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mercredi 9 mars 2011

Testing...2

Z’avez vu? Vous pouvez noter mes conneries selon une échelle d’appréciation que j’ai moi-même personnalisée.

Chouette non? Et ce n’est qu’un gadget parmi des dizaines que je peux insérer comme ça, gratuitement dans ma mise en page.

Je crois rêver.

Bon, allez vous retaper les 4 années de conneries et notez-moi tout ça consciencieusement avant de vous coucher.

Testing....

Vous aimez la nouvelle déco? J’ai décidé de rajeunir un peu ces pages question de me mettre un peu plus à jour et de profiter au maximum des gadgets offerts. Comme dirait c’te gars, tant qu’à triper, tripons donc.

Bon, j’écris n’importe quoi juste pour tester la nouvelle salle des machines. Je vais sûrement avoir besoin de quelques ajustements qui nécessiteront un peu de temps, mais il faudra être patient les amis. J’peux pas comme ça du jour au lendemain changer tout le mobilier et retrouver du même coup mes aises et mes habitudes des dernières années.

N’en demandez pas trop nom d’un chien! C’est déjà assez demandant de vous fournir en textes en évitant autant que possible les redites et les autoplagiats. J’suis pas une machine, je suis un humain comme vous. Ou du moins, comme la plupart d’entre vous.


Bon, attendez, je vais tester un truc....

samedi 26 février 2011

Gojira Vs Agarena Cabernet Sauvignon-Tempranillo

http://www.youtube.com/watch?v=9Z40Msk2jys&feature=related


Gojira (ou Godzilla pour les non-Japonais que nous sommes), film de 1954. Réalisé par le légendaire Ishirô Honda. Le premier film de monstre japonais. Forcément, le premier Godzilla aussi. Sans contredit le meilleur. Son aspect lugubre et angoissant le démarque de la pléthore de remakes médiocres et benêts qui s’échelonneront sur plus de 50 ans.

Un peu comme les Rocky quoi. Le premier est un accident génial. Les autres qui suivront ne seront qu’une succession de pressage de citron inintéressant et totalement stupide.

Si vous vous amusez à chercher les notes données par les plus grands critiques de cinéma, vous découvrirez que ce film les rend tous fous. Les variations vont en effet de pur navet à pur chef-d'oeuvre. Rien de moins les enfants.

En fait, ce film est un intéressant exercice pour la formation des jeunes critiques de cinéma.

On ne peut pas comprendre la portée traumatique de ce film si on tente de l’analyser uniquement sous son aspect artistique. Ce film est beaucoup plus que ça. C’est un stigmate cinématographique de l’horreur causé par Hiroshima et Nagasaki. En fait, c’est moins un film qu’une tentative inconsciente d’exorciser l’apocalypse nucléaire vécue par les Japonais lors des deux bombardements atomiques. (Attention cependant. Ce film n’est sorti que deux ans plus tard aux USA avec un montage remanié pour y inclure une vision américaine du sujet. Le résultat est désastreux et les scènes retouchées deux ans plus tard mettant «en vedette» Raymond Burr sont totalement stupides. Avant de regarder ce film, assurez-vous que vous avez la version japonaise de 1954.)


Gojira est le produit d’un accident causé par un essai nucléaire sous marin. (Message gros comme le bras ici) Il se réveille après 2 millions d’années (autre message: force toute puissante sans intelligence... préhistorique...) Il sort de l’océan et attaque l’île du Japon. (Autre message : ennemi terrifiant venu de l’horizon. On entendrait presque ronronner au loin le moteur du bombardier Enola Gay ici) Il se met à tout péter sur son passage et est tout puissant. Imbattable. Les dommages causés sont apocalyptiques. (Message on ne peut plus clair : Hiroshima, Nagasaki) Le seul qui possède la possibilité de le tuer est un scientifique humaniste qui a découvert une arme encore plus terrifiante que la bombe nucléaire. Va-t-il utiliser sa découverte pour tuer le monstre? Si oui, sa découverte risque de tomber entre les mains de personnes peu scrupuleuses qui en feront assurément une arme contre les humains. Mais s’il ne l’utilise pas, fichtre! Des milliers d’humains mourront. Bon Dieu, mais que faire??? (Message: Dilemme moral ici qui renvoie directement aux scientifiques sous les ordres de Oppenheimer ayant travaillés à la création de la Bombe sur le projet Manhattan.) Après un long questionnement, il décide d’utiliser sa découverte une seule fois, question de sauver l’humanité juste après le souper et avant les infos de fin de soirée. La routine quoi. Après cette formalité accomplie, il brûle ses papiers et se suicide. Mais est-ce vraiment la fin? Pas certain puisque le film se termine sur les propos on ne peut plus nébuleux du vieux professeur qui affirme en regardant droit la caméra (ou presque) que tant qu’il existera des essais nucléaires sur la planète, d’autres Gojira risquent de renaître ici et là sur le monde. (Message à l’humanité: Pour la survie de notre espèce, plus jamais de Hiroshima svp!)


Film noir et blanc avec de jolis contrastes. Une trame sonore ahurissante qui a très certainement fait frémir les cinéphiles préhistoriques de 1954. Une représentation d’un Japon qui hésiterait entre l’américanisation forcée et son histoire ancestrale. Le jeu des acteurs n’est pas toujours au top niveau, mais cela ajoute un je ne sais quoi de sympa à la sauce. Les scènes de démolition des villes se déroulent toujours la nuit, ce qui gomme efficacement certaines imperfections qui passeraient moins bien à l’écran sous un éclairage de jour. J’ai adoré revoir ces petits modèles réduits de voitures et de bateaux qui se font démolir. Pour les plus jeunes, sachez que même quand nous étions petits, nous n’étions pas dupes pour autant. Ces artifices nous faisaient débander par leur aspect petit budget cheapo. Mais aujourd’hui, je trouve ça tout à fait charmant et j’en redemande en applaudissant des deux mains (Parce que bon, applaudir d’une seule main, c’est pas aussi facile qu’on pourrait le penser. Essayez pour voir et vous m’en reparlerez demain à la cafétéria).


J’ai regardé ça en mangeant un ragoût de boeuf que j’ai cuisiné moi-même avec mes petits doigts parce que je n’ai plus de blonde depuis au moins 300 ans qui pourrait cuisiner pour moi. Avec ça, une salade de couscous avec tomates, poivrons verts, brocoli + assaisonnement artisanal importé de la Corse et offert dans des petits pots par M... lors de son dernier voyage. Une goutte d’huile d’olive. Sel, poivre. Vin d’accompagnement : Agarena. Cabernet Sauvignon et Tempranillo. Espagne. Pas un grand vin, mais à $8 et des poussières, c’est très très très très correct. Surtout pour boire pendant un film de monstres. Les films de monstres et les vins cheapettes espagnoles, il me semble que ça va très bien ensemble. C’est pas comme les salades de couscous. Car ça ne parait pas comme ça, mais une salade de couscous, ça bourre en criss. Surtout vers la fin. Et justement, j’ai pas été foutu de la terminer. Je sais que ça vous intéresse et c’est pour ça que je m’empresse de vous en parler avec autant de détails.

