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dimanche 18 septembre 2011

Zatoichi Best Scene

Toujours sur le même thème... voici un clip d'un fan sur Youtube. Je veux connaître le titre de cette chanson!!!

Zatoichi


Regardez la bande-annonce : http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/zatoichi,20617

Et maintenant, allez voir le film, c’est gratos: http://www.videoscourtesclic.com/film/action/regarder-films-gratuit-streaming-zatoichi

Je vous jure sur ma réputation de cinéphile que vous ne le regrettez pas. Bon d’accord, ce n’est pas en version originale, mais ça se laisse regarder facilement. C’est un excellent film d’action. Intelligent, brillant et rempli de trouvailles. Les scènes de combat sont de catégorie A1. Et comme c’est asiatique à 100%, on y trouve la touche de dépaysement culturelle propre à ce type de film. Il n’y a pas de repère ici pour nous, pauvres habitués des productions de Hollywood.

Sérieusement, c’est l’un des meilleurs films de Kung Fu que j’ai vus. Et Dieu sait que j’en ai vu des masses. Mais bon, question technique, ce n’est pas du Kung Fu vu que c’est japonais. Disons que c’est un film de karaté. Ou de Samuraï. Ou de ronin. Mais pas de Kung Fu. La photographie n’est rien de moins que splendide. Le personnage principal mérite une place dans la mythologie des films d’action.

Putain, je viens de me taper ça et j’en voudrais encore. Sanglant, mais brillant. Drôle par moments, mais tellement BD. Sincèrement, on dirait un Manga japonais qui bouge et qui produit des sons.

À voir et à revoir.

lundi 1 août 2011

葉問 Ip Man 2

J’ai vu la suite de Ip Man. Ça s’appelle Ip Man 2. Le Ip Man 2 il est pareil comme le Ip Man pas de chiffre, mais il est un peu plus vieux parce que ça se passe dans les années 50 et que forcément, c’est pas la même réalité même si, philosophiquement, Ip Man pas de chiffre et Ip Man avec un 2 restent fondamentalement les mêmes. Le 2 regarde aussi tendrement sa femme que lorsqu’il n’avait pas de chiffre sauf que maintenant, il la regarde encore plus tendrement vu qu’elle est enceinte d’une sac de sable tout rond qu’on se demande bien pourquoi le cinéma asiatique arrive à faire des scènes de cascades hallucinantes, mais sont complètement nuls pour faire des faux ventres de femme enceinte. Dans cette nouvelle histoire de Ip Man avec un 2, notre héros qui ne sait rien faire d’autre que d’ouvrir des écoles de Kung Fu décide justement d’ouvrir une école de Kung Fu à Hong Kong pour palier à son problème qui consiste à ne pas savoir qoi faire d’autre. Mais la vie est dure pour les gens avec des 2 dans leur nom quand on se trouve à être prof de Kung Fu Chinois à Hong Kong au début des années ’50. Les élèves de Kong Fu ne courent pas les rues et le Ip Man avec un 2 n’a pas le choix que d’attendre patiemment que les choses changent, mais en gardant toujours un regard tendre sur les choses de la vie. C’est à cause de la philosophie qui est dedans son Kung Fu qui veut ça. Tu viendrais lui pisser dessus qu’il te pardonnerait encore avec un sourire tendre et c’est pour ça qu’on trouve le personnage de Ip Man attachant, avec ou sans 2.

Dans cette suite, toute la perspicacité du scénario réside dans cette idée géniale et jamais exploitée auparavant dans un film de Kung Fu et qui consiste à suivre le personnage principal du film et qui est fondamentalement bon, mais qui se fait chier par tout le monde jusqu’à ce qu’il se venge, mais pas trop parce qu’il est zen dans sa tendre philosophie humaniste et qu’à la fin, tout le monde fini par comprendre que ce gars-là, ben merde, c’est pas n’importe qui vu qu’il a un 2 dans son nom écrit sur l’affiche du film. Dans le 2 justement, et vu qu’on se transporte plus de 10 ans plus tard, les méchants ne sont plus les Japonais, mais les British qui décident d’organiser des tournois de boxe truqués d’avance pour ridiculiser les maîtres de Kung Fu qui sont justement passés maîtres dans les films de Kung Fu pour se faire ridiculiser avant de casser la gueule à tout le monde juste avant que le générique ne défile, sauf le Ip man qui s’est déjà pratiqué sur la chose dans le premier film et qui, avec sa longueur d’avance, arrive donc dans le deuxième finement préparé même s’il est un peu plus vieux et qu’on voit bien qu’il ne peut pas battre le méchant aussi facilement que dans le premier, du temps où il n’avait pas de 2 dans son nom.

Dans l’extrait qu’on va voir, le Ip Man se voit dans l’obligation de confronter tous les maîtres de Kung Fu de Hong Kong pour avoir la permission de diriger sa propre école de Kung Fu et on devine bien que c’est une injustice flagrante. Avant ce combat, il vient de se farcir deux maîtres coriaces et forcément, il est un peu crevé et c’est pour ça qu’il fait match nul avec le monsieur. Sinon merde, il lui aurait cassé la gueule, mais pas trop à cause de son côté zen et tendre. Il aurait stoppé son coup de poing à un pouce du nez de son adversaire pour lui montrer qu’il aurait pu le tuer sans son putain de 2 dans son nom qui vient tout chambouler la perspective économique moderne de la Chine.

mercredi 29 juin 2011

Daniel Auteuil et Napoléon

Au cinéma, mon acteur préféré est Daniel Auteuil. Peu importe les époques et peu importe l’origine.

Dans l’histoire, mon personnage préféré est Napoléon, peu importe les époques et peu importe les origines.

Un jour, quand j’ai commencé à m’intéresser à Napoléon, je me disais que Auteuil ferait un excellent Napoléon. Quelques années plus tard, un réalisateur italien (Paolo Virzi) a réalisé mon fantasme, mais ce putain de film n’était pas disponible au Québec. Je viens de le voir ce soir en streaming sur le web, 5 ans après sa sortie en salle. Il date de 2006 et j’avais raison: La combinaison est tout simplement géniale. En plus, comble de bonheur, c’est une comédie italienne, c’est à dire remplie de cynisme et de petites trouvailles émotives que seuls les Italiens parviennent à rendre au cinéma.

Voici le lien qui vous permettra de regarder ce film :

http://www.videoscourtesclic.com/film/comedie/regarder-films-gratuit-streaming-napoleon-et-moi

Et en plus, il y a Monica Bellucci que c’est toujours agréable de regarder être belle au cinéma, même dans les films mauvais qu’elle ne fait jamais.


samedi 28 mai 2011

Ip Man

Sinopsis du film The Ip Man...


