Censuré
Bonjour, mon nom est Varice et Versa et voici mon blog. T'es pas content? Mais j'en ai rien à foutre ducon!
mercredi 2 novembre 2011
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mercredi 26 octobre 2011
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vendredi 5 août 2011
lundi 13 juin 2011
vendredi 10 juin 2011
samedi 19 mars 2011
jeudi 10 mars 2011
Des saucisses, quelque part dans la nuit
...( Trois paragraphes censurés précédaient cette partie)...
Je sais que ce n’est pas un texte rigolo, mais c’était ça ou vous parler de mes saucisses que j’ai mangées en regardant un sympathique Jackie Chan. (Thunderbolt, qui n’est certainement pas son meilleur, mais qui contient, comme toujours, certaines scènes très rigolotes et spectaculaires...) Avouez que vous êtes épatés. Je suis en effet le seul blogueur au nord du Rio Grande et à l’est de Pecos qui peut vous parler en bien autant de Jackie Chan que de Vittorio de Sica. C’est que moi, vous savez, je ne prends pas le cinéma pour un truc d’intello. Je suis même le meilleur public au monde. Il faut vraiment que le film soit pourri pour que je déteste. J’ai même détesté dans ma vie de très grands films, comme par exemple Un Thé au Sahara de Bernardo Bertolucci que j’ai trouvé immensément pompeux et débordant de prétentions mal placées. Une longue et interminable branlette cinématographique. Mieux vaut de petites choses sympathiques et faites avec coeur et passion comme n’importe quel film de ce bon vieux Jackie.
Bon, je vais me coucher. C’est que j’ai une grosse journée demain. ... (la dernière phrase est censurée) ...
mercredi 2 mars 2011
samedi 26 février 2011
vendredi 18 février 2011
jeudi 10 février 2011
mercredi 9 février 2011
dimanche 6 février 2011
Huile d'olive
J’ai été retrouvé M... en début d’après-midi. Elle avait sorti un sofa d’appoint sur sa terrasse et lisait la grosse Presse du samedi quand je suis arrivé. Pareil comme si c’était l’été même s’il ne faisait que - 3 degrés. Mais avec le soleil, c’est vrai que nous étions bien.
À ses pieds, un gros chat gris couché sur le côté et qui ne se faisait pas chier. Il prenait aussi du soleil, mais se crissait complètement des cahiers de La Presse. On ne sait pas d’où il vient ce chat, mais il est comme chez lui sur la terrasse de M...
Moi aussi je suis chez moi sur sa terrasse, mais je n’irai jamais me coucher sur ses journaux. J’ai plus de classe que ça.
J’ai aussitôt retiré mon manteau en ne gardant que mon pull de laine troué qui me donne toujours des remarques sarcastiques de M... qui ne comprend pas ma fixation pour mes vêtements troués.
Ce n’est pas une question de fixation, mais de confort.
Les filles, faut toujours tout leur expliquer.
Je me suis fait un café que j’ai bu avec elle, mais sans en donner au chat qui s’en crissait complètement de toute manière. Il venait de se tourner sur le dos.
On devait aller voir une expo et acheter de l’huile d’olive. Comme nous nous sentions tous les deux un peu paresseux, on a laissé tomber l’expo pour se concentrer uniquement sur l’huile d’olive.
Pour s’y rendre, on a pris la voiture à M... qui est très chouette parce qu’elle a des sièges chauffants. J’adore me faire chauffer le cul en voiture, même l’été. Ce qui fait toujours réagir M... qui ne comprend pas ma fixation pour ses sièges chauffants. (sans parler qu’elle va encore me faire remarquer que j’écris sur mon cul.)
C’est une dame fort sympa qui vend ces produits en importation privée. Elle fait ça un peu par passe-temps et beaucoup par passion. Ça vient d’un petit village d’Italie où elle a habité pendant quelque temps. Elle nous a tout expliqué ça, mais je n’écoutais pas vraiment. Je voulais juste acheter mes bouteilles et crisser mon camp.