C’est comme ma dent et mes hémorroïdes, des sujets de fond qui emballent les milliers de lecteurs de ce blogue.

Si j’étais réalisateur de films de monstres japonais, je me ferais un petit film sympa dont le sujet ferait sérieusement questionner la société. Ça serait l’histoire très poignante d’un type qui souffre d’hémorroïdes. Un jour, après un examen du cul qui aurait mal tourné, les hémorroïdes du mec auraient profité d’un moment d’inattention du docteur pour s’échapper de la salle d’observation et aller se planquer dans un conteneur stocké dans le vieux port de Montréal et déchargé là par un bateau en provenance de Moscou. Manque de chance, le conteneur contiendrait des déchets radioactifs qui, en contact avec les hémorroïdes, auraient provoqué une inflammation titanesque desdites hémorroïdes. Une heure plus tard, les voilà-t-y pas aussi grosses que la place Ville-Marie. Elles se mettent alors à tout démolir et l’armée canadienne ne sait plus quoi faire de ces hémorroïdes géantes qui dévastent tout sur leur passage sans même prendre la peine de s’essuyer les pieds avant d’entrer chez l’habitant. Un type arrive, un scientifique spécialiste du cul qui aurait découvert une arme secrète pour tuer les maux de cul du monde entier. Mais il se confronterait à un problème moral immense. Devrait-il en effet utiliser sa découverte pour tuer des hémorroïdes géantes qui passent leur temps à manger les antennes plantées sur le top de la croix du Mont-Royal en sachant très bien qu’un jour, des personnes mal intentionnées pourraient utiliser sa découverte à des fins guerrières? Sans parler qu’il doit en même temps se confronter à son vieux professeur qui ne demanderait pas mieux que de préserver les hémorroïdes pour les étudier plus en profondeur et qui sait, pouvoir du même coup les réinsérer socialement. On nage ici en plein drame social et j’ai beau me pencher plus en avant sur le scénario, je n’arrive pas à le terminer tellement c’est poignant d’émotivité.

jeudi 10 février 2011

lundi 31 janvier 2011

Tu voudrais, mais tu ne peux plus!

Tu voudrais, mais tu ne peux plus.

C’est comme ça que je me sentais l’autre dimanche, pendant ma partie de hockey dominicale. Nous venions de passer un mois sans jouer à cause du temps de Fêtes, nous étions donc tous rouillés. Mais être rouillé à 47 ans et être rouillé à 25 ou à 30 ans, ce n’est pas la même chose.

Ce n’est pas la même rouille.

Leur rouille à eux, ces salauds de jeunes, elle n’a besoin que d’un peu d’huile aux endroits sensibles pour qu’elle disparaisse. Tandis que la mienne, de rouille, t’auras beau mettre de l’huile, de la graisse, de la Vaseline, du gras de canard, il n’y a rien à faire. Les morceaux partent en miettes, rongés par la corrosion du temps.


- Meuuuuh non!

- Mais si! Et je sais de quoi je parle bordel!


En plus, je me relevais à peine d’une grippe qui ma foi, a bien failli me laisser sur le carreau pour le reste de mes jours. Pas possible être grippé comme ça! Tu dors par tranches de 15 minutes et le reste du temps, tu sues comme un cochon ou tu trembles comme une feuille. Un avant-goût de fin du monde condensé dans un simple virus de type H1 quelque chose.

Nous jouions contre les noirs, la meilleure équipe de la ligue. Et je serais même tenté de dire la SEULE équipe de la ligue. Pendant la pratique d’avant-match, nous regardions l’autre équipe et quelque chose de gros nous a frappés. Il manquait Rochon! Le mot s’est ensuite répandu comme une traînée de poudre : «Rochon n’est pas encore arrivé!» Nous regardions l’heure et plus nous approchions du moment où la partie devait débuter, plus on y croyait. «Il ne viendra pas! Ostie, il ne viendra pas!»

Rochon, la terreur incontestée de la ligue, l’homme qui plombe les gardiens de but plus solidement qu’une batterie d’artillerie allait manquer son premier match de la ligue. On avait enfin une chance.


J’étais sur le jeu pour débuter la partie. Avec l’acquisition de Domdom, notre nouveau défenseur, j’ai opté pour commencer les premiers «shifts» à l’avant, question de donner le ton au match comme on dit. J’avais en effet décidé de délaisser la défense pour une période ou deux et de profiter ainsi de l’absence inespérée de Rochon pour me vider les tripes en attaque dès le premier jeu. Ce qui fut fait et je dois dire de belle manière. Pendant environ une minute, je me suis mis à forcer le jeu en échec avant, courant sur le porteur de la balle, l’emprisonnant dans son territoire, récupérant la balle, faisant une passe à un coéquipier, fonçant sur le filet, reprenant le rebond et tenant la balle loin dans leur zone, perdant la balle, mais la reprenant aussitôt, la repoussant loin dans leur limite, courant après, donnant tout ce que j’avais en espérant que ce sacrifice de mes os sur l’autel de la quarantaine allait inspirer mes jeunes coéquipiers.

Ce n’est pas long une minute.

Je veux dire, quand tu es dans les bras d’une belle fille et que ladite belle fille n’est que de passage au Québec, qu’elle retourne chez-elle, de l’autre côté de l’océan dans quelque jours et que tu passeras sans doute le reste de ta vie sans jamais la revoir, une minute, c’est extrêmement court. Tu comptes les jours qui lui restent à passer ici en termes de minutes justement. Alors tu n’en gaspilles aucune et tu t’arranges pour que chacune de ces minutes devienne des petits moments de perfection. Tu respires chaque seconde comme si c’était la dernière et tu ouvres toutes grandes tes narines pour capter la moindre odeur qui émane de son corps. Et une minute avec elle, ça passe en un claquement de doigts.

Mais quand cette même minute se déroule sur une surface de jeu à courir après des jeunes guépards de 25 ans, que t’arrives à contrer leur attaque, que t’arrives même à provoquer quelques chances de marquer, que t’arrives même à les tenir loin dans leur zone, cette minute-là devient interminable. Et quand tu reviens au banc pour effectuer un changement et que tu ressembles soudainement à un type qui revient d’aller nettoyer la cage des fauves du Cirque Barnum et Bailey’s, quand ton ventre fait des vagues de 20 pieds de haut sous ton maillot pour reprendre son souffle, quand tes jambes deviennent de la guenille, quand dans tes mains ton bâton pèse soudainement plus lourd qu’une tonne de briques, là, oui, tu comprends que le temps est tristement relatif et que ces soixante secondes de souffrance là n’ont rien à voir avec les soixante secondes à te perdre dans les cheveux de cette fille qui s’en va dans une semaine.

C’est la relativité du temps, comme le disait si bien le père Albert.