C’est l’histoire du Ip Man. Le Ip Man, ce n’est pas n’importe qui. Il s’entraîne au Kung Fu, il boit du thé et mange des trucs toute la journée en roulant ses manches de chemises chinoises qu’on se demande bien comment il fait pour ne pas les laisser traîner dans sa tasse de thé. Le reste du temps, il regarde sa femme en souriant tendrement et il regarde son fils en souriant aussi tendrement. Mais sa femme trouve qu’il ne passe pas assez de temps avec son fils même s’il le regarde toujours tendrement. Son fils qui lui dessine des trucs qu’il ne prend même pas la peine de regarder tellement le Ip man est occupé à boire du thé et à pratiquer du Kung Fu avant de manger des trucs très lentement avec ses mains tout en le regardant tendrement.

Le Ip Man a une vie très occupée à force d’être zen et à regarder tendrement tout le monde qu’il bat tendrement.

Le Ip man est zen et ça parait juste à la manière dont il regarde tendrement son thé tout en laissant tremper tendrement ses manches sur son fils avant de manger tendrement des trucs pendant que sa femme dessine tendrement des machins que personne ne regarde tendrement parce qu’on a tendrement perdu le scénario quelque part.

C’est là qu’on comprend qu’on regarde un film 100% chinois avec plein de symbolisme bushido dedans qu’on se demande bien comment ils font pour vivre des vies aussi zen malgré qu’ils n’ont pas la sécurité sociale et qu’ils mangent du riz avec même pas de légumes dessus.

À la ville, tout le monde possède une école de Kung Fu, c’est une sorte de spécialité locale qui se perpétue de fils en père. Sauf le Ip Man et on se demande vraiment pourquoi parce que le Ip Man, il bat tout le monde d’une seule main et même avec pas de main parfois, quand il ne sait pas trop s’il doit tendrement taper ou non sur ses adversaires. Même les maîtres des écoles de Kung Fu de la ville de Chan qui se trouve juste à côté de la maison du Ip Man y passent un par un et c’est pas pour me vanter, mais j’ai regardé ce film en tripant comme un malade tellement je voulais être le Ip Man quand je serai grand. Dans le film tout le monde veut apprendre le Kung Fu de Ip Man mais Ip Man, et encore une fois on ne sait pas trop pourquoi, il s’y refuse jusqu’à ce que la guerre éclate et que les Japonais envahissent la Chine et se banlieues. Arrive alors une famine dans laquelle tout le monde a faim et le Ip Man n’a pas le choix de manger des patates à force de pousser des chariots de charbon. Arrive ensuite un général Japonais qui est vraiment une brute au niveau du karaté japonais et qui se met dans la tête de faire des tournois contre les maîtres Kung Fu de la ville de Chan qui se trouve juste à côté de la maison du Ip Man juste pour les défier pour montrer que le peuple Japonais est plus fort que celui des Chinois. Ils donnent un sac de riz à chaque Chinois qui parvient à gagner une bataille, mais le Ip Man y veut pas se battre parce qu’il est zen et que pour lui, vaut mieux un patate durement gagnée à pousser des chariots de charbon qu’un sac de riz gagné à force de taper sur le nez d’un Japonais. La philosophie dans tout ça c’est que les Japonais, et malgré le fait qu’ils flinguent tout le monde et surtout les Chinois, juste pour le plaisir, ils sont quand même des humains quelque part et que c’est pas de leur faute s’ils sont un peuple de barbares et de sanguinaires. Le Ip Man y comprend tout ça dans son esprit zen et c’est pour ça qu’il se refuse de cogner gratuitement sur des Japonais même s’ils sont barbares et sanguinaires de père en fils depuis le début de la création. Mais arrive un moment où le pote du Ip Man se fait tuer traîtreusement dans un tournoi de bataille contre les Japonais et là, le Ip Man y décide que ça suffit. Que c’est bien beau les affaires zen avec plein de philosophie dedans, mais arrive un moment où y faut assumer ses qualités de maître de Kung Fu sinon merde, on se demande où irait le monde sans justicier sans peur et sans reproche pour nous sauver le cul. Et c’est là qu’on est rendu au moment où vous allez voir ce clip. Le Ip Man, il est furieux d’être en colère et pour se venger de la mort de son pote, il décide de prendre 10 Japonais au hasard et de leur faire leur fête.


Moteur... Action!!!


mardi 17 mai 2011

Leçon de cinéma

Puisque vous avez été gentils pendant mon absence, on va jouer à un jeu. On va étudier l’apport de la trame sonore dans la dynamique dramatique au cinéma. Voici un clip. Vous allez d’abord le regarder une fois en coupant le son. Puis repassez-le une seconde fois, mais en mettant le volume au max.

Ne trichez pas. Allez-y. J’attends.




Alors?

Ça fesse dans l’dash comme on dit n’est-ce pas?

Vous venez d’assister à l’une des plus belles scènes finales de toute l’histoire du cinéma . Mais qu’aurait été cette scène sans la musique? Ou une autre musique?

On a ici une combinaison sublime entre l’image et la musique. Une complicité parfaite.


Écoutez cette trompette bordel de merde!!!

Quelle intensité! Quelle émotion! Une superbe montée dramatique sonore!

Et puis ces images!


Symbolisme: Apparition divine. Dans le chaos funeste surgit la lumière salvatrice. Le vent de la justice souffle sur un monde corrompu par le péché. Vision manichéenne de Sergio Leone : Le bien et le mal se confrontent dans l’apothéose. L’ange vengeur incarné par Clint Eastwood décide de descendre jusqu’en enfer pour châtier les démons et sauver le juste martyrisé. (Arrêtez moi ciboire!!)


Observez le mouvement de Clint Eastwood à 1 min 10 s... ce déplacement de front vers la caméra... caméra qui est posée au sol. Il marche et s’avance jusqu’à ce que l’écran ne montre plus que ses pieds. Puis coupe! On enchaîne sur un plan identique, mais cette fois sur les pieds du méchant. Puis coupe encore et on passe aux pieds de Eastwood immobiles (la détermination tranquille!) Puis coupe à nouveau et retour sur les pieds du méchant qui se déplacent et qui sont suivis des pieds des autres méchants qui vont se placer pour l'ultime confrontation.


Des pieds en gros plan ostie de sacrament!!!! Juste des osties de pieds! Personne n’avait pensé à ça avant Leone.

Juste avec cette petite séquence (une parmi des dizaines dans ce film devrais-je dire) tournée en1963, le cinéma venait d’entrer dans la modernité que nous connaissons maintenant.


