Affichage des articles dont le libellé est philo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est philo. Afficher tous les articles

dimanche 6 février 2011

Noam Chomsky et notre partie de hockey

Nos petits amis de moins de 35 ans ne sont pas venus jouer au hockey ce soir à cause du Super Bowl. Résultat nous étions 5. Quatre de mon équipe, et un seul de l’équipe des blancs, c’est-à -dire Raymondo. Tous en haut de 35 ans, dont deux de plus de 40. (Vous savez lesquels).

Qu’est-ce que ça veut dire?

Je ne sais pas.

Rien.

Tout.

Il y aurait tout de même des études très sérieuses à faire sur cette génération. Notamment sur le sens de l’engagement.

Avec Raymondo et quelques autres, quand on en parle, ce n’est jamais très joli à entendre. Ça se termine toujours par : Bande de jeunes criss d’égoïstes!

Mais il ne faut pas généraliser.


Ceci dit, j’espère que ce fut un mauvais Super Bowl, comme c’est généralement le cas 9 fois sur 10.

Sincèrement, je me demande bien pourquoi un tel spectacle attire autant de monde. Pour les Américains, je comprends, mais pour les Québécois? Pour les Anglais? Pour les Français? Qu’est-ce qu’on en a à foutre que Pittsburgh ou Green Bay gagne? Est-ce que ça changera quelque chose au prix des petits pois?

Noam Chomsky a écrit des trucs intéressants concernant la manipulation des masses. Notamment celle-ci :


La stratégie de la distraction : élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. «Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux.» Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»


J’ai piqué ça sur un blogue comme le mien, mais beaucoup plus sérieux. Le type n’est pas le genre à parler de ses hémorroïdes.

J’adore Chomsky. Sauf qu’à le lire trop souvent, ça te donne envie de te flinguer. Des gens comme lui sont pourtant très importants pour la société. Ce sont des guides, des éveilleurs de conscience comme dirait mon ami Mario. Tenez, lisez ça et dites-moi que je ne vous aurai pas éveillé la conscience. C’est toujours en parlant de la manipulation des masses. Allez, soyez gentils et lisez jusqu'au bout. C'est vraiment intéressant.


La stratégie de la dégradation : pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en «dégradé», sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.


Créer des problèmes, puis offrir des solutions : cette méthode est aussi appelée «problème-réaction-solution». On crée d’abord un problème, une «situation» prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.


La stratégie du différé : une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme «douloureuse mais nécessaire», en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que «tout ira mieux demain» et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.


S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge : la plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion : faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…


Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise : faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. «La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

Encourager le public à se complaire dans la médiocrité : encourager le public à trouver «cool» le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…


Remplacer la révolte par la culpabilité : faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !


Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes


lundi 25 février 2008

Ça me démange...

De choses et d'autres ce soir. Question de terminer mon petit vin argentin sans me prendre au sérieux.
********

C'est le temps de l'année où ça commence à me démanger grave. Je parle des truites et des brochets. Je crois que je vais aller me faire une petite pêche sur la glace prochainement pour me dégourdir un peu. Question de ne pas perdre la forme.
********

No country for old man des frères Cohen a gagné l'oscar du meilleur film ce soir. (Yes!!!) Daniel D Lewis (Oh! Quelle surprise! Ce mec est un dieu. L'incarnation de l'Acteur en une seule personne.) celui du meilleur acteur et Marion Cotillard celui de la meilleure actrice. Mine de rien, elle vient de frapper le Grand Slam avec l'Oscar, le Golden Glob, le Bafta (British Academy of Film and Television Arts) et le Cesar. Première Française à gagner l'Oscar depuis Simone Signoret pour Room at the Top en 1960. Bonsoir mesdames et messieurs, cette actrice est lancée pour la vie!
********

Dans un texte précédent, je parlais du Droit à la Paresse de Paul Lafargue écrit en 1880. Ô coïncidence, voici un texte du Devoir de ce samedi qui parlait précisément de la même chose: http://www.ledevoir.com/2008/02/23/177424.html Pas con le mec. Il explique que l'essai de Lafargue est tout à fait pertinent en ces temps de surconsommation. Par exemple, que si le reste du monde consommait les richesses du globe au même rythme que nous, les aisés de l'hémisphère Nord, ça prendrait trois planètes comme la nôtre pour satisfaire les besoins de chacun. Que tôt ou tard, nous n'aurons pas le choix de réviser notre conception du travail. Qu'il en va de la survie de l'espèce humaine. Texte à lire et à méditer.
********

Brochet... je veux pêcher des brochets! Sillonner les aurores et laisser mon leurre d'argent percer les surfaces planes des lacs perdus . J'en ai marre d'attendre!

dimanche 10 février 2008

Révolution


C'est chiant de travailler le samedi. D'ailleurs, à bien y penser, c'est chiant tout court de travailler. En cela, je rejoins entièrement l'idée de Paul Lafargue qui écrivait en 1880 : Paressons en toute chose, sauf en aimant et en buvant, sauf en paressant.
C'est jolie non? C'est tiré de son essai judicieusement intitulé Le droit à la Paresse.
Moi en tout cas, j'adopte l'idée.

Nous, les paresseux, constituons une force politique dont nous sommes les premiers à en ignorer l'implacable puissance. En nous unissant, nous pourrions faire éclater le système en un seul avant-midi.
Comment? Facile et suivez le guide je vous prie.


Imaginons par exemple que tous les paresseux de la terre décidaient un beau matin de ne pas aller travailler, que reliés ensemble par une sorte de babillard virtuel sur le web, nous décidions que le matin du grand jour serait pour demain.
Et on fait quoi demain? On ne se lève pas et on reste au lit. Ou alors on va au cinéma, au bistro ou juste prendre une marche mais on sèche la journée de travail. Considérant le fait qu'il existe une personne sur 6 qui se dit paresseux, ça en fait déjà un peu plus d'un milliard sur la planète. Quelle marée humaine! Quelle force exceptionnelle! Un milliard d'absences au boulot, c'est pas de la merde ça! Un million et des poussières juste au Québec. Dix millions en France, près de cinquante aux USA. C'est pas une force, c'est un nouvel ordre mondial!!

Voilà! Ça n'en prendrait pas plus pour mettre tous les gouvernements du monde entier à genoux et pendant que ces derniers essaieraient de comprendre ce qui se passe, ma révolution à moi se déroulerait entre les draps chauds de nos lits, sur les tables des terrasses ou entre les rayons des librairies. Plus besoin de défiler dans la rue pour se manger des coups de matraques ou respirer des bombes lacrymogènes. Chouette non?
Mais bon, ça n'arrivera jamais. Paresse oblige, y a personne qui voudrait s'occuper de l'organisation. Dommage, c'était pourtant une bonne idée.