Il n’y avait cependant rien de relatif dans mon état de décomposition avancée qui avait suivi mon premier shift ce dimanche-là. Je venais littéralement de me brûler pour les deux prochaines heures. J’avais stupidement pensé que je pouvais à moi seul donner le ton à la partie. Tout au plus, n’avais-je fait que donner le ton à la première minute du jeu et je n’étais pas sitôt arrivé sur le banc que BANG!, on se fait marquer un but sur un lancer provenant du centre du terrain. Une merde de lancer qui dévie sur environ 345 bâtons et tout autant de tibias pour terminer sa course dans le fond de notre filet.

Deux minutes plus tard RE-BANG! Un autre!


C’était déjà 2-0 pour eux et nous venions à peine de commencer. Frustrant! D’autant plus que Rochon n’était pas là.

Nous nous sommes cependant secoués et nous avons travaillé comme des défoncés pour remonter la pente, marquant trois buts sans réplique pour terminer la première période 3-2. J’ai préparé deux de ces trois buts en y laissant à chaque fois des morceaux de poumons et des lambeaux de muscles qui s’épluchaient comme la peau d’une banane. Deux passes scientifiques (rien de moins) vers mes coéquipiers qui n’ont pas manqué leur chance.

Sans Rochon, cette équipe est toujours forte à cause de St-Fort (la couleuvre insaisissable) et JF Forget, ce petit monstre d’énergie qui a tâté du Junior à sa dernière année de hockey. À eux deux, et même avec une équipe d’unijambistes comme complément, ils seraient encore dans les premiers marqueurs de la ligue. Mais bon, Rochon n’était pas là et nous menions par un but après une période.

On y croyait.


St-Fort et JF Forget! Tu les regardes jouer et tu te dis qu’à leur âge, tu étais un peu comme eux. Ou du moins, tu pouvais courir et récupérer aussi facilement qu’eux. Les jeux qu’ils font, tu les faisais toi aussi. Tu les fais encore, remarque, mais c’est beaucoup plus lent et une fois sur deux, tu te fais contrer par deux joueurs plus jeunes et plus rapides que toi.

Tu voudrais bien être comme eux toi aussi, courir aussi vite, récupérer aussi facilement, mais tu ne peux plus. Tu ne le peux tout simplement plus! C’est juste une question d’incapacité physique. T’as moins de masse musculaire qu’eux. T’as moins de souffle qu’eux. Tu récupères moins vite qu’eux et surtout, t’as près de 20 ans de plus qu’eux. Tu voudrais de toutes tes forces que tu n’y arriverais même pas. C’est l’implacable réalité du temps qui passe et t’auras beau avoir la meilleure volonté du monde, tu ne peux plus physiquement te mesurer à eux sur un marathon de deux heures. Alors tu dois compenser dans ton jeu, économiser tes énergies, calculer tes pas, compter tes déplacements, faire des passes à défaut de monter la balle d’un bout à l’autre et te tenir près du filet en comptant sur ton habileté qui ne demande pas trop d’effort pour la mettre dedans «à bout portant».

Tu deviens soudainement un tricheur sympathique. Tu triches en effet contre le temps. Tu t’adaptes à ton handicap. Tu tentes de bidouiller je ne sais quel raccord dans ta mécanique interne pour arriver à te donner un peu de jus de plus, un peu de force de plus, un peu de kilométrage en plus. Tu triches, mais c’est une tricherie acceptable. Voire inévitable.

Tu deviens une sorte de snipper rapproché, un «garbage collector» qui n’est dangereux que dans un rayon de 20 pieds autour du filet adverse. Et encore! Il te faut dégainer rapidement quand la balle arrive sur ta palette. Avant, tu dégainais à la vitesse de la lumière et ton «shot» avait la précision d’un laser. Mais aujourd’hui, quand t’arrives même plus à récupérer entre deux shifts et que ton corps pompe l’oxygène et qu’il n’y a rien qui rentre dans tes poumons tellement t’es crevé, ton bâton pèse lourd et ton cerveau met une fraction de seconde de plus à réagir. Alors forcément, tu dégaines moins vite et tu rates des buts que tu n’aurais jamais ratés à l’époque. Ton temps de réaction est une miette plus lent et c’est vraiment ce qui est le plus frustrant.


À un moment par exemple, la balle revient dans notre zone et je suis le premier à la récupérer. Je vois arriver sur moi un adversaire qui fonce comme un malade, mais j’ai tout mon temps pour faire un jeu et l’idée c’est de le laisser se rapprocher le plus possible de manière à le coller sur moi et d’en profiter du même coup pour faire la passe à un coéquipier. C’est un jeu que je fais tout le temps et qui marche toujours. J’arriverais à le faire avec un bras attaché dans le dos. Un jeu de routine. Mais ce dimanche là, allez savoir pourquoi, j’ai figé au moment précis où je devais effectuer la passe. Non pas que j’ai raté ma passe, non! Mais j’ai figé! Comme si mon cerveau venait de se déconnecter et ne pouvait plus transmettre la moindre information à mes mains. J’étais pendant un court instant complètement cimenté sur le jeu, les deux pieds dans le béton et la tête dans la mélasse. Un court-circuit aussi improbable qu’instantané.

Il y a une explication pour ce genre de non-réaction. Ça arrivait souvent aux pilotes de F1 lorsqu’ils étaient déshydratés. C’est pourquoi maintenant on leur fait boire des liquides énergisants pendant le déroulement de la course. Dans cet état, le cerveau donne ses ordres, mais les membres du corps ne répondent plus et c’est souvent pour ça que les pilotes tapaient le mur. Ça m’est arrivé l’autre dimanche et c’est paniquant. J’étais vidé.

On a perdu finalement parce qu’on avait oublié qu’en plus d’avoir les trois meilleurs joueurs d’avant, ils ont aussi un excellent gardien de but.


***


Aujourd’hui, même chose. Nous affrontions encore les noirs et même si, cette fois, c’était JF Forget qui manquait et que j’étais à peu près «correct» au niveau forme physique, on s’est fait littéralement laver. Pourtant, nous avions bien commencé et nous répliquions après chaque but. Mais c’était oublier que nous avons dans notre équipe le pire gardien de but de l’histoire contemporaine des gardiens de but et qu’il a choisi ce soir pour jouer sa pire partie de toute l’histoire contemporaine des parties de hockey. Des ballons de plage, des bulles de savon, de minous de pissenlits, des escargots, des lombrics, il était d’une générosité extrême ce soir et il laissait tout passer. Moi qui suis défenseur et dont le job est justement de défendre mon gardien de but, j’ai le corps littéralement couvert de bleus à force d’avoir bloqué des balles de caoutchouc. J’en ai reçu une dans la gorge, une autre dans le ventre, deux sur les cuisses. Mais j’ai été plus chanceux que mon pote Franck qui a reçu un plomb de Rochon sur la couille gauche. (Aïe!!!) Tout ça pour que notre gardien de but humaniste et chrétien devant l’éternel en laisse rentrer 6 en 12 lancers en première période et près de 20 pendant toute la partie sur 45 lancers.