Maintenant allez en paix mes enfants et appréciez le cinéma italien.

samedi 12 mars 2011

Annie Girardot

Annie Girardot est décédée la semaine dernière. Je n’ai pas eu le temps d’en parler. Mais je voulais le faire pour lui rendre un hommage bien mérité. Elle a été très importante pour moi quelque part dans l’adolescence alors que je m’ouvrais à la passion du cinéma.


Au coin de la rue où nous habitions, il y avait un cinéma. Ma mère me payait chaque semaine le prix d’entrée pour les films du weekend dont les programmations étaient pour un auditoire plus jeune et parfois elle payait aussi pour la programmation de soirée en semaine qui était pour grand public.

C’est pendant ces années que j’ai développé mon amour pour le cinéma. Tous les films français des années ’70, l’âge d’or du cinéma à moyen budget, je les ai vus là. En fait, je me moquais de ce que j’allais voir et mon plaisir était tellement grand que juste le fait de me retrouver dans une salle de cinéma comblait mon bonheur. Le film qu’on y projetait ne m’importait peu. J’étais et je suis resté un bon public. J’aime tout pourvu que ça soit fait avec coeur et passion. Je peux passer sans transition d’un film de Jackie Chang à un Bergman avec la même passion.

C’est comme ça.


Annie Girardot.

C’est elle qui m’a donné la première vraie leçon d’acteur. Ça se passait en 1975 et j’avais 12 ans. C’était pendant le visionnement du film Docteur Françoise Gaillant. Pour la première fois de ma vie, et bien que j’avais vu déjà bon nombre de films, je m’étais arrêté sur le jeu d’une actrice. Je veux dire qu’elle m’avait subjugué au point où j’en avais oublié la trame du film. Son interprétation m’avait complètement sonné. Elle y était si forte qu’elle écrasait tout le reste.

Enfin, m’avait-il semblé.

Je n’ai jamais revu le film depuis et peut-être le verrais-je aujourd’hui avec des yeux différents. Peut-être même en serai-je déçu. N’empêche, je garderai toujours un souvenir impérissable de ce moment-là.



jeudi 10 mars 2011

Des saucisses, quelque part dans la nuit

...( Trois paragraphes censurés précédaient cette partie)...


Je sais que ce n’est pas un texte rigolo, mais c’était ça ou vous parler de mes saucisses que j’ai mangées en regardant un sympathique Jackie Chan. (Thunderbolt, qui n’est certainement pas son meilleur, mais qui contient, comme toujours, certaines scènes très rigolotes et spectaculaires...) Avouez que vous êtes épatés. Je suis en effet le seul blogueur au nord du Rio Grande et à l’est de Pecos qui peut vous parler en bien autant de Jackie Chan que de Vittorio de Sica. C’est que moi, vous savez, je ne prends pas le cinéma pour un truc d’intello. Je suis même le meilleur public au monde. Il faut vraiment que le film soit pourri pour que je déteste. J’ai même détesté dans ma vie de très grands films, comme par exemple Un Thé au Sahara de Bernardo Bertolucci que j’ai trouvé immensément pompeux et débordant de prétentions mal placées. Une longue et interminable branlette cinématographique. Mieux vaut de petites choses sympathiques et faites avec coeur et passion comme n’importe quel film de ce bon vieux Jackie.


Bon, je vais me coucher. C’est que j’ai une grosse journée demain. ... (la dernière phrase est censurée) ...

samedi 26 février 2011

Gojira Vs Agarena Cabernet Sauvignon-Tempranillo

http://www.youtube.com/watch?v=9Z40Msk2jys&feature=related


Gojira (ou Godzilla pour les non-Japonais que nous sommes), film de 1954. Réalisé par le légendaire Ishirô Honda. Le premier film de monstre japonais. Forcément, le premier Godzilla aussi. Sans contredit le meilleur. Son aspect lugubre et angoissant le démarque de la pléthore de remakes médiocres et benêts qui s’échelonneront sur plus de 50 ans.

Un peu comme les Rocky quoi. Le premier est un accident génial. Les autres qui suivront ne seront qu’une succession de pressage de citron inintéressant et totalement stupide.

Si vous vous amusez à chercher les notes données par les plus grands critiques de cinéma, vous découvrirez que ce film les rend tous fous. Les variations vont en effet de pur navet à pur chef-d'oeuvre. Rien de moins les enfants.

En fait, ce film est un intéressant exercice pour la formation des jeunes critiques de cinéma.

On ne peut pas comprendre la portée traumatique de ce film si on tente de l’analyser uniquement sous son aspect artistique. Ce film est beaucoup plus que ça. C’est un stigmate cinématographique de l’horreur causé par Hiroshima et Nagasaki. En fait, c’est moins un film qu’une tentative inconsciente d’exorciser l’apocalypse nucléaire vécue par les Japonais lors des deux bombardements atomiques. (Attention cependant. Ce film n’est sorti que deux ans plus tard aux USA avec un montage remanié pour y inclure une vision américaine du sujet. Le résultat est désastreux et les scènes retouchées deux ans plus tard mettant «en vedette» Raymond Burr sont totalement stupides. Avant de regarder ce film, assurez-vous que vous avez la version japonaise de 1954.)


Gojira est le produit d’un accident causé par un essai nucléaire sous marin. (Message gros comme le bras ici) Il se réveille après 2 millions d’années (autre message: force toute puissante sans intelligence... préhistorique...) Il sort de l’océan et attaque l’île du Japon. (Autre message : ennemi terrifiant venu de l’horizon. On entendrait presque ronronner au loin le moteur du bombardier Enola Gay ici) Il se met à tout péter sur son passage et est tout puissant. Imbattable. Les dommages causés sont apocalyptiques. (Message on ne peut plus clair : Hiroshima, Nagasaki) Le seul qui possède la possibilité de le tuer est un scientifique humaniste qui a découvert une arme encore plus terrifiante que la bombe nucléaire. Va-t-il utiliser sa découverte pour tuer le monstre? Si oui, sa découverte risque de tomber entre les mains de personnes peu scrupuleuses qui en feront assurément une arme contre les humains. Mais s’il ne l’utilise pas, fichtre! Des milliers d’humains mourront. Bon Dieu, mais que faire??? (Message: Dilemme moral ici qui renvoie directement aux scientifiques sous les ordres de Oppenheimer ayant travaillés à la création de la Bombe sur le projet Manhattan.) Après un long questionnement, il décide d’utiliser sa découverte une seule fois, question de sauver l’humanité juste après le souper et avant les infos de fin de soirée. La routine quoi. Après cette formalité accomplie, il brûle ses papiers et se suicide. Mais est-ce vraiment la fin? Pas certain puisque le film se termine sur les propos on ne peut plus nébuleux du vieux professeur qui affirme en regardant droit la caméra (ou presque) que tant qu’il existera des essais nucléaires sur la planète, d’autres Gojira risquent de renaître ici et là sur le monde. (Message à l’humanité: Pour la survie de notre espèce, plus jamais de Hiroshima svp!)