Je souffre parfois d’insociabilité sévère. Ça me prend comme ça, sans prévenir. C’est con parce que la femme et son mari étaient vraiment gentils et racontaient des trucs très intéressants.
Il y avait un piano droit dans le salon et aussi des étuis à violon, je crois. Des tableaux aux murs, des meubles en bois, des livres, des CD de musique, des dessins d’enfants accrochés ici et là. Petite famille modèle dont on devine facilement que les enfants ne finiront pas leur vie en prison.
Je ne sais pas pourquoi j’ai remarqué ça, mais le mari parlait lentement en te regardant droit dans les yeux tout en souriant.
Ça m’a marqué.
Je n’ai pas demandé ce qu’il faisait dans la vie, mais je dirais qu’il est psy ou quelque chose comme ça.
J’ai acheté deux bouteilles et six pour M... qui voulait en donner à sa famille. M... achète toujours plus pour en donner à tout le monde.
En revenant chez elle, le chat n’était plus là. On en a profité pour sortir ma paperasse de passeport pour que M... se porte garante de ma personne et jure sur son honneur de M... et de son vrai nom sur son passeport à elle qu’elle me connaît et que c’est bien moi le figurant dont la figure figure sur la photo.
Après ça, je l’ai laissée chercher ses billets de théâtre qu’elle ne se souvenait même plus où elle les avait planqué et je me suis dirigé vers une succursale du Nord de la ville pour y laisser un tract de mobilisation et acheter une bouteille au passage. ... (le reste, environ trois paragraphes, est censuré)...
jeudi 3 février 2011
mercredi 2 février 2011
N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple. Elle en vaut la peine!
Je ne déteste pas la rédaction de ces textes de combat où le point d’exclamation prend une place importante dans le contenu. C’est chouette un point d’exclamation. Ça donne du tonus à n’importe quelle phrase.
***
À la table d’à côté, une dame d’un certain âge est venue demander mon aide pour utiliser son cellulaire.
- Ils m’ont refilé ce téléphone aujourd’hui et je n’arrive même pas à faire un appel!
Elle devait joindre l’hôpital pour connaître les heures de visites. Malheureusement, et après avoir bizouné dix minutes sur son téléphone futuriste, j’ai été moi-même incapable de trouver la manière de le faire fonctionner. Il y avait bien un écran d’allumé combiné à un clavier virtuel, mais l’ostie de patente envoyait toutes sortes de messages indéchiffrables. Je crois que c’était en langue klingon. Son téléphone semblait tout droit sorti d’un film de science-fiction tellement il y avait d’options. Voyant la serveuse passer, je l’ai interceptée pour qu’elle nous donne un coup de main.
- Tu es jeune toi et ces bidules sont de ta génération, tu devrais pouvoir y arriver.
Mais la serveuse n’y est pas plus parvenue que nous. Ce qui m’a fait rigoler un bon coup.
Moralité : Les nouveaux téléphones cellulaires sont devenus tellement perfectionnés et remplis de tellement de bidules connexes qu’ils arrivent à effacer les écarts entre les générations. En effet, plus personne n’arrive à passer un simple coup de fil.
***
Dans l’après-midi, je me suis tapé une petite tournée des succursales pour
...(environ trois paragraphes censurés après ce passate)...
... comme Danton a dit au bourreau : «N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple. Elle en vaut la peine!» (Notons qu’il existe de nombreuses variantes sur cette fameuse phrase.) Ah! Comme on savait mourir en cette époque trouble de l’humanité :
« Il est 5 heures et demie quand apparaît la place de la Révolution où, devant le jardin des Tuileries, près du piédestal où une monumentale statue de la Liberté a remplacé celle de Louis XV détruite, se montre la sinistre silhouette de la guillotine; les charrettes, fendant la foule, s'approchent de l'échafaud.
Hérault de Séchelles est désigné pour y monter le premier. Il veut, auparavant, embrasser Danton, mais un gendarme s'interpose, sépare brutalement les deux hommes.