On frise ici la moyenne de .500. Ce qui veut dire qu’on placerait un gros «X» en bois devant le filet qu’on aurait à peu près autant de chance.

À un moment, je suis venu à deux doigts de l’empaler avec mon bâton et de lui péter la mâchoire à coups de talon. (Avant de le passer ensuite au hachoir et d’en faire des boulettes de goalie-burger que j’aurais fait griller très lentement à feu doux). Mais comme je suis un joueur d’équipe et que j’ai à coeur la solidarité du groupe, je me suis contenté de me rendre au vestiaire pour péter discrètement son cellulaire dans sa poche de blouson et de pisser dans son sac de sport.

Câlisse! On ne demande pas grand-chose de notre gardien de but! On aimerait juste qu’il soit capable de nous donner un petit coup de main des fois. Genre arrêter une balle sur quatre. Juste ça! C’est pas trop demander ciboire! (Raymondo!!! L’an prochain, arrange-toi pour que je joue pour ton équipe. Ce sont les gardiens qui choisiront les joueurs. Ne m’abandonne pas!!!!)

Dit comme ça, c’est drôle, mais quand tu joues, ça devient extrêmement frustrant. Tu dois changer ton jeu parce que tu sais que ton ostie de gardien n’arrêtera rien ce soir.


- Tiens! Un autre but!


Tu voudrais appuyer l’attaque, mais tu t’y refuses de peur de laisser la bouche de métro derrière toi sans surveillance.

Je me sentais vraiment comme ça ce soir. Seul à la défense pour protéger une porte d’entrée grande comme trois terrains de foot.

Et St-Fort! Putain quel joueur! Cette couleuvre insaisissable qui n’arrêtait pas d’attaquer et d’attaquer et d’attaquer. Ce soir, il était en feu et il doit avoir à peu près 10 buts à lui seul. Dom-dom, qui est un mec avec beaucoup d’orgueil et qui prend beaucoup de place à la défense avait décidé pendant la partie de s’occuper personnellement de St-Fort. Mais peine perdue mon vieux. Dom-dom s’est fait passer comme tout le monde et de belle manière. À gauche, à droite, à gauche encore, hop, hop, hop, et le voilà-t-y pas que St-Fort déborde Dom-dom et qu’il se retrouve devant notre filet désert. (Parce que notre gardien de but ce soir, c’était ça. Un désert aride.) Bing! But.

Bing! Encore un but.

Bing! En voilà un autre.

Vous pensez que c’est terminé? Bing! Un autre. Bing! Bing! Bing! En voici trois autres. Des mains comme ça mon ami, tu les clones pour la science parce que je connais des chirurgiens qui en auraient bien besoin.


- Tu connais des chirurgiens toi?

- Non, c’était juste pour l’image.

- Ah, d’accord. Je me disais bien aussi.



Mon hommage à ces enfoirés de surdoués.

Lui, c’est JF Forget effectuant ses exercices d’assouplissement avant une partie. Observez attentivement son oeil de tueur. Il y a dans cette pupille ce je ne sais quoi qui confine à l’immortalité et à la jeunesse éternelle.

Un féroce prédateur de gardiens de but.

Jeune câlisse!

Infatigable et doué. Il possède de bonnes mains, il court comme un guépard, il peut plomber presque aussi solidement que Rochon et même s’il a brossé la veille, il marquera ses 6 ou 7 buts par partie. C’est généralement comme ça que ça fonctionne quand t’es dans la vingtaine et que t’es venu à deux doigts de faire carrière professionnelle au hockey.

Lui, c’est Franz St-Fort, la couleuvre insaisissable. Le seul au monde qui peut me passer la balle entre les jambes et la reprendre facilement derrière moi sans que l’envie de lui couper la tête me prenne. Et vous savez pourquoi? Parce que c’est toujours fait avec une adresse à couper le souffle. On l’entend presque s’excuser quand il te déjoue. Des mains magiques et t’as beau jouer l’homme contre lui, il trouvera une manière de te faire passer pour un con. Et tout ça se fait en douceur, presque au ralenti.

- Prenez une grande respiration monsieur le défenseur, ça ne fera pas mal.

Généreux, il lui arrive de travailler pour faire marquer un de ses coéquipiers plus médiocre que les autres simplement pour lui donner l’occasion de participer un tout petit peu à ses massacres dominicaux.

Lui, c’est Rochon et c’est pour ça que je le garde pour la fin. Vous ne trouvez pas qu’il a un je ne sais quoi de gardien de camp de concentration nazi? En tout cas, c’est exactement comme ça que Raymondo le voit. C’est le plus vieux de son équipe, mais sa trentaine est largement compensée par la vingtaine combinée de JF Forget et de St-Fort qui ne cessent de l’alimenter. Et quand il est abondamment alimenté, il déploie avec une efficacité meurtrière son boulet de canon. T’as intérêt à avoir de bonnes protections si tu t’avises de vouloir bloquer un de ses plombs. (Demandez à Franck ce soir. À l’heure qu’il est, il doit être encore au gymnase en train de chercher désespérément sa couille gauche. Il ne la retrouvera jamais. Elle fut atomisée. Tout ce qu’il arrivera à trouver c’est la forme de sa couille imprimée en négatif sur l’un des murs, un peu comme ces victimes d’Hiroshima qui se trouvaient tout près du centre de la déflagration.) Non mais regardez-moi ce tueur! Il manque juste la montagne de cadavres de gardiens de but derrière lui pour que la photo soit 100% représentative de sa personnalité. Raymondo, quand il a acheté ses nouvelles épaulières, il m’a dit qu’il les a fait rembourrer avec de «l’anti Rochon» dedans.

Pauvre Raymondo! Son anti-Rochon ne vaut pas de la marde.

C'était probablement fait en Chine.

vendredi 28 janvier 2011

La soirée du hockey en 1565

Radio Beatles ne joue que du Beatles 24h sur 24. Radio Rolling Stones ne joue que du Rolling Stones. Même chose pour radio Dylan, radio Springsteen, radio Bach, radio Chopin, radio Mozart... le net me permet de syntoniser tout ce que je veux quand je veux et pour la durée que je veux.

C’est gratuit.

Comme en ce moment où j’écris ces petites choses en écoutant Chopin sur le bien nommé «radio Chopin».

Que du Chopin.

Hier en dessinant mon Rocket Manga, ça s’est fait sur un poste spécialisé sur le jazz des années ’50 et ’60. Que du Jazz de l’âge d’or.

Le Didier Pitre s’est fait sur Radio Beatles.

J’ai préparé ma bouffe de ce soir en écoutant radio Rolling Stones.

Deux clics et j’ai la musique que je veux pour la durée que je veux. Il est loin le temps des disques vinyles et des pick-up portatifs.

Je ne cesse d’être fasciné par Internet. On trouve tout ce que qu’on veut.