Film noir et blanc avec de jolis contrastes. Une trame sonore ahurissante qui a très certainement fait frémir les cinéphiles préhistoriques de 1954. Une représentation d’un Japon qui hésiterait entre l’américanisation forcée et son histoire ancestrale. Le jeu des acteurs n’est pas toujours au top niveau, mais cela ajoute un je ne sais quoi de sympa à la sauce. Les scènes de démolition des villes se déroulent toujours la nuit, ce qui gomme efficacement certaines imperfections qui passeraient moins bien à l’écran sous un éclairage de jour. J’ai adoré revoir ces petits modèles réduits de voitures et de bateaux qui se font démolir. Pour les plus jeunes, sachez que même quand nous étions petits, nous n’étions pas dupes pour autant. Ces artifices nous faisaient débander par leur aspect petit budget cheapo. Mais aujourd’hui, je trouve ça tout à fait charmant et j’en redemande en applaudissant des deux mains (Parce que bon, applaudir d’une seule main, c’est pas aussi facile qu’on pourrait le penser. Essayez pour voir et vous m’en reparlerez demain à la cafétéria).


J’ai regardé ça en mangeant un ragoût de boeuf que j’ai cuisiné moi-même avec mes petits doigts parce que je n’ai plus de blonde depuis au moins 300 ans qui pourrait cuisiner pour moi. Avec ça, une salade de couscous avec tomates, poivrons verts, brocoli + assaisonnement artisanal importé de la Corse et offert dans des petits pots par M... lors de son dernier voyage. Une goutte d’huile d’olive. Sel, poivre. Vin d’accompagnement : Agarena. Cabernet Sauvignon et Tempranillo. Espagne. Pas un grand vin, mais à $8 et des poussières, c’est très très très très correct. Surtout pour boire pendant un film de monstres. Les films de monstres et les vins cheapettes espagnoles, il me semble que ça va très bien ensemble. C’est pas comme les salades de couscous. Car ça ne parait pas comme ça, mais une salade de couscous, ça bourre en criss. Surtout vers la fin. Et justement, j’ai pas été foutu de la terminer. Je sais que ça vous intéresse et c’est pour ça que je m’empresse de vous en parler avec autant de détails.

C’est comme ma dent et mes hémorroïdes, des sujets de fond qui emballent les milliers de lecteurs de ce blogue.

Si j’étais réalisateur de films de monstres japonais, je me ferais un petit film sympa dont le sujet ferait sérieusement questionner la société. Ça serait l’histoire très poignante d’un type qui souffre d’hémorroïdes. Un jour, après un examen du cul qui aurait mal tourné, les hémorroïdes du mec auraient profité d’un moment d’inattention du docteur pour s’échapper de la salle d’observation et aller se planquer dans un conteneur stocké dans le vieux port de Montréal et déchargé là par un bateau en provenance de Moscou. Manque de chance, le conteneur contiendrait des déchets radioactifs qui, en contact avec les hémorroïdes, auraient provoqué une inflammation titanesque desdites hémorroïdes. Une heure plus tard, les voilà-t-y pas aussi grosses que la place Ville-Marie. Elles se mettent alors à tout démolir et l’armée canadienne ne sait plus quoi faire de ces hémorroïdes géantes qui dévastent tout sur leur passage sans même prendre la peine de s’essuyer les pieds avant d’entrer chez l’habitant. Un type arrive, un scientifique spécialiste du cul qui aurait découvert une arme secrète pour tuer les maux de cul du monde entier. Mais il se confronterait à un problème moral immense. Devrait-il en effet utiliser sa découverte pour tuer des hémorroïdes géantes qui passent leur temps à manger les antennes plantées sur le top de la croix du Mont-Royal en sachant très bien qu’un jour, des personnes mal intentionnées pourraient utiliser sa découverte à des fins guerrières? Sans parler qu’il doit en même temps se confronter à son vieux professeur qui ne demanderait pas mieux que de préserver les hémorroïdes pour les étudier plus en profondeur et qui sait, pouvoir du même coup les réinsérer socialement. On nage ici en plein drame social et j’ai beau me pencher plus en avant sur le scénario, je n’arrive pas à le terminer tellement c’est poignant d’émotivité.

jeudi 17 février 2011

Le voleur de bicyclette

On regarde Le Voleur de Bicyclette de Vittorio De Sica (1948) comme on boit un grand vin. C’est à dire en prenant le temps de déguster chaque scène et en oubliant tout le reste. (L’hiver, les factures, le travail, etc.)

Faut pas tomber dans le piège des intellos quand on regarde ce film et se prendre la tête à deux mains pour y trouver du symbolisme à chaque scène sous prétexte que cette oeuvre est classé comme l’un des 10 meilleurs films de tout le temps. Il faut le regarder pour ce qu’il est : une histoire!

D’ailleurs, la trame est d’une simplicité désarmante: Un chômeur sur le point de se sortir du marasme se fait voler sa bicyclette. Accompagné de son fils, il passera le jour suivant à tenter de retrouver le voleur.

Mais encore une fois, tout est dans le traitement et c’est justement là la force de De Sica. Il se sert d’une action en apparence banale (le vol d’une misérable bicyclette) pour insuffler au récit une progression dramatique qui culminera à une finale d’anthologie. Le tout est enrobé dans une facture extrêmement nouvelle pour l’époque et que les intellos justement désigneront plus tard sous la sympathique dénomination de «néoréalisme italien».

Et c’est quoi le néoréalisme italien? Les mêmes intellos vous diront que c’est l’abondance des scènes extérieures, l’embauche de comédiens inexpérimentés, l’éclairage naturelle et tutti quanti.

De Sica lui, ne savait pas qu’il faisait du «néoréalisme italien» au moment où il a donné ses premiers coups de manivelle. Tout ce qu’il savait par contre c’est qu’il avait un budget dérisoire et qu’il devait se démerder avec ce qu’il avait sous la main pour tourner son film. C’est à dire l’utilisation maximale de scènes extérieures pour économiser sur la location de studio, embaucher des comédiens inexpérimentés pour la même raison, se servir de l’éclairage naturelle encore pour la même raison et tutti quanti.

On aurait pu appeler ça un génial film de fauché mais ça ne faisait pas assez branché pour la critique intello.

Alors on a opté pour le «néoréalisme italien».

Sans le savoir, De Sica inventait ainsi un esthétisme qui allait profondément marquer le cinéma et dont les influences se feront encore sentir jusqu’à nos jours.

C’est le propre des inventeurs de ne pas savoir qu’ils sont en train d’inventer.