Imbécile, lui dit le ministre du 10 août, avec un sourire affreux. Tu n'empêcheras pas nos têtes de se baiser dans le panier ! Danton assiste ainsi à l'exécution de tous ses compagnons; cette fois, il a repris la place d'honneur et sera sacrifié le dernier.
Quand arrive enfin son tour, le quinzième, il a la présence d'esprit de crier au bourreau, auquel il se livre : N'oublie pas surtout de montrer ma tête au peuple; elle est bonne à voir ! Il a seulement un instant d'émotion, et on l'entend murmurer, étouffant un sanglot : Ma bien-aimée! ma bien-aimée! je ne te verrai plus.
Mais, tout de suite, il se ressaisit : Allons! Danton, pas de faiblesse ! et, d'un pas ferme, il gravit les marches...»
Et cet autre descriptif de la même scène:
« Ce jour est si lumineux, si tiède, qu'on le prendrait pour un jour d'été. Dans le poudroiement du soleil, lentes, les charrettes suivent les quais et la rue Saint-Honoré. Au café de la Régence où ils ont fait naguère de franches lippées, Danton aperçoit David qui, un carton sur les genoux, le « croque » au passage. Tordant sa lippe, il le frappe d'un seul mot « Valet ! » Le peintre en restera muet longtemps. Devant la maison Duplay dont la porte et les fenêtres sont closes, qui semble une tombe, et où Danton devine que Robespierre rôde, épiant derrière les volets, il crie, la haine lui soufflant des mots prophétiques.
- C'est en vain que tu te caches, Robespierre ! Tu me suivras ! Ta maison sera rasée, on y sèmera du sel !
Sur la place de la Révolution un enfant charrettes. Le secrétaire des Frey, Diedrichsen monte le premier les dix marches de l'échafaud, puis Delaunay, Bazire, Fabre, Lacroix... A celui-ci, pour adieu, Danton dit :
- Mon ami, si dans le pays où nous allons il se fait des révolutions, crois-moi, ne nous en mêlons pas.
Camille meurt, hagard. Quand vient son tour, Hérault regarde une fenêtre du Garde-meuble où une petite main fait un signe d'adieu. Il veut embrasser Danton. Le bourreau pressé les sépare :
- Tu es donc plus cruel que la mort ? dit Danton. Tu n'empêcheras pas nos têtes de s'embrasser dans le panier.
Le dernier, il monte le degré gluant. Les rayons presque horizontaux du soleil découpent son athlétique silhouette qui reste un instant immobile sur l'échafaud. Il s'attendrit en songeant à sa femme « Ma bien-aimée, je ne la verrai donc plus ! » Mais il murmure aussitôt «Allons, Danton, pas de faiblesse » Et reprenant stature et voix ne se glisserait pas. Les condamnés descendent des souveraines, il commande à l'exécuteur: « Tu montreras ma tête au peuple, elle est bonne à voir ». Sanson lui obéit. Il saisit sa tête par les cheveux et la brandit aux quatre coins de l'échafaud.»
***
J’ai regardé ce soir la partie opposant les Canadiens au Capitals de Washington. Ovechkin n’a que 19 buts cette année. Il est au dixième rang des marqueurs. Pour le commun des mortels, ça serait une performance excellente, mais pour lui, ça équivaut à une saison difficile.
Que se passe-t-il? Comment expliquer cette «faible» récolte de buts?
Je tente une analyse. Elle vaut ce qu’elle vaut.
La nouvelle tendance dans le jeu collectif de la LNH est de jouer à 5 dans les trois zones de la patinoire. Terminé la défensive homme pour homme. Désormais, on attaque à 5 et l’on se repli à 5. Les joueurs comme Ovechkin qui comptaient sur leur habilité à capitaliser sur les espaces de la patinoire restés libres se voient désormais coincés dans un jeu plus hermétique. Il lui est donc plus difficile de se démarquer. Il lui faudra s’ajuster comme l’on fait des joueurs comme Crosby ou Stamkos (qui peut néanmoins compter sur St-Louis pour l’alimenter). C’est la nouvelle réalité de la ligue.