Tenez, par exemple, parlant de cinéma avec un jeune pote dernièrement, je lui disais combien il était plus efficace de suggérer la scène de meurtre que de la montrer crument comme les réalisateurs modernes le font trop souvent. Cherchant un exemple pour appuyer mon propos, j’ouvre mon laptop et je vais sur youtube. J’écris Hitchcock Frenzy et je lui trouve cette scène d’anthologie en trois secondes. http://www.youtube.com/watch?v=qPKBV5QPzP8

Boom! Voilà! Tout est dit.


Parlant des origines du hockey cet après-midi avec É..., je lui parle des vieilles peintures Flamandes où l’on voit sur la glace des joueurs de curling et des joueurs de hockey. Des trucs qui datent du 16è et 17è siècle. Ne me croyait pas. J’ouvre mon laptop et bang! Je lui balance ces quatre toiles à la gueule.




Prenez la première peinture du haut. Élargissez l’image et observez les personnages en bas à gauche. Vous allez voir le skipper en pantalon rouge au milieu d’un groupe de 4 personnes et qui s’apprête à lancer la pierre sur la glace. Juste un peu plus haut, vous trouverez trois autres pierres alignées observées par deux personnages.

Ils jouent au curling tabarnak!!! En 1565!!!

Mais ce n’est pas tout. Il y a deux corbeaux sur l’arbre en avant plan. Regardez le personnage qui se trouve juste en haut du corbeau de gauche. Regardez-le! Il tient ce qui ressemble drôlement à un bâton de hockey. Mais plus incroyable encore, le peintre l’a représenté au moment précis où il s’apprête à «slaper».

Le peintre est Bruegel et la toile date de1565!!!

Quelle année encore?

1565!!!

Une coïncidence?

Pas sûr.

On retrouve les mêmes bâtons sur les trois autres toiles. Et ces oeuvres sont de 4 peintres Flamands différents et vont de 1565 à 1650.

Ce n’est peut-être pas le hockey comme on le connaît aujourd’hui, mais ça s’en rapproche drôlement.


Enfin bref, tout ça pour dire que j’adore internet et qu’à une autre époque, le type à qui je parlais cinéma ou l’autre à qui je parlais peinture auraient été obligé de me croire sur parole sans que je puisse leur montrer dans la minutes suivante les preuves de ce que j’avançais.

Je doute que ceux qui sont nés avec cet outil l’apprécie autant que ceux qui sont nés à l’époque de la télé noir et blanc et des téléphones à roulette.

C’est tout ce que je voulais dire.

Enfin, je crois.

mercredi 26 janvier 2011

Rocket Manga

Poursuivons dans la peinture puisque depuis que je suis devenu peintre contemporain, y a que ça qui m’allume.

Je viens de terminer une toile dont je peux dire sans pudeur aucune que j’en suis pas mal fier. En gros, j’ai voulu me taper une célèbre photo de Maurice Richard comme mon Didier Pitre de la dernière fois. Parce que moi tu vois, je n’ai pas de technique avec un pinceau et je dois ramer fort pour rendre sur le tableau ce que j’ai en tête. Je gosse plus que je peins. Alors comme pour Didier, je me suis dit que je ne me casserai pas le cul avec les détails et que j’allais y aller pour l’effet, l’ambiance, l’humeur et puis fuck le reste comme on dit dans les chaumières de St-Zénon. J’allais juste m’amuser. De toute manière, c’est sans doute la seule manière de faire.

Qu’en dites-vous dans la salle?

J’ai eu la bonne idée de prendre quelques photos pendant la création de l’oeuvre et une finale après avoir l’avoir terminé.

Faut savoir que toutes mes photos sont floues et ne me demandez pas pourquoi. C’est comme ça et on n’en reparle plus.

Voici donc la première alors que je venais de remettre du blanc sur les patins de Maurice pour les refaire parce qu’ils étaient totalement à chier.

Pas évident de faire des pieds. J’avais oublié d’en parler la dernière fois quand je dissertais philosophiquement sur les nez et les mains.

Vous noterez que le maillot du Rocket n’est pas terminé sur cette photo. C’est que comme la cerise sur le gâteau, je me gardais le logo pour la fin. Et en plus, c’est le logo des années ’50, celui que je préfère dessiner.

Voici un détail. Notez la stylisation remarquable du visage de Maurice. Il y a quelque chose de la BD manga Japonaise dans mon coup de pinceau vous ne trouvez pas? Je ne sais pas comment je m’y suis pris, mais je ne déteste pas du tout. Au contraire, je trouve ça chouette. J’ai tracé son visage d’un seul coup, à mon grand étonnement. Par contre, j’ai un peu plus ramé pour celui du gardien de but. Il ne se ressemble pas du tout, mais je m’en tape comme de ma première paire de bottes. L’idée c’était de montrer les deux éclopés après une furieuse guerre sur la glace. Henry s’était mangé une rondelle dans le visage pendant cette partie et en était resté avec un oeil au beurre noir. C’est la fameuse partie où Maurice s’était fait mettre KO mais était revenu à la fin du match pour marquer le but gagnant. Un but de légende dont il n’a gardé aucun souvenir tant il était amoché. (J’ai déjà parlé de cette photo dans ce blog il y a des mois de ça.)

Le même détail, mais en plan un peu plus reculé et après avoir gossé sur le sigle. J’aime mon sigle. C’est un beau sigle comme je faisais sans relâche dans ma classe de 5e pendant que madame Bernèche expliquait des trucs en rapport avec le français ou les maths, mais qui n’étaient pas intéressants du tout.

Voyez les mains comment je ne me suis pas fait chier du tout. Quelque lignes grossièrement suggérées et hop! On passe à autre chose. Laissons les aveugles dire que le borgne est roi. Faut pas se prendre pour ce que l’on n’est pas.

Je n’ai pas respecté l’aspect des maillots de l’époque. Surtout pour celui des Bruins. En 1952, au niveau des épaules, il n’y avait pas de ligne blanche qui ceinturait la bande jaune. Je l’ai rajouté dans le simple but de donner une continuité avec les bandes blanches des coudes et de la taille. Pour les deux bandes rouges à la taille du Rocket, je ne suis pas certain. Il se peut qu’elles fussent rouge et bleue avec un espace blanc au milieu. Mais je me suis fié aux bandes de couleur rouge sur les jambes. Je me suis dit que ça devait être la même chose pour la taille. Ma photorepère était en noir et blanc et je devais deviner. Remarquez, j’aurais pu faire une rapide recherche sur le Net, mais comme je suis un peintre contemporain, je me suis laissé guider par mon instinct.