Allez, on se fait un petit cinéma?

http://www.youtube.com/watch?v=FZm7WuIVPtM&feature=related

Du coup, ça me ramène aux 400 Coups de François Truffaut. Trouvez pas qu’il y a en effet un je ne sais quoi de parenté entre les deux?

http://www.youtube.com/watch?v=i89oN8v7RdY&feature=related

Forcément, Truffaut n’a pas pu échapper à l’influence de De Sica puisqu’il était exactement dans les mêmes dispositions monétaires quand il a tourné son film. On aurait pu appelé ça un génial film de fauché mais ça ne faisait pas assez branché pour la critique intello.

Alors on a opté pour «La nouvelle vague».

C'est quoi déjà le nom de ce film?

Je cherche le titre d’un film depuis au moins une heure. En fait, c’est un documentaire sur le Paris Occupé. Le film est monté à partir des «actualités» qu’on passait entre deux représentations dans les salles cinémas des années ’40. Le réalisateur s’est servi de ces archives pour illustrer l’occupation sous Paris. Mais le coup de génie réside dans la narration. En effet, tout au long du documentaire, on entend une voix off lire les passages du journal personnel de Dietrich von Choltitz, commandant en chef des armées allemandes à Paris.

Attention, ne pas confondre le film que je cherche avec Paris brule-t-il? de René Clément. Ce n’est pas du tout la même chose.

Bon, si vous le trouvez, prière de me le faire savoir parce que je suis en train de devenir fou.

mardi 15 février 2011

Yojimbo

Revu ce soir Yojimbo, ce chef d’oeuvre de Akira Kurosawa qui a inspiré trois ans plus tard Pour une poignée de dollars de Sergio Leone. Même après 50 ans, ce film se laisse toujours regarder avec un plaisir sans fin. Comme le bon vin, les grandes créations cinématographiques prennent encore plus de saveurs avec les années.

Humour noir à profusion, mise en scène teintée d’une théâtralité à la limite de l’exagération, scénario puisant ses inspirations dans les sombres profondeurs de l’âme humaine, Kurosawa signe avec Yojimbo une oeuvre intemporelle qui jamais ne prendra une ride.

Le cinéma est un art majeur au même titre que le théâtre. Bien que ce dernier existe depuis la nuit des temps, (depuis la Grèce antique je crois... mais je peux me tromper... pas envie de faire des recherches ce soir...le théâtre n’est pas mon domaine) depuis la nuit des temps disais-je, le cinéma n’en a pas moins accouché de nombreux génies qui peuvent se comparer sans pudeur aucune aux plus grands auteurs de théâtre ancien et moderne. Filmer des gens qui bougent et qui parlent est la portée de tous. Mais faire ça : http://www.youtube.com/watch?v=hG-bIljVFLw c’est une autre histoire. Observez le traitement de la lumière lors des plans «extérieurs», cette maîtrise exceptionnelle du noir et du blanc, regardez ce plan magnifique à la 46e seconde de ce clip, lorsque le personnage quitte la maison et se met à courir... la caméra est presque au niveau du sol tandis que le haut et le bas de l’écran sont baignés dans l’obscurité. Seul le centre de l’image est éclairé à l’endroit précis où le personnage se déplace. C’est tellement beau! Quand le personnage disparaît de l’écran, un autre fait son entrée en ouvrant une porte, créant du même coup une deuxième source de lumière sur laquelle il va mettre les pieds pour défier Sanjuro (le samuraï). Mais ce dernier, sans aucune hésitation, s’y lance comme un papillon de nuit attiré par la source de cette lumière tout en éliminant l’obstacle humain au passage.


Et puis pour vous amuser tout en vous instruisant, voici deux autres clips piqués sur YouTube et qui montrent les comparaisons entre Yojimbo et Pour une poignée de dollars. Allez-y, c’est gratos.


http://www.youtube.com/watch?v=-sYfIqouMAE&playnext=1&list=PL5C8B059A7E79912B



http://www.youtube.com/watch?v=AE5R_W-PNSg&feature=autoplay&list=PL5C8B059A7E79912B&index=26&playnext=2

lundi 25 février 2008

Ça me démange...

De choses et d'autres ce soir. Question de terminer mon petit vin argentin sans me prendre au sérieux.
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C'est le temps de l'année où ça commence à me démanger grave. Je parle des truites et des brochets. Je crois que je vais aller me faire une petite pêche sur la glace prochainement pour me dégourdir un peu. Question de ne pas perdre la forme.
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No country for old man des frères Cohen a gagné l'oscar du meilleur film ce soir. (Yes!!!) Daniel D Lewis (Oh! Quelle surprise! Ce mec est un dieu. L'incarnation de l'Acteur en une seule personne.) celui du meilleur acteur et Marion Cotillard celui de la meilleure actrice. Mine de rien, elle vient de frapper le Grand Slam avec l'Oscar, le Golden Glob, le Bafta (British Academy of Film and Television Arts) et le Cesar. Première Française à gagner l'Oscar depuis Simone Signoret pour Room at the Top en 1960. Bonsoir mesdames et messieurs, cette actrice est lancée pour la vie!
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Dans un texte précédent, je parlais du Droit à la Paresse de Paul Lafargue écrit en 1880. Ô coïncidence, voici un texte du Devoir de ce samedi qui parlait précisément de la même chose: http://www.ledevoir.com/2008/02/23/177424.html Pas con le mec. Il explique que l'essai de Lafargue est tout à fait pertinent en ces temps de surconsommation. Par exemple, que si le reste du monde consommait les richesses du globe au même rythme que nous, les aisés de l'hémisphère Nord, ça prendrait trois planètes comme la nôtre pour satisfaire les besoins de chacun. Que tôt ou tard, nous n'aurons pas le choix de réviser notre conception du travail. Qu'il en va de la survie de l'espèce humaine. Texte à lire et à méditer.
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Brochet... je veux pêcher des brochets! Sillonner les aurores et laisser mon leurre d'argent percer les surfaces planes des lacs perdus . J'en ai marre d'attendre!

dimanche 17 février 2008

Tom Joad

The Grapes of Wrath (Les Raisins de la Colère) est un film - adapté du roman de John Steinbeck - qui porte sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Une charge en règle contre toutes les valeurs du système américain et courageusement tournée par John Ford en 1940 alors que justement, l'Amérique était sur le point d'entrer en guerre pour défendre ces mêmes valeurs.
Après avoir vu sa famille se faire exproprier de leur ferme par la compagnie qui possède les terres, Tom Joad accompagnera les siens dans un long et pénible périple vers la Californie dans l'espoir de trouver du travail. C'est le mythe de la terre promise, une quête épique tournée comme un road movie, le premier je crois de l'histoire du cinéma. (Je me trompe peut-être cependant.)

