelques mois plus tard. Ce qui m’avait valu un coup de téléphone de cette fille.

Parlant de celle-là, la première, je n’arrive même plus à me souvenir de son prénom. Ni de son nom de famille forcément. C’est tout de même incroyable non? Et dire que lorsqu’elle m’a foutu là pour me remplacer par un jeune con col-roulé-Salomon, j’avais cassé mon porte-feuille pour lui acheter une bague de merde qui coûtait très cher dans l’espoir de lui faire changer d’avis.

Fallait être drôlement con!

Elle avait accepté la bague, mais n’était jamais revenue sur sa décision.

Quelle salope quand même!

Ce n’est que justice si j’ai oublié son nom.

Mais tout de même, j’étais vraiment à ramasser à la petite cuillère lorsqu’elle m’avait annoncé qu’elle me quittait pour un autre même pas plus beau que moi.

Comment se fait-il que je n’arrive même plus à me souvenir de son putain de nom?


Elle m’aura tout de même rendu un énorme service en me larguant outrageusement pour son nabot amateur de ski. Sinon, ben merde, je serais encore en banlieue et p’têtre-bien que je vendrais aujourd’hui des assurances pour payer l’hypothèque des trois tondeuses à gazon. C’était le genre et avec les années, je devine qu’elle s’alignait pour avoir une vie typiquement couronne nord de Montréal.

Madame 450 et sa piscine dans la cour arrière.


- Montréal? Mais vous n’y pensez pas! C’est plein de noirs!


Je me souviens qu’elle m’avait fait acheter une cravate pour je ne sais plus quelle occasion. Une putain de cravate en cuir brun qui se combinait en laideur avec le complet de même couleur qu’elle m’avait aussi fait acheter. J’ose à peine le dire ici, mais elle m’affublait de surnoms à la con comme... et puis merde! Je ne le dirai pas. Il me reste tout de même un bout d’orgueil quelque part.


- Où ça?

- J’sais pas, quelque part.


Les premières amours sont des dangers incommensurables pour l’évolution de l’espèce humaine. Trop de gens restent accrochés et ne connaîtront rien d’autre de leur vie. Mais on est tellement influençable quand on sort de l’adolescence! Il devrait y avoir des règlements de vie pour prévenir ça. Du genre, interdit de faire acheter à l’autre une cravate avant l’âge de 30 ans. La vingtaine, c’est pas fait pour acheter des cravates, c’est fait pour être brûlé par les deux bouts que diantre! Et la trentaine aussi quand on y pense. La vie comme on l’entend, c'est-à-dire avec un vrai boulot et des horaires épouvantables, elle ne devrait commencer qu’à 40 ans et se terminer à 50. Dix ans de ta vie sacrifiés à un patron anonyme, c’est bien assez. De toute manière, travailler trop dans le système où l’on vit mène l’humanité à sa perte. Seule la paresse peut sauver la planète et il faudrait commencer à y penser très sérieusement parce que si on laisse les choses se poursuivre comme en ce moment, on aura un sérieux problème d’ici 50 ans. L’épuisement des richesses naturelles, la déforestation, l’étalement urbain, la dégradation de la couche d’ozone, les pluies acides, le réchauffement de la planète, ce n’est tout de même pas de la faute des chômeurs, des BS et des paresseux. Faudrait peut-être commencer à se regarder dans un miroir nom d’un chien!


Putain mais c’était quoi déjà son nom à cette fille?


Et le pire c’est que je n’ai même pas de photo d’elle.

Comment ça se fait?

Ça avait été extrêmement sérieux pourtant. Notre histoire avait duré près de trois mois.

vendredi 11 février 2011

Le rien tout puissant.

J’apprends des tas de trucs sur Facebook.

Je sais que machin a perdu son chien et qu’il est très malheureux.

J’au vu que trucmuche s’est fait un spaghetti aux tomates.

J’ai appris que celle-là est contente de son nouveau percolateur.

J’ai lu que celui-ci s’est tapé un score de 10 points en jouant à tel jeu.


Tous connectés par l’inutile.


Bla bla bla...


Pouet pouet pouet...


Prout prout prout...


Il y a quelque chose de fascinant dans cette communication du «rien» tout puissant. Des analyses très intéressantes à faire. Par exemple, qu’est-ce qui pousse les cons à affirmer et à revendiquer publiquement leur connerie?


Pourquoi ne pas faire comme moi et se créer un tout petit blog de rien du tout où tu peux justement épancher tes déviations cognitives pour un lectorat restreint sans faire chier la planète au complet?

jeudi 10 février 2011

mercredi 9 février 2011

Une approche un brin sectaire.

Censuré