J’ai laissé des coulisses de rouges sur les épaules de Maurice suggérant (mais non signifiant) le sang de sa blessure. Ça fait un pont avec le jaune dégoulinant de gardien de but. Ça peut vouloir dire aussi une symbolique de sang et de sueur perlant sur les deux guerriers. Comme ça peut aussi ne rien dire du tout. Une cocasserie graphique de l’artiste. Et Dieu sait comment il peut se montrer cocasse parfois, surtout lors des soupers de boulot quand il se met à vomir partout après avoir passé la soirée à demander de coucher à toutes ses collègues. ((Mais non maman! Je déconne! (Il faut que je spécifie parce que ma mère qui est une habituée de ce blogue croit dur comme fer tout ce que je raconte ici. Par exemple, elle croyait que j’avais vraiment été diner aux chandelles avec Ingrid Bétancourt. Remarquez, j’avais une amie qui croyait que j’étais vraiment sorti avec la chanteuse des Pretenders quand j’avais déliré sur ce sujet.)) Bon, qu’est-ce que je disais déjà?

Passons à la photo suivante si vous le voulez bien.

Suivez le guide et faites attention à la marche.

Cette dernière photo montre la chose à peu près terminée. (Manque ma célèbre signature.) Elle montre aussi une partie de mon salon dans lequel j’ai accouché de cette incomparable toile. Je ne sais pas pourquoi je ne travaille pas dans le sous-sol. J’ai toute la place voulue, mais je m’obstine à rester en haut pour torcher mes toiles. Il doit y avoir une explication logique à la chose, mais je ne la trouve pas.

Elle fait 40 X 60, ce qui est assez impressionnant quand on l’a en face de sa gueule. Même si j’aime le résultat final, j’ai complètement passé à côté de ce que je voulais faire. Je voulais me refaire une manière de Didier Pitre contemporain. Mais je me suis laissé aller à vouloir rendre reconnaissable le visage du Rocket et du coup, le reste a suivi. C’est extrêmement difficile de déconstruire son coup de crayon, même avec un pinceau. Il faut aller contre son cerveau qui ne cesse de te dire «mais non, pas comme ça!!». Comme quoi mon vieux, tu n’es pas aussi libre que tu penses.

Qu’est-ce que je disais déjà l’autre jour?

«La pire censure est celle que nous nous imposons».

Oui, mais, bon, ce n’est quand même pas si mal. La prochaine fois je vais faire un Georges Vézina comme vous n’en avez jamais vu. Sur 5 pieds de haut, ça risque de torcher grave.


Bonne nuit les amis.

mardi 21 avril 2009

Rectification obligatoire quant à la composition familiale de A... et du nombril de sa soeur.

Dans un précédent texte, j'avais parlé de A... et de sa soeur top modèle et voilà, je me suis planté. En fait, la soeur top modèle ce n'était pas la blonde pétillante qui aurait fait fondre un chargement de boeufs congelés juste en lui balançant un regard à bout portant.
- Non?
- Si! Si!
Pauvre petit chargement de boeufs congelés. Si ça ne fait pas pitié!
Il n'y a pas d'OGM qui protège la frigorisation * des boeufs congelés quand une superbe femme qu'on croyait top modèle mais qui ne l'est pas passe devant. **
Donc ce n'était pas elle, mais l'autre. La pas blonde, celle qui aurait foutu le bordel pas possible dans une congrégation de jeunes prêtres. Du coup, je suis tout mélangé. Vous aussi forcément. Sauf pour A... qui connaît parfaitement la composition de sa famille de même que le statut social de chaque personne qui la compose.
C'est A... qui m'a tout expliqué ça l'autre jour devant un café, la fois où l'on ne travaillait pas et que je voulais acheter des pastels à l'huile parce que je veux me remettre à en faire. (Du pastel à l'huile, pas du café.)
Elle a trouvé ça drôle. Pas moi parce que j'ai appris du même coup qu'elle avait parlé de mon blogue à sa soeur. Pas la top modèle, mais l'autre. Celle que je croyais qui était top modèle mais qui ne l'est pas mais qui pourrait l'être quand même selon mes standards à moi.

Ça me fout tout à l'envers quand des gens qui me connaissent à peine viennent lire mes petites conneries. Surtout quand ils ne me connaissent qu'en surface, vaguement, de loin, de nom avec une sorte d'image approximative du visage. Je veux dire, la fois d'après, quand je les croise, j'ai l'impression d'être un peu tout nu devant eux. Comme s'ils lisaient dans mon esprit. C'est déstabilisant. Surtout quand il s'agit de la soeur à A..., celle que je croyais top modèle mais qui ne l'est pas.
La blonde.
Celle pétillante de son état.
Celle jolie sur son passeport.
Et en vrai aussi. Surtout.
Celle-là, la fondeuse de boeufs.
Congelés de leur état. Je parle des boeufs.
Mais fondus depuis. Ces mêmes boeufs. (Pauvres petits boeufs!)

Merde... je délire.
C'est pas ma faute. C'est la faute au nombril de la soeur de A....
- Non?
- Si! Si!

Car enfin, de mes yeux j'ai vu son nombril danser, libre et fier, le soir où j'ai aussi mangé du fromage au lait cru importé clandestinement de France par la propriétaire de ce même nombril. De loin, pendant que la soeur de A... l'exhibait ostentatoirement sous de chauds rythmes latins alors que j'hésitais entre perdre connaissance ou applaudir en pleurant, on s'est regardé lui et moi. Je parle de son nombril. Il m'a salué discrètement. Il avait l'air au-dessus de tout ça. La dégaine typique du nombril qui est bien dans sa peau.
Un nombril de grande classe.
Un peu plus tard, et profitant que sa propriétaire était occupée à sonder l'opinion des gens présents sur leurs intentions éventuelles à l'idée d'aller terminer la soirée dans un bar, j'ai vu son nombril se détacher discrètement de son poste de travail pour aller se fumer une clope dehors. J'en ai profité pour aller le rejoindre et faire plus ample connaissance.
- Salut.
- Salut.
- Et votre nom encore c'est comment?
- Varice & Versa. Et vous?
- Hubert DeCastille. Je suis le nombril de la soeur de A... Pas la top modèle, mais l'autre. Celle que l'on croit top modèle justement mais qui ne l'est pas. La blonde. Celle pétillante. Pleine de vie. Vous voyez de qui je parle?
- Oui, très bien. Et vous faites quoi dans la vie?
- Je danse, libre et fier, les soirs de fromages au lait cru. Je suis lascif et j'aime mon boulot. Et vous?
- Je vends des bouteilles de vin. C'est chiant. Répétitif. J'en ai un peu marre. Surtout quand je dois travailler avec la grosse conne.
- Je comprends.
Une légère brise venue du nord nous rappelait au nombril et à moi que le mois de mars n'était pas encore tout à fait terminé, qu'il ne fallait pas encore le compter pour mort. Ce n'était pas pour autant une soirée glaciale mais en voyant Hubert DeCastille se recroqueviller dans son parka Kanuk en tirant de longues bouffées de sa cigarette, je voyais bien qu'il avait perdu l'habitude de ces soirées de fin d'hiver montréalais; résultat de ses longs séjours à Paris. Il y avait de la fragilité dans son regard de nombril.
- Dites-moi, et sans indiscrétion, on embauche dans votre domaine?
- Pas vraiment. C'est une position très demandée vous savez et une fois qu'on décroche le boulot, on le garde. Pas vraiment de mouvement de personnel, sauf quand la propriétaire danse sur des rythmes latins. Alors là, oui, il y a du mouvement que j'assume personnellement mais pas en tant que mouvement de personnel. Vous me suivez?