Ce film à l'humanisme profond est vu par beaucoup comme un plaidoyer en faveur du communisme et Hollywood ne pourrait plus tourner un film comme ça aujourd'hui. Impossible! Le mec qui s'y risquerait, il finirait sa carrière dans les prisons de Guantanamo avec une cagoule sur la tête et des fils électriques solidement branchés sur les testicules. Il faut voir toute la séquence des briseurs de grève pour pleinement comprendre qu'on ne parle pas ici d'une simple critique de la société américaine, mais carrément de son atomisation complète. Une décapitation sévère du fondement même de sa pensée et de son système. Wouuaaaah! C'est pas une caméra qu'avait dans les mains Huston, mais une Kalachnikov chargée à bloc! Comment diable ce mec là ne s'est pas retrouvé au chômage dix ans plus tard quand le Maccarthisme et sa chasse aux sorcières faisait rage?

Le génie de Steinbeck (vous me suivez toujours? Steinbeck écrit, Huston tourne) consiste à faire passer son message par le personnage de Tom Joad, rustre mais fondamentalement bon, honnête ouvrier de ferme, inculte, qui sait à peine lire et écrire et qu'on devine incapable de comprendre les tenants et aboutissants de son époque. Mais par les injustices et les iniquités vécues tout au long de son existence, il prendra peu à peu conscience de l'état de servitude dans lequel lui et ses semblables semblent condamnés.
Cet éveil d'une conscience social s'exprimera en lui par une colère grandissante qui menace d'exploser. Le Tom Joad du roman - ou du film - représente l'exploité planétaire et sa colère est ce que Steinbeck laisse entendre comme étant l'aube d'un nouveau monde qui se pointe. (Un peu comme le Germinal de Zola) On revient donc au mythe de la terre promise.... (ouf!... pas mal pour un mec qui vient de descendre un merveilleux Corbières à 13% d'alcool...et dire que je voulais parler ce soir de la sympathique serveuse du Café M..., celle qui a de gros seins et qui n'hésite pas à vous les mettre sous le nez quand elle déssert votre table. Sujet plus léger, certes, mais combien fascinant.)

On a droit dans ce film à quelques moments d'anthologie de Gregg Toland, le directeur photo, le même qui allait travailler sur Citizen Kane un an plus tard avec l'époustouflant résultat que l'on connaît. Cette longue scène entre autre qui n'est éclairée que par une chandelle. Avec les moyens de l'époque, sans artifices ni retouches numériques, avouez que c'est vachement bien fait. On y voit des influences indéniables à Georges Delatour. Pour le plaisir, je place ici quelques toiles du peintre à côté de ces images sorties du film. Constatez le parallélisme.











À noter dans ce film le rôle du prêcheur excentrique tenu par John Carradine, papa de David. C'est lui dans la scène suivante qui houspille contre les fiers-à-bras payés pour tabasser les grévistes. Il se bouffera un coup de gourdin sur la tronche, ce qui aura pour résultat de faire péter des plombs à Tom Joad qui ne ratera pas de casser le crâne à l'un de ces salauds, comme on peut le voir sur la photo de droite. Faut pas gonfler Tom Joad quand il y a une grève qui tourne mal.

C'est décidé! Moi, quand je serai grand, je serai Tom Joad!











À noter aussi que Bruce Springsteen (l'autre nom pour désigner Dieu) s'est inspiré du roman pour en faire une chanson mémorable, transposant le mythe de Tom Joad chez les Mexicains qui au péril de leur vie, franchissent par centaines chaque jour la frontière américaine dans l'espoir de trouver une vie meilleur. Voici d'ailleurs les paroles de cette chanson:


The Ghost of Tom Joad

(Bruce Springsteen.)

Men walkin' 'long the railroad tracks
Goin' someplace there's no goin' back
Highway patrol choppers comin' up over the ridge
Hot soup on a campfire under the bridge
Shelter line stretchin' round the corner
Welcome to the new world order
Families sleepin' in their cars in the southwest
No home no job no peace no rest

The highway is alive tonight
But nobody's kiddin' nobody about where it goes
I'm sittin' down here in the campfire light
Searchin' for the ghost of Tom Joad

He pulls prayer book out of his sleeping bag
Preacher lights up a butt and takes a drag
Waitin' for when the last shall be first and the first shall be last
In a cardboard box 'neath the underpass
Got a one-way ticket to the promised land
You got a hole in your belly and gun in your hand
Sleeping on a pillow of solid rock
Bathin' in the city aqueduct

The highway is alive tonight
But where it's headed everybody knows
I'm sittin' down here in the campfire light
Waitin' on the ghost of Tom Joad

Now Tom said "Mom, wherever there's a cop beatin' a guy
Wherever a hungry newborn baby cries
Where there's a fight 'gainst the blood and hatred in the air
Look for me Mom I'll be there
Wherever there's somebody fightin' for a place to stand
Or decent job or a helpin' hand
Wherever somebody's strugglin' to be free
Look in their eyes Mom you'll see me.

The highway is alive tonight
But nobody's kiddin' nobody about where it goes
I'm sittin' downhere in the campfire light
With the ghost of old Tom Joad

Bon, c'est pas tout ça. Je dois aller me coucher parce que je travaille demain.

dimanche 10 février 2008

Les 400 coups.

Je le répète, je le sais bien, mais nous vivons dans un monde bien étrange. J'en ai pour preuve que j'ai trouvé aujourd'hui une copie DVD neuve de Les 400 Coups de François Truffaut pour même pas 20$ alors que tout autour, les étales étaient remplies de merdes américaines qui se détaillaient à plus de 25$. Et puis en fouillant bien comme il faut, j'ai aussi trouvé The Grapes of Wrath de John Huston pour.... 7.99$ (!!!) tandis que sur le présentoir d'à côté, Le Pirate des Caraïbes se vendait à 29.99$.


Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Comment diable le coût total de 2 des films les plus importants du dernier siècle puisse être plus bas que celui de ce léger divertissement mettant en vedette Johnny Depp? Est-ce que cela veut dire que Truffaut et Huston combinés soient moins important dans l'histoire du cinéma que Gore Verbinski, cet honnête tâcheron hollywoodien dont la filmographie ne comporte que la série des Pirates et Le Cercle, vulgaire remake américain d'un méga succès planétaire japonais?


Je sais, pour un cinéphile, c'est chouette de voir que l'insipidité est pénalisée par des prix prohibitifs. Mais d'un point de vu strictement sociologique, cela veut dire que c'est cette même insipidité qui est recherchée par la clientèle. Il y a quelque chose de franchement désolant là-dedans.
Mais bon, pour une fois que la loi du marché est de notre côté, on ne va pas s'en plaindre.