***
N’est-ce pas merveilleux de pouvoir lire des trucs qui parlent en même temps de syndicat, de Révolution française et de hockey? Cherchez-en vous, des blogues comme celui-ci, vous n’en trouverez pas! (point d’exclamation).
***
Pour revenir à la toile d’hier, celle en progression et dont je vous disais que j’en arrachais, et bien voilà, je crois avoir trouvé une idée. Je vais découper le mouvement de manière à montrer le déplacement du personnage. Ça fera drôlement contemporain comme on dit dans les chaumières de Branlette.

Donc, ma toile. Je vais te-me-la saucissonner à grands coups de pinceaux bleu blanc rouge pour lui donner une parure déconstruite parfaitement intégrée aux règles de la contemporanéité des choses de l’art.
***
Et parlant des dernières heures de Danton, voici une transfiguration d’Andrzej Wajda tournée en 1983 et mettant en vedette Gérard Depardieu dans le rôle titre. Sans doute l’un des meilleurs films sur la Révolution française.
Dans ces séquences, Wajda nous montre un Danton ferme et résolu malgré un timbre de voix affecté par ses longues et magistrales plaidoiries devant le tribunal révolutionnaire. Un film culte qui nous démontre que Depardieu a déjà été un très grand acteur avant de passer son temps à imiter Depardieu.
http://www.youtube.com/watch?v=69jUnyvJtr8&feature=related
jeudi 31 janvier 2008
Le talon décloué.
Fait chier ce mois de janvier de merde!
Quand je pense que V... me disait qu'en ce moment à Paris, ça tourne autour de 15 degrés! Pourquoi je ne suis pas né à Paris moi? Qu'est-ce que je fous dans ce pays de merde et de neige? Là, maintenant, je me verrais très bien me promener sur le bord de la Seine et suivre les exploits de Kovalev de loin, par internet.
Et puis tant qu'à y être, aller faire un tour au cimetière Montparnasse pour rendre visite à mon p'tit Gilles qui y dort en paix depuis près de deux ans, reposant pour l'éternité tout près de Serge Gainsbourg qu'il aimait tant. Je suis sûr qu'il doit rigoler en me lisant en ce moment. N'est-ce pas Gilou que tu te marres bien? T'as raison va!
Comme je regrette de ne pas t'avoir vu la dernière fois que tu es venu au Québec. Tu sais que j'entends encore ton rire parfois? Comme quoi t'es encore bien en vie dans les pensées de ceux qui t'aimaient mon vieux. Bon, si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'arrête ici parce que je vais me mettre à chialer et c'est en plein le truc contre lequel je me bats en ce moment. En septembre peut-être, enfin j'espère, j'irai à Paris te rendre une petite visite. Tu me présentera Gainsbourg et on se prendra une cuite tous les trois.
Te dire seulement encore qu'on se fait bien chier ici en ce moment. Je ne vois plus personne et la vieille bande est éparpillée aux quatre coins de l'oublie. C'est sans doute la quarantaine qui veut ça. Ce moment de la vie où la montée cesse abruptement et où tout se fige un instant avant que ne commence officiellement la chute irrévocable. Étape subtile entre le mûrissement et le pourrissement. Ce qui n'était qu'une ride devient soudainement une crevasse. Ce qui n'était que de la fatigue devient un état permanent avec lequel on arrive à s'habituer pour un temps, le temps justement que ça se dégénère un peu plus. Demain, ou alors après-demain si tu veux, la peau de mes mains se couvrira de taches brunes et le pire dans tout ça mon p'tit Gilles, le plus effrayant et le plus déprimant devrais-je dire, c'est que j'arriverai à m'y habituer. Et toutes ces filles de moins de 30 ans qui resplendiront de beauté en 2030, 40 et 50 n'existeront plus que pour d'autres, des plus jeunes (salauds de jeunes!) ou alors seulement pour le plaisir tranquille de mes yeux fatigués. Car plus je m'approcherai de l'anti-chambre de la vieillesse, plus elles s'éloigneront de mes bras. Arrivera l'irrévocable, ce temps douloureux où tout ce qui sera physiquement Moi n'arrivera plus à allumer la moindre flamme en elles. Et ce sera alors mon vieux Gilou le véritable enfer sur terre.