- Pas tout à fait mais ça ne fait rien. Je vois déjà que ce texte s'en va nulle part alors aussi bien délirer au max.
- Je sais, c'est à cause de moi n'est-ce pas?
- Si un peu. Vous m'avez bien déstabilisé en dansant. C'était très beau. Très prenant.
- Vraiment?
- Puisque je vous le dit.
- Mais ça vous a déstabilisé dites-vous.

- Oui mais que voulez-vous, ce n'est pas de votre faute. En tant que nombril, vous faites votre boulot. On ne peut rien vous reprocher. Mais sincèrement, vous êtes certain que pour le job...
- Nenni! Pas une chance si vous voulez tout savoir. Plus de possibilité d'embauche pour les 60 prochaines années. C'est un milieu très contingenté. Je parle du milieu de l'emploi, pas du milieu du ventre où se trouve mon boulot. Enfin, ça aussi c'est contingenté mais bon, ne me faites pas dire des choses que je ne voudrais pas.
Je le sentais sur ses gardes comme un chien qui ne veux pas laisser son os. Il aimait son boulot, c'était évident. Mais en même temps je sentais une crainte indéfinissable en lui. Me voyait-il comme un compétiteur potentiel? Il n'avait pas tout à fait tort par le simple fait que l'idée de lui éclater la tête avec une clé à molette m'avait traversé l'esprit. Le coup était réalisable et j'avais justement sur moi une clé à molette que j'avais glissé je ne sais pourquoi dans ma poche avant de quitter la maison pour me rendre à cette soirée. Pendant qu'il parlait, j'échafaudais un plan génial dans lequel je me voyais très bien l'assommer d'un coup sec, faire disparaître son corps de nombril quelque part dans la ruelle, me déguiser en nombril moi-même et rentrer le plus naturellement du monde dans la maison pour aller prendre sa place sur le ventre de la soeur de A..., celle que je croyais qui était top modèle mais qui ne l'est pas. La blonde. Celle pétillante. J'avais bien observé ce nombril pendant toute la soirée et j'avais capté en quelques coups d'oeil aiguisés toutes les nuances de son affolante personnalité. Les reproduire de manière à confondre la soeur de A..., celle que je croyais qui était top modèle mais qui ne l'est pas, la blonde, celle pétillante, me semblait tout à fait possible. D'autant plus que je pouvais compter sur ma propre expérience personnelle en tant qu'admirateur passionné de nombrils féminin pour combler quelques lacunes comportementales. À ces pensées, mon coeur se mit à s'emballer.
- Dommage. Ça semble très agréable comme emploi.
- À qui le dites-vous! Je vois du pays, on me contemple sur la rue les jours où ma patronne porte ces affriolants petits t-shirts, j'ai la voiture fournie, l'essence payée, compte de dépense illimité, logé, nourrie et le plus chouette, c'est que je la suis partout. J'ai pas à me plaindre. Surtout la nuit, quand elle dort et que je me laisse bercer par le rythme de sa respiration qui fait comme une impression de vagues. Vous voyez ce que je veux dire?

"Tout à fait" lui répondis-je tout en serrant d'une poigne ferme ma clé à molette. Cette description détaillée des bénéfices marginaux de son emploi de même que les images de respirations ondulatoires ressenties sur la peau d'un ventre comme voilà-t-y pas celui de la soeur de A..., celle que je croyais qui était top modèle mais qui ne l'est pas, la blonde, celle pétillante, provoquèrent en moi une féroce envie de précipiter mon terrible plan. Mais je devais garder mon sang froid et attendre le bon moment. Bouger trop vite pouvait être néfaste.
- Et vous faisiez quoi avant? lui demandais-je pour ramener une impression de complicité entre nous.
- Je vendais des assurances. L'enfer mon brave. L'enfer.
- Mais justement, comment un ancien vendeur d'assurances devient-il le nombril d'une superbe femme que l'on croit top modèle mais qui ne l'est pas?
- Ah ça! Il faut dire que j'ai eu de la chance. J'avais un client qui était quartier de boeuf congelé de son métier et qui un jour, s'est vu fondre à cause d'un simple regard lancé à bout portant. Vous savez, ce genre de regard de femme que l'on croit top modèle mais qui ne l'est pas? Ça tue. Il en est mort justement. Fondu comme un cornet de glace en pleine canicule. Mais juste avant de crever, il avait acheté une police d'assurance contre le regard des belles femmes. C'était juste avant qu'il ne croise la soeur de A... qui se promenait sans nombril.

- Sans nombril?
- Sans nombril.
- Mais vous voulez dire qu'avant vous, elle n'avait pas de nombril, c'est ça?
- Tout à fait. À cause de je ne sais quelle loi d'immigration mais ne m'en demandez pas plus, je n'y connais rien en juridiction nombrilienne. ...euh.. ça se dit ce mot: "Nombrilienne?"
- Non mais ce n'est pas grave. C'est mon blogue alors vous pouvez dire ce que vous voulez.
Je voulais le mettre en confiance, éteindre ce doute que je percevais dans sa pupille de nombril, quitte à le laisser dire n'importe quoi dans mon blogue. C'était risqué parce que je sais qu'il y a tout un tas de gens que je connais qui viennent ici, lire mes petites conneries personnelles. Lui laisser la direction complète d'une page pouvait d'autant plus bousiller à jamais ma réputation et je jouais gros. Très gros! Mais devenir le nombril de la soeur de A ..., celle que je croyais qui était top modèle mais qui ne l'est pas, la blonde, celle pétillante, était une occasion qui en valait le coup. Je me mettais à rêver que, moi aussi, je pouvais très bien m'auto onduler ostentatoirement sous de chauds rythmes latins et bercé langoureusement par de voluptueux déhanchements balancés à bout portant sous les regards envieux de toute la planète mâle. Devenir le centre d'attention de toutes les intentions, le cercle social le plus prisé en ville, le ventre de Paris, la cible de la cible, devenir en quelque sorte rien de moins que le Nombril du monde. La gloire éternelle en somme. Face à cette jubilatoire perspective d'emploi, lui laisser quelques lignes de mon blogue me semblait un risque parfaitement calculé.
- Merci. Alors donc, voilà, quand j'ai appris la chose j'ai pas hésité. Je me suis présenté à son bureau et je lui ai montré mon plan d'affaire avec un portefolio très détaillé. Photos couleurs, tout le tralala. Un beau document dont j'ai payé très cher. Mais ça valait le coup puisqu'elle a tout de suite vu que j'étais sérieux. Elle m'a embauché à l'essai pendant un mois et depuis de temps, je suis un employé régulier. J'ai même la couverture totale pour les assurances santé. Pour le service du dentiste, je n'ai qu'à payer 20%. Et en plus, j'ai ma maison sur son ventre. Le boulot idéal je vous dis.
Cette fois, ça en était trop et je décidais de passer à l'action. Mais au moment précis où j'allais lui éclater la tête et enclencher du même coup mon terrible plan, la porte s'ouvrit et A... vint nous rejoindre sur le balcon arrière.
- Hubert, ma soeur te demande.
- Tout de suite?
- Oui, c'est urgent. Ça fait trois morceaux de chauds rythmes latins qui passent et elle voudrait bien danser un petit peu.
Hubert DeCastille écrasa sa cigarette avant de me serrer chaleureusement la main.
- Désolé, mais j'ai du boulot. Ma patronne ne peut pas danser sans moi. On fait une équipe du tonnerre. Mais ce fut un plaisir monsieur.
Après ces derniers mots, le nombriliste personnage entra dans la maison en nous laissant seuls A... et moi sur le balcon. Le mois de mars n'était pas encore tout à fait terminé et il ne fallait surtout pas le compter pour mort. Ce n'était pas pour autant une soirée glaciale et A... ne semblait pas du tout incommodée par cette fraîcheur du soir qu'appuyait une légère brise venue du nord. Elle alluma sa cigarette avant de souffler une large volute de fumée bleue qui s'effaça aussitôt sous la voûte étoilée du ciel montréalais. J'en profita subtilement pour remettre ma clé à molette dans ma poche.