Allez les zoufs! Continuez à consommer de la merde! Pendant ce temps-là, nous on se tape du vrai cinéma pour presque rien! Yoouuupiiiiii!!!!
(Que dieu bénisse les cons!)

Aux Halles d'Anjou, j'ai trouvé un gros morceau de fromage de chèvre cendré pour 0.97$ Je croyais que c'était une erreur d'étiquetage et j'étais bien décidé à me battre avec la caissière pour l'obliger à me le laisser à ce prix. Mais surprise, c'était le bon prix. Il était en liquidation parce qu'une petite mousse de pourriture commençait à en recouvrir la surface ici et là.
- Et c'est pour ça que vous le vendez à ce prix?
- Oui mais il est encore bon vous savez, me dit la caissière pensant que cette enivrante pourriture me répugnait.

Chouette! Comme pour les films de Truffaut, on décide maintenant de baisser les prix sur le fromage quand il arrive à maturité! Moi, je ne demande pas mieux et j'y retournerai souvent, c'est certain. C'est trop cool!
Au reste, il était délicieux ce fromage. Je me le suis bouffé avec des saucissons salés et un petit Cahors sympathique. J'avais déplacé mon ordi sur la table de cuisine et je me suis regardé Les 400 Coups en mangeant. J'ai connu des dimanches soirs pires que ça dans ma vie.

jeudi 7 février 2008

Les méchants.


Dans la vraie vie, ça serait chouette si les méchants étaient tous comme eux.

Imaginons par exemple que ces types représentent l'ensemble des casse-pieds qui nous rendent le quotidien parfois bien difficile à vivre.


Et que nous, payeurs de taxes moyens, nous aurions ce genre de dégaine.



On commencerais par se payer le patron...


Puis le percepteur d'impôts...


... et suivrait l'enculé qui a voté pour Mario Dumont...


... le sympathisant Pro-Vie...




... son pote pro-peine de mort...

... le propriétaire...


... et puis finalement tout le gouvernement au complet mais en se gardant le ministre des finances pour la fin. Ça serait bien la vie non?

mardi 5 février 2008

Ma psy et Sergio Leone

J'avais un rendez-vous avec une femme ce soir. Ma psy. Une sympathique dame qui m'écoute parler pendant une heure par semaine. Même que parfois, elle semble tellement intéressée par ce que je raconte qu'elle ne peut s'empêcher de prendre de notes.
C'est chouette une femme qui prend des notes quand on parle. L'impression que plus rien n'existe dans sa vie que vous.
Je lui peins mes angoisses et mes tourments sous une impressionnante palette de couleurs existentielles qu'elle capte au vol en les couchant sur son petit calepin noir qu'elle tient nonchalamment sur ses cuisses de psy. Peur de la mort, peur de vieillir, peur de devenir conservateur, peur d'avoir peur...
Elle ne dit presque rien et me laisse délirer pendant tout le temps qu'il m'est accordé. Quand elle parle, ce n'est que pour me relancer ici ou là, me forçant à emprunter un chemin esquissé par un mot ou une phrase échappé de ma bouche. Par moment, j'ai l'impression qu'on forme un vieux couple elle et moi.

- Pourquoi avez-vous si peur de vieillir?
- Globalement, parce que ça me rapproche de la mort, eh! C'est logique il me semble non?
- Mais on y passe tous, vous savez.
- Ah ouais? Vraiment? Quel constat! 5 années d'études universitaire et 20 années de pratique en psychologie pour en arriver à un tel diagnostique? Et c'est tout ce que vous avez à me dire pour me soulager? Putain mais y a combien de vos patients qui finissent par s'ouvrir les veines après leur thérapie?
- Ne m'insultez pas voulez-vous!
- Et vous, ne me découragez pas d'avantage en me dessinant par trop concrètement l'inexorable finalité de l'homme! Je suis très bien capable de le faire par moi-même et c'est d'ailleurs précisément pour ça que je suis ici, pour que vous m'aidiez à me sortir de la tête toutes ces idées noires qui me bouffent ma quiétude et qui m'empêchent de respirer normalement la nuit, quand je me couche.
- Je n'ai pas de recettes miracles et vous devrez y mettre un peu du vôtre. D'abord, il faudrait commencer par apprécier ce que vous avez.
- Justement, j'ai 44 ans et je n'apprécie pas du tout.
- Je ne parlais de votre âge!
- C'est pourtant tout ce que j'ai.
- Vous êtes en santé, vous avez vos deux bras, vos deux jambes, vous avez un travail, des amis, des passions...
- Pfff... j'ai aussi un énorme vide dans mon compte bancaire, une voiture dont la chaufferette ne fonctionne plus, une voisine qui parle toute seule dans son logement, un grand lit vide et puis aussi quelques crises d'hémorroïdes biens senties.

En sortant de son bureau, et comme je ne savais pas comment passer le reste de la soirée, je me suis dirigé vers les Halles d'Anjou où j'ai été glandouiller devant les étales colorées de CD, de livres et de DVD de chez Archambault. Me suis acheté un CD de John Coltrane (Stardust, que je suis entrain d'écouter) et puis une compilation des meilleurs morceaux de Benny Goodman. Mais j'ai surtout trouvé une copie du film Il était une fois dans l'Ouest pour 6.00$ Incroyable! Et dire que les dernières merdes Hollywoodiennes du genre Spider Man ou Fantastic Four se vendaient à plus de 20$ pièce! Comme quoi il n'y pas que des inconvénients à vivre dans une époque où le goût du troupeau inculte constitue la plus grosse part du marché. Ça nous donne la chance de trouver des diamants à 6.00$ isolés dans un champs de merde pour androcéphales à casquette de baseball et Honda Civic modifiée.

Chef d'oeuvre de Sergio Leone, Il était une fois dans l'Ouest est au Western ce que le Petrus est au vin. Une pièce fondamentale de l'échiquier cinématographique du 20ème siècle. (Rien de moins..) Retirer la période Western de son répertoire et le cinéma d'aujourd'hui ne serait pas le même. Comme la plupart des films de Leone, cet oeuvre est monté comme un opéra et où chacun des personnages principaux ont une entrée en scène d'anthologie et un thème musical qui leur est propre. Gros plans par paquets de 12, longues séquences silencieuses, musique quasi religieuse de l'incomparable Ennio Morricone, la ligne dramatique du scénario qui va en crescendo et qui culmine dans un apothéose délirant représenté par un duel final qui n'a rien à envier aux ambiances romantiques des romans de Victor Hugo, le tout enveloppé dans le plus pur style du réalisme italien et vous avez devant vous la quintessence du cinéma à l'état pur.

