mardi 6 septembre 2011

Soir de printemps à Rabat

J’ai retrouvé ça dans mes notes :


À la terrasse d’un café, le jour s’en va et laisse la place à la nuit et à sa fraîcheur bienvenue. Une légère brise de mer caresse les stigmates laissés par le soleil. Mon nez entre autres qui se colore maintenant d’un rouge estival des plus réjouissant pour un nordique. Le soleil a tapé dessus alors que je visitais de vieilles ruines romaines. Il faudra que je pense à m’acheter un chapeau pour les prochains jours.

À la terrasse d’un café, je feuillette le journal Le Monde tout en dégustant un espresso. Je termine mon article sur les événements qui se déroulent en Côte d’Ivoire et je laisse ensuite mon esprit vagabonder en observant le flot incessant des voitures. C’est un soir d’été parfait, ni trop chaud ni trop frais, de ces soirs d’été qui n’existent que trop rarement à Montréal.

Je pourrais passer le reste de mes vacances ainsi, le cul sur cette chaise de Café.


Ça se passait à Rabat en avril dernier. Je me souviens très bien ce ce moment. Une délicieuse soirée à ne rien foutre d’autre que de regarder le soleil descendre à la terrasse d’un café. Un grand moment de farniente.

La spatule à boulettes...

Je loue mon chalet. Mais il se trouve qu’en ce moment, dès que je le loue, les locataires se mettent à déconner et à faire chier les voisins. Typique. On loue un chalet et du coup, on redevient barbare, fils des âges farouches et on se met à la quête du feu jusqu’au petit matin. On amène les chiens, la guitare, la bière et les tonnes d’amis et on s’installe autour d’un feu de camp (en pigeant grassement dans ma réserve de bois de chauffage) on se met à picoler et à gueuler parce que bon, on a loué un chalet et on a bien le droit quoi!

Hier mon voisin m’a appelé. M’a fait le topo du weekend. Un des chiens de mes locataires a attaqué son chien à lui. N’a pas apprécié. «Il l’a attaqué sur mon terrain à moi!» m’expliqua-t-il sur un ton plaintif. Comme si les chiens avaient les notions de la propriété et de l’arpentage. Mais bon, je comprenais son désespoir. C’est un bon mec, un peu bourru et un brin ermite. S’est retiré de la vie dès le premier jour de sa retraite et n’existe plus que pour terminer les rénovations éternelles de son chalet. Sorte de work in progress qui le tient occupé toute l’année.

L’autre semaine encore, c’était d’autres locataires avec d’autres chiens et des tentes de camping partout sur mon terrain. M’ont piqué mon kit d’ustensile à BBQ. Je ne sais vraiment pas pourquoi.


- Tu dois être en beau fusil, m’a dit ce même voisin bourru, mais sympa.

- Pas autant que fasciné. Pourquoi voler des ustensiles de BBQ? Et tout rouillés en plus!!


C’est vrai quoi. Il s’agissait de vestiges ayant appartenus à mon oncle et qui avaient passés les 25 derniers hivers dehors à se corroder sous la neige et la pluie. Je m’en servais uniquement pour tisonner les briquettes de charbons de bois. Le type, s’il a piqué ces saucisses avec ces outils, il doit être mort empoisonné à l’heure qu’il est. Enfin bref, après cette conversation téléphonique et toujours englué dans cette mélasse nostalgique dont j’ai parlé dans le texte précédent et qui faisait mention de Boy George et de la fille dont j’ai oublié le nom, mais pas son store jaune en carton, je me suis pris une longue marche sur la rue Mont-Royal en essayant de comprendre pourquoi au 21e siècle, il y avait des gens qui piquaient des ustensiles rouillés de BBQ dans un chalet loué à la semaine. Je ne juge pas remarquez, mais ça me fascine grave. J’imagine le mec revenu chez lui, défaisant ses bagages et qui dit à sa conjointe en lui montrant les objets dérobés :


- Regarde ma chérie, je lui ai piqué son kit d’ustensiles à BBQ à ce salaud! Tu voulais cesser de travailler et vivre comme une princesse? Et bien voilà, ton rêve va se réaliser mon amour. Tu sais combien on peut tirer de cette pince à saucisses et de cette spatule à boulette toute rouillée? Des millions!!! Oui, des millions de dollars ma chérie! Gniaak gniaaak gniaaak! Nous sommes riches mon amour! Riches!!! Mouuhaaa ha ha ha!!!

Boy George et le coco de Pâques

Ces journées de septembre sans soleil avec ces ciels aux couleurs d’un fond de cendrier, ça te fout bien souvent une couche de nostalgie assez épaisse entre les deux oreilles. J’étais englué là-dedans ce weekend. Hier, je roulais en direction de Montréal après avoir passé quelques journées au chalet et je ne sais, on aurait dit que toutes les stations de radio s’étaient donné le mot pour en remettre encore une épaisseur. À un moment, voilà-t-y pas cette vieille chanson de Boy George qui défile comme ça, sans demander la permission ni excuse. Do you really want to hurt me je crois le titre. Je n’avais pas entendu ça depuis au moins 20 ans. Boy George, ce n’était pas mon truc à l’époque et ça ne l’est pas non plus aujourd’hui, mais allez savoir, sur le coup j’ai trouvé la chanson très belle. En fait, ce n’était pas autant la chanson que ce qu’elle ramenait.