* Ça se dit ça? Je ne crois pas. Mais bon, on s'en fout. C'est mon blogue après tout et je peux écrire ce que je veux... La preuve: Prout! Prout! Ploum! Ploum!
** Notez ici au passage la subtilité éloquente de ma verve quand vient le temps de glisser un message, mine de rien, en sachant justement que la soeur de A..., celle que je croyais top modèle mais qui ne l'est pas, bref, la blonde pétillante au chargement de boeufs congelés soudainement fondus, se tape ce blogue. Je suis incroyable. Vraiment.

jeudi 3 avril 2008

L'équipe ADQ - 9 : Le plan de tomate.

Gros Simplet arriva dans le bureau de Mario au pas de course, tout essoufflé mais quand même fier et honoré de respirer le même air que son idole.
- Gros Simplet, j'ai une mission très importante pour toi.
- Chef! À vos ordres chef! Tout ce que vous voudrez chef!
- Brave Gros Simplet! Mon fidèle ami! Je vais t'expliquer mais avant, approche un peu que je te fous une baffe. Je me sens un peu déprimé et j'ai besoin de me défouler un tout petit peu. Voilà, c'est bien. Ne bouge plus maintenant.... Paf!!

Mario expliqua ensuite à son fidèle bénévole qu'il lui manquait un candidat pour la circonscription de Prévost et qu'il comptait sur lui pour lui dénicher quelqu'un.
- Nous avons tout essayé Gros Simplet mais personne ne veut se présenter pour nous dans cette région. Les gens approchés ont refusé en disant que nous étions trop à droite, trop racistes et trop fascistes. N'importe quoi! Sans doute un complot arabe ou juif. Je ne sais trop. Mais quand on sera au pouvoir Gros Simplet, je te jure que ces bougnoules vont payer. En attendant, tu iras voir le Colonel Ludolph-Freidrich Von Nakunegöss avec qui tu feras équipe. Il t'attend dans son bureau. Je lui ai confié le dossier et tu feras ce qu'il te dit.
- Chef! Oui chef!
Au même moment, l'animateur de café chrétien frappa à la porte du bureau de Mario avec un vieux cornet de gramophone dans les mains.
- Puis-je entrer maître?
- Ah! Mon cher animateur de café chrétien! Entrez voyons! Vous connaissez Gros Simplet je crois?
- Mais bien sûr maître. Ça tombe bien, j'ai justement une petite fringale de baffes à donner.
L'animateur déposa son cornet et s'avança vers le Gros Simplet. Il leva la main mais au dernier moment, il regarda Mario "heu... Puis-je maître?"
- Mais faites! Faites mon ami! Gros Simplet est là pour ça! N'est-ce pas Gros Simplet?
- Chef! Oui Chef!
- Merci maître... Paf!!... Paff! Slap!! Paff!... Patafff!
Gros Simplet se frotta la joue sans se départir de son sourire idiot. Malgré la douleur et les ecchymoses qu'il en tiraient, il aimait malgré tout cette attention particulière que lui portait l'équipe de l'ADQ. C'était sa seule famille et il se sentait aimé. " Mais dites-moi animateur de café chrétien, n'est-ce pas un vieux cornet de gramophone que vous avez amené là, demanda Mario?"
- En effet maître, répondit-il en se frottant la main. C'est pour mes séances de ressourcement mais je me demandais si ce n'était pas un peu trop. Je voulais avoir votre avis maître.
- Nous allons vérifier tout de suite. Gros Simplet! Aux pieds!
- Chef! Oui Chef!
- Baisse ton pantalon et penche toi un peu par en avant en prenant une grande respiration.
- Chef! Oui Chef!

Un peu plus tard, Gros Simplet arriva au bureau du tristement célèbre Colonel Ludolph-Freidrich Von Nakunegöss.
- Aaah! Krrros Simplet! Mon Kamarrraddd! Güüd to see you! Fenez! Fenez! Approchez fous! N'aillez pas peur de moi Kros Simplet! Foilà! Comme ça! Ne bougez plus.... Paf!!...Paff! Slapp! Pattatlaff!.... foilà, merci. Vous poufez maintenant prendre une chaise.
Le tristement célèbre Colonel Ludolph-Freidrich Von Nakunegöss expliqua à Gros Simplet son plan pour trouver un candidat potentiel dans Prévost. Avant de se lancer en politique québécoise, le Colonel était médecin pour une grande organisation nationale socialiste dans son pays. Après quelques légers problèmes avec la justice internationale qui l'obligèrent à changer d'identité, il alla se réfugier en Amérique du Sud où il fut recruter quelques années plus tard par Mario lui-même.
- Fous zallez me troufer n'importe qui, le premier quidam venu, je m'en tape! Et fous lui injecterez ce sérum dans les feines! Ceci güüd drogue de mon infention! Elle a pour effet de rendre l'indifidu aussi docile qu'une plante!

Voilà, c'est ce qui est arrivé à ce pauvre type. Il est depuis deux ans sous l'influence du terrible sérum du non moins terrible Colonel Ludolph-Freidrich Von Nakunegöss. Heureusement pour lui, il ne souffre pas. Au contraire, cette drogue a pour effet d'amener le patient à se prendre pour un plan de tomate. D'ailleurs regardez-le! On dirait vraiment un plan de tomate heureux! Quand la photo fut prise, il se croyait entrain de pousser en paix dans le potager ensoleillé de madame St-Cyr, la vieille servante du curé de son village.