Puuuutain noooooon!!!! Par pitié! Je ne veux pas ça! Aussi bien crever tout de suite merde!!!
Eh ben non! Ça n'arrivera pas nom d'un chien! Et tu sais pourquoi? Parce que je vais dès maintenant commencer à me mettre du fric de côté pour me faire un fond de pension spécialement conçu pour mes soins de longues durées à moi, une sorte de réserve pour soins palliatifs pour bite nonagénaire, m'assurant par le fait même une fin de vie descente remplie d'érections viagères. Je me trouverai une jeune et jolie pute qui, deux ou trois fois par semaine, viendra passer un peu de temps avec moi et faire semblant d'être bien en ma présence. Elle rira de toutes mes blagues et me mettra la main dans les cheveux (ou ce qui en restera... putain... j'veux pas être vieux!!!) parce qu'y a pas d'autre manière pour rendre un homme heureux. Idéalement, elle devra pouvoir parler politique et littérature, philosophie et peinture, musique et sociologie, sans oublier l'histoire, l'architecture et le hockey, of course. Si elle a tout ça, et si elle est jolie, pas besoin de cul. Une fille qui parvient à me provoquer une érection du cortex frontal n'a pas besoin de me faire un pipe. Enfin... pas toujours. Ou alors seulement quand il n'y a pas de hockey à la télé. Mais bon, tu vois ce que je veux dire?
Allez, à tout de suite en septembre mon p'tit Gilou.
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Vu E... cet après-midi, au Café Croissant-de-Lune sur St-Denis. On a parlé de syndicat, de la démobilisation ambiante dans la société, de cette tendance au je-m'en-foutisme, au nombrilisme et à la facilité qui se répand comme un cancer dans les idées des plus jeunes. Il y a en effet vraiment quelque chose d'affolant au fait de voir des gens de moins de 25 ans vivre sans rage et sans révolte dans une société où les inégalités sont pourtant de plus en plus criantes. On est furieusement baisé si la génération montante se meut dans cette acceptation du partage inéquitable des richesses. J'ai pas hâte à demain, quand ils auront 40 ou 50 ans et qu'ils accèderont aux rouages du pouvoir et de la gérance de l'État. Y ne fera pas bon être BS ou être syndiqué de l'État... d'ailleurs quand j'y pense, et si cette déplorable tendance suit son cours, il n'y aura même plus de BS et même plus de syndiqués de l'État. Les fils spirituels de cet enculé royal de Mario Dumont auront depuis longtemps nettoyé le paysage de tout ce qui les fait chier. Assistés sociaux, syndiqués de la fonction public, droit de grève, programmes d'aides de toutes sortes... ne restera plus rien de tout ça. Je généralise à escient car je sais que tous les moins de 25 ans ne sont pas comme ça. Mais force est de constater qu'une angoissante chute participative du militantisme dans la génération montante n'augure rien de bon pour l'avenir de cette société. Il y a en effet quelque chose de fondamentalement pourri dans le royaume quand on a 22 ou 23 ans, qu'on soit pauvres et sans emplois mais qu'on vote néanmoins Bush, Harper, Dumont ou Sarkozy en croyant que les choses vont s'améliorer.
