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vendredi 14 octobre 2011

Ride aride

Un demi-siècle de socialisation.

Ça fait combien de fantômes

Pour trois amis restés?

Il y en a tant qui passe

Sous le temps qui passe.


Et meurent les amis

Et s’effacent les serments

C’est comme ça la vie.

Fait chier souvent

Mais on survit

En restant là

À demi vieux

À demi cons

Accouchant des rides

Sur des fronts luisants

Les bras vides d’elles.


Que sont-elles devenues

Justement?

Elles étaient tellement belles

Pourtant.


J’ai l’automne comme unique compagne.

C’est pas la joie en somme.

En fait, quand j’y pense,

C’est même un peu ça le problème.

Car cette salope

Sans rien demander

Mets la table pour l’hiver.


Voyez-vous,

Quand sa main de novembre

Me caresse la tête,

Dans sa paume ouverte

J’y trouve une mèche.

Froide cavalière

Du début de la fin

Amère amante

De la grande descente

Je la maudis avec respect

Car je n’ai plus qu’elle

Mais ça, je l’ai dit déjà.


J’ai attrapé des vouvoiements dans le métro.

C’est mortel à ce qu’on dit.

Mais ça fait surtout mal

Et ça pique dans le cul.

Ça me fait comme de l’incontinence dans l’orgueil.

J’aurai bientôt besoin d’une couche pour mon moral.

Une Pampers existentielle

Super absorbante.

«Fuck! J’ai du moral mou qui me coule le long de la cuisse!»

C’est grave.

C’est très grave.

Parais même que quand ça commence.

Ça n’arrête plus.

Certains vont même jusqu’à céder leur place dans le métro

Tellement qu’ils vous prennent en pitié.

Salope de pitié!


Aux dernières nouvelles,

Ils disaient que les filles qui sont nées en 1973 auraient bientôt 40 ans!

Ordre du gouvernement!

Non mais, c’est un scandale!

On nous prend pour qui là?

Comment en tant que peuple démocratique,

Peut-on laisser passer ça!

Les filles nées en 1973 sont des petites filles!

Pas des presque grand-mères!

J’avais dix ans en 1973 et à cette époque,

Les filles nées cette année-là n’avaient pas un an.

Je le sais parce que j’y étais bordel de merde!

Je peux témoigner!

Alors merde,

Qu’est-ce qui s’est passé entre temps?

C’est où que ça a chié?

C’est qui le ministre qui s’est laissé corrompre?

Encore la clique des Italiens j’imagine?

Nous réclamons une commission d’enquête publique!

dimanche 12 juin 2011

9

Parasol

Par le vent

Retourné

Sur un plat

Mangé seul

J’aurais

Mieux aimé

Que le vent

Mauvais

Fasse bouger

Le rideau

Cerclé

Au-dessus

Du chiffre

9

mardi 5 avril 2011

Casablanca 4

J’ai vu les yeux d'une burka croiser les cuisses d’une minijupe.

mardi 22 mars 2011

Rembrandt

Rembrandt

1606-1669

C’est tout

Mais c’est TOUT


Lumières

Ombres

Formes

En quelques coups de pinceau

Et pourtant

Tout est là!


Quoi tout?


La vie!


Rembrandt

Ne peignait pas

Il accouchait


Il fut le premier homme

À mettre au monde


Ses toiles vivaient

Ses visages vivaient

Sa lumière vivait

Et nous

Admirateurs silencieux du futur

Nous restons toujours aussi assommés

Par la force incomparable

De sa main

De son oeil

De son souffle


N’est-il pas le plus grand?

Ne fut-il pas touché des dieux?

Regardez ce visage

Empreint d’une vitalité hallucinante

Regardez la fluidité des mouvements de cette femme

Elle bouge dans l’immobile!

Elle bouge dans l’impassibilité de votre écran!

Force incomparable!


Regardez ce blanc immaculé

de sa chemise relevée

Ce mouvement de la jambe gauche

Dans l’eau pénétrée


Cette femme est morte pourtant

Il y a 400 ans

Mais elle restera éternelle

Par cette seconde dérobée

Par l’oeil du maître


Merci Rembrandt

Une voix

Tres de mayo

De Goya

Me renvoie en écho

La fureur printanière


Il y a de cela au moins deux siècles

C’était hier

C’était il y a quatre ans


Avril ou mai?

Non!

Avril ET mai!


Incohérence détournée

Rapiécée

Sublimée

Fabriquée

Par le blanc christique

De la chemise du condamné

Et de cette voix

Que je suis le seul à entendre


C’est une voix de braise


Elle dit:

La lanterne éclabousse de lumière

Les visages

De ces vies condamnées


Elle dit aussi:

Les assassins

Sont dans l’ombre

Les ténèbres siéent mieux aux bourreaux


Cette voix qui s’échappe

De ce printemps lointain

Pourtant si proche

Je l’entends encore

Je suis devant elle

Chemise blanche

Les bras en croix

Des stigmates dans les mains

Et une balle au coeur

samedi 12 février 2011

Paradoxe existentiel

Mais je suis athée nom de Dieu!

jeudi 24 décembre 2009

Texture

Lys
Épidermique
Vin espagnole
Une jolie étiquette
Miro

La texture
De Coltrane
De Miles
C'est toi

Quelques jours
Dans une période
Un peu noire
.

samedi 29 mars 2008

Pas le temps...

10 minutes pour écrire quelque chose
C'est un peu court.
Pas le temps de glisser une prose
Faut être bref
On cherche la formule qui vient frapper
En peu de mots
Et quand on sent la muse se pointer.
C'est terminé

Hasard?

On crois guider nos pas alors que ce sont eux qui nous montrent le chemin.
À notre insu.
Il y a de l'inexplicable dans tout ceci.
L'homme, cette chose imparfaite, s'est vu obligé d'y coller un mot.
Hasard.
Ce mot humain pour tenter de définir l'inexplicable absolu.
La vie est mouvement.
L'immobilisme est le tombeau des âmes.

lundi 24 mars 2008

Obéissance

Il obéit à son maître
Comme un chien
Et comme un chien
Il fait le beau
Souvent
Mais il est pire qu'un chien
Au fond
Parce qu'il ne mord pas

vendredi 14 mars 2008

Tu.

Ce tendre tutoiement te touche-t-il?
Sais-tu que ce Tu te va trop?
Tout cette perte de temps
À taire ce Tu partout!
Autant tenter le tout
Et toucher ton Toi
Du tout au tout
Avec mon Tu!
Tout est dit!
Veux-tu?

mercredi 27 février 2008

Neige et nuit.

J'ai vu ce soir des écumes figées qu'un vent du nord échafaudait de son haleine glaciale. Cela faisait des marées hautes larvées de plumes donnant dans la nuit des silences habillés de blancs horizons. De fait, tout était blanc dans le noir et mes pas engourdies s'enfonçaient dans cette obscurité nacrée pendant que le chant taciturne de la bourrasque recouvrait l'écho nostalgique de mes pensées. Des dunes bavantes de neige folle venaient lécher mes pieds engourdies en y laissant éclore au passage les traces éphémères de mon hivernal passage. Je me sentais bien, heureux, apaisé dans ce blizzard de février, réconforté par le baiser du froid sur ma peau, envoûté par la valse silencieuse des flocons survoltés.
C'est beau une tempête de neige qui tombe sur la ville la nuit.