L'une des idées géniale de Leone fut d'avoir convaincu (après un an d'intense négociations) Henry Fonda pour tenir le rôle du pire salaud jamais interprété au cinéma jusqu'alors. Il faut savoir que Fonda s'était fait un honneur de ne jouer que des rôles sympathiques et qu'il n'était pas du tout convaincu que jouer une ordure de légende commettant un infanticide (et dès sa première apparition dans le film!!) serait accepté par son public. Il eut raison d'accepter puisque ce film est aujourd'hui indissociable de sa carrière et est considéré comme l'un des meilleurs qu'il n'a jamais tenu.

Dès que je suis arrivé à la maison, je me suis fait jouer deux scènes de ce film que je connais par coeur et qui a bercé mon enfance et mon adolescence. Celle où Fonda apparaît et l'autre, à la toute fin, où il sort de scène.
Il y a quelque chose de dantesque dans la première scène de Fonda. Franck, son personnage dans le film, vient d'assassiner un après l'autre les membres d'une famille. Nous voyons les scènes suivantes par les yeux du gamin qui, jusque là, avait échappé au massacre parce qu'il était dans la maison. Le bruit des coups de feu l'amène à sortir et il constate l'horreur sans pouvoir comprendre. Tout ce qu'il a devant ses yeux sont les cadavres de son père, de sa soeur et de son frère. Puis, surgissant des buissons comme des anges de la mort, il voit 5 silhouettes funestes s'approcher de lui. Pendant un moment, son regard fixe celui de Franck et on se dit que ce dernier n'ira quand même pas jusqu'à flinguer ce pauvre gamin. Mais on entends l'un des membre de la bande demander " What do we do with the kid Franck?" Ce dernier lance un regard non équivoque à son homme avant de revenir le fixer sur l'enfant et dit d'un ton glacial: "Now that you've call me by my name..." (L'un des premiers one-liner du cinéma) Puis, il pointe son pistolet vers le gamin, esquisse un sourire.... et bang! Il flingue le gamin!


Wouuuaaaah! La première fois que j'ai vu cette scène, j'avais 9 ans et j'en ai gardé des frissons qui me parcourent encore la peau quand j'y repense aujourd'hui! Je ne pouvais pas croire qu'il l'aurait fait et jusqu'au dernier moment, j'avais espéré que... mais il le flingue! de sang froid et avec le sourire en plus! On comprends qu'à la lecture du scénario, Fonda ait pu hésiter et je me demande bien comment Leone a fait pour le convaincre.
Ce qui me fait penser que cette scène d'intro vient faire mentir Hitchcock qui disait que débuter un film par une scène forte ne pouvait que faire diminuer la trame narrative subséquente. Toute la force de Leone est justement d'être parvenu à tenir le spectateur en haleine malgré cette intro coup de poing.

L'autre scène est le duel final. Si la première m'avait marqué, celle-ci m'avait complètement bouleversé. Bronson et Fonda sont face à face et sont sur le point de régler leur compte dans un duel épique. Au moment où l'on s'attend à les voir dégainer, le film bascule dans un flash-back où l'on comprends que les deux hommes se sont déjà rencontrés plus tôt dans leur vie. Harmonica, le personnage interprété par Bronson, était le jeune frère d'un homme que Franck avait fait pendre d'une manière des plus baroque et qui ne pouvait être imaginée que dans la tête merveilleusement fêlée d'un cinéaste italien. 12 ans tout au plus, plantés sous un arc de clocher d'église d'un pueblo mexicain en ruine, les mains attachées dans le dos et tenant on ne sait comment son frère sur les épaules alors que ce dernier a la corde au cou, Franck s'approche du gamin et lui colle un harmonica dans la bouche en lui disant de jouer pour son frère. S'il tombe, - et il tombera! - son frangin meurt pendu. La caméra part du visage du gamin et recule, et recule, et recule dans une légère montée pour nous dévoiler progressivement toute la scène dans son hallucinant ensemble avec l'horizon grandiose de l'ouest américain en arrière plan.
C'est selon moi l'une des plus grande finale de l'histoire du cinéma.

J'avais 9 ans quand j'ai vu ce film. C'était donc en 1972 et Richard Nixon était au pouvoir aux États-Unis. À partir de ce moment, ma conception du cinéma et de la musique (merci, ô merci monsieur Ennio Morricone pour m'avoir donné toutes ces musiques que j'écoutais sur de vieux vinyles pour m'évader de la réalité de merde) furent changés à tout jamais.

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J'écris dans la cuisine. Benny Goodman et son Big Band (ne pas confondre avec Big Bang) jouent dans mon lecteur Windows Media Players. Je termine doucement et avec précaution un sympathique Valpolicella Classico Superiore de la maison Zenato. Demain, c'est le 5 février. Dans 2 jours, ce sera la fête de ma fille qui aura 20 ans. Soit un an de plus que sa maman quand nous nous sommes rencontrés. Je pourrai lui chanter la chanson de Moustaki...

Votre fille a vingt ans, que le temps passe vite
Madame, hier encore elle était si petite
Et ses premiers tourments sont vos premières rides
Madame, et vos premiers soucis
Chacun de ses vingt ans pour vous a compté double
Vous connaissiez déjà tout ce qu'elle découvre
Vous avez oublié les choses qui la troublent
Madame, et vous troublaient aussi
On la trouvait jolie et voici qu'elle est belle
Pour un individu presque aussi jeune qu'elle
Un garçon qui ressemble à celui pour lequel
Madame, vous aviez embelli
Ils se font un jardin d'un coin de mauvaise herbe
Nouant la fleur de l'âge en un bouquet superbe
Il y a bien longtemps qu'on vous a mise en gerbes
Madame, le printemps vous oublie
Chaque nuit qui vous semble à chaque nuit semblable
Pendant que vous rêvez vos rêves raisonnables
De plaisir et d'amour ils se rendent coupables
Madame, au creux du même lit
Mais coupables jamais n'ont eu tant d'innocence
Aussi peu de regrets et tant d'insouciance
Qu'ils ne demandent même pas votre indulgence
Madame, pour leurs tendres délits
Jusqu'au jour où peut-être à la première larme
A la première peine d'amour et de femme
Il ne tiendra qu'à vous de sourire madame
Madame, pour qu'elle vous sourie...
C'est pas vrai tout ça, Moustaki a voulu forcer la note pour l'aspect émotionnelle de sa chanson. Le printemps n'a pas oublié la maman de ma fille. Je l'ai vue cette semaine et nous avons pris un café ensemble. Du printemps, il y en avait plein ses yeux et ses sourires. Elle était aussi belle qu'il y a 20 ans. Finalement, Moustaki, c'est une merde.