Café Croissant-de-Lune je disais. C'est mon Café depuis au moins 20 ans. Les générations de serveuses qui s'y sont succédées ne m'ont jamais déçu. Toujours belles, toujours un brin bohèmes dans l'habillement, sans maquillage et sans artifices, comme une vraie belle femme doit toujours être selon mes standards très personnels de l'esthétisme féminin. À défaut de toucher ces jours-ci, (pour être véritablement honnête, je devrais plutôt dire "ces siècles-ci"...) je regarde. Je suis un spectateur contemplatif de la femme et j'ai réalisé ces derniers mois que dans ma vie, je suis fondamentalement, globalement et intégralement heureux qu'en leur présence. Le sentiment ostentatoire d'exister ne se manifeste en moi que lorsque ma respiration se juxtapose à la leur et que mes conduits naseaux se remplissent de leur essence épidermique. J'imagine qu'il existe des traitements pour ce genre de vertige. Mais justement, je n'en veux pas. C'est un besoin plus qu'un fantasme et mes éternelles angoisses de la vie disparaissent uniquement quand une femme respire le même air que moi. Enfin, c'est à ça que je pensais au Café pendant que E... me parlait de la prochaine assemblée et que je devais me battre contre mon attention qui ne cessait d'aller vers les courbes bohémiennes de la serveuse.
J'ai été déposer E... à son bureau - qu'il m'a fait visiter - et je suis revenu à la maison me faire des pastas au camembert et basilique que je me suis bouffé en trois secondes et vingt dixième, petit pain et léchage d'assiette inclus. J'ai pas de chien, alors c'est à moi que revient la douce jouissance de lécher les fonds d'assiettes. J'adore ça. Je me suis ensuite fait couler un bain chaud dans lequel je me suis immergé pendant une bonne heure en roupillant presque. Dehors, l'hiver battait son plein contre la vitre de ma salle de bain. J'ai alors pensé aux premiers colons qui sont venus s'établir dans cet enfer de glace et de neige il y a quatre siècles de cela. Et ça m'a fait penser à C... qui de Aix en Provence, travaille sur un mémoire dont le sujet porte sur l'influence du clergé dans la culture québécoise pendant la Révolution Tranquille. Ou quelque chose comme ça. Je me suis dit que plus que le clergé, l'hiver aura assurément d'avantage influencé notre culture, peu importe les époques et peu importe les régimes politiques et ce, même quand on n'y fait pas mention. Juste ma manière de parler de l'été est directement influencée par mon expérience de l'hiver. Le mot bonheur, et quand il est prononcé dans sa globalité par un Québécois, porte assurément en lui des éléments inconscients qui réfèrent à la quiétude d'une maison bien chauffée, me disais-je en moi-même tout en me lavant pensivement les couilles avec du savon à la lavande.
J'ai rajouté un peu d'eau chaude pour réchauffer ma petite bulle de confort. J'entendais le vent de janvier qui rugissait comme une bête sauvage en faisant danser les arbres et les cordes à linge. J'imaginais la glace sur les fils électrique; la rivière qui coule près du chalet et qui, par grand froid d'hiver, tonne comme le canon quand elle se fige pour les semaines à venir; je pensais à A..., le clochard qui a élu domicile près de l'endroit où je travaille et qui couche à la belle étoile depuis six ans. Quand je l'ai vu cette semaine, le talon
de sa botte gauche venait de céder et la neige menaçait d'y pénétrer. Cela l'obligeait à cesser ses déplacements et à le maintenir à la même place sous peine de mouiller dangereusement l'intérieur de sa botte, ce qui lui serait désastreux. Je lui ai refilé des sacs de plastiques pour se protéger les pieds du froid et je lui ai payé quelques petites bouteilles de Brandy pour le maintenir juste assez saoul pour ne plus y penser, mais pas assez pour l'oublier complètement, ce qui lui serait néfaste. Nous vivons dans un monde d'indifférence abjecte où pour certains de nos frères humains les plus démunis, un simple putain de talon décloué signifie rien de moins qu'une catastrophe humaine épouvantable. Je me suis callé d'avantage dans mon eau chaude, bien à l'abris dans mon alcôve aquatique sans parvenir à chasser de mon espirt cette pensée coupable pour tout ce luxe qui ne sert qu'à ma petite personne. 