- Et que ramenait-elle?


Des images, des flashs, des odeurs et même des couleurs de cette lointaine première moitiée de la décennie ’80. Ça m’a aussitôt fait voyager et alors que je roulais sur la 131, suivant la caravane de voitures qui descendaient du chalet après ce long weekend, je me suis revu dans cette chambre à coucher de cette fille que j’avais connue la veille. C’était un matin de printemps, genre, mai ou juin. Je me souviens qu’elle avait un store en carton IKEA, jaune, typiquement années ’80. Ce fut en effet la mode chez certains étudiants ou chez ceux qui n’avaient pas beaucoup d’argent. Quand le soleil tapait dedans, cela donnait à la chambre une ambiance saisissant. Je ne sais pas pourquoi, mais cette chambre et cet éclairage jaune pétant m’avaient donné l’impression d’être à l’intérieur de gros coco de Pâques. Un jaune festif, mais en même temps impossible. Je me souviens de ce moment. J’étais encore allongé dans le lit pendant qu’elle préparait le petit déjeuner. Je ne me souvenais pas de son nom et pendant que j’entendais le bacon frétiller dans la poêle, je m’efforçais de scruter dans ma mémoire pour trouver l’endroit où j’avais foutu son prénom. Je me souviens aussi que ça sentait la pisse de chat même si l’endroit était d’une propreté exemplaire. C’était une fille arrivée à Montréal depuis peu et qui ne connaissait personne. Aussi, s’était-elle entourée de deux chats en guise de colocataires. Deux espèces de monstres pas plus hauts que ça, mais qui déplaçaient de l’air comme une armée de Cosaques dans les steppes de Russie. Elle habitait un petit deux pièces dans cet immeuble déprimant au coin de Sherbrooke et Frontenac. Je ne me souviens pas si la radio jouait ce matin-là, mais assurément, c’était l’époque de la chanson de Boy George parce que merde, ces images ne me sont pas venues comme ça gratuitement dès que j’ai entendu les premières notes à la radio hier après-midi.

dimanche 28 août 2011

Repose en paix Stephanie

Sur les routes forestières, quand je vais pêcher, il m’arrive souvent de voir des croix sur les bas-côtés du chemin.

Croix de bois.

Ces croix marquent les endroits où des personnes ont perdu la vie.

Accidents routiers.

Ces routes peuvent être extrêmement dangereuses quand on y prend pas garde. Le gravier peut rendre en effet la conduite très laborieuse et certaines courbes quand on n’a pas l’habitude, peuvent être mortelles.

De ces croix, il y en a une bonne demi-douzaine sur la route forestière entre Rivière-Aux-Rats et le lac Kempt. Mais je n’en avais jamais vu jusqu’à maintenant sur les routes des réserves fauniques où je vais pêcher.

Jusqu’à cette année.

Dans la réserve faunique Rouge Matawin au nord de St-Michel-des-Saints, après une de ces courbes justement, mon attention fut captée par un arrangement mortuaire plus élaboré que ceux que je croise d’habitude.

Je me suis arrêté et j’ai vu ça.


Le coeur serré, je me suis rapproché pour lire ce qui était écrit sur la croix et je dois vous avouer mes amis que j’ai ressenti une douloureuse sensation après coup.

Jugez-en par vous même.


Ciel couvert, le vent dans les arbres, aucun oiseau qui chantait, j’avais l’impression de fouler des pieds un espace sacré. J’étais debout à l’endroit précis où cette pauvre petite chouette avait perdu la vie. Quel âge peut-elle avoir sur la photo? 16, 17 ans?
Pauvre gamine.
Pauvres parents.
Je m’entendais respirer.
Je ne suis pas trop croyant, mais je me suis surpris à penser à elle très fort. N’aura jamais connu la vingtaine. Morte dans un chemin de garnotte perdu en plein bois. Sans doute après avoir passé un weekend de camping avec des amis. Le conducteur, casquette de baseball blanche vissée sur la tête, Honda Civic, voulait sans doute l’épater.
Je ne sais pas, je dis ça comme ça.
C’est juste que je trouvais qu’il s’agissait d’un inconcevable gâchis.

On lui fait la passe?


Journée de pêche avec mon frangin. Faisait beau, les poissons mordaient, c’était chouette comme tout. Sur ce clip, je viens de pêcher un petit brochet d’environ 5 livres. Rien de bien spectaculaire, mais je brisais la glace de la journée comme on dit. Le lendemain, mon frangin en prendra deux d’au moins 8 livres chacun, réalisant ainsi les meilleures prises de notre voyage.

Notez quand même le style du pêcheur dans ce clip, tant dans son côté vestimentaire (j’étais gracieusement habillé par le Centre Humanitaire Saint-Vincent-de-Paul) que dans sa technique pour remonter le poisson.

Un grand moment de cinéma.

Dans la vie on élabore des choses, on a des doutes...

mercredi 10 août 2011

Ludwig

Censuré