samedi 3 octobre 2015

Ma coloc


Ma coloc est la plus géniale du monde. Je la vois devenir jour après jour une figure incontournable du théâtre québécois, je la vois se faire encenser par Michel Tremblay, par Radio Canada, par le Devoir. Mercredi, on va savoir si elle est en liste pour le prix du Gouverneur Général. Mais malgré tout, elle persiste à plier consciencieusement mes chemises et mes bobettes qui sortent de la sécheuse. On vient de se faire une journée de bouffe où l’on a transformé nos montagnes de tomates en coulis ou en sauce à spag. On a canné ch’sais pas combien de pots de potage de courge avec des petits lardons dedans. On a fait des machins avec des carottes. Et puis une tonne de pesto avec notre basilic. Elle y rajoute du parmesan frais dedans. C’est mortel tellement c’est bon.
J’fais ça avec elle dans ma cuisine pendant que son cell vibre. Elle a les deux mains dans les tomates pendant qu’elle reçoit le texto. Elle se les essuies avec la lingette mouillée qu’on a laissé là pour ça d’ailleurs, regarde le message, et revient aussitôt aux tomates comme si de rien n’était.
-       C’était quoi ?
-       Radio can.
-       Ils voulaient quoi ?
-       Ils m’invitent à une émission.
-       Tu ne réponds pas ?
-       Rej, j’ai pas le temps. Faut terminer nos tomates.
Vous ai-je dis que j’adore ma coloc ?

samedi 26 septembre 2015

Douteux.


Bon, on va dire que je suis méchant, mais ce n’est quand même pas de ma faute si le mec (Éric Gauthier pour les Conservateurs dans Rivière-des-Milles-Îles) se tape une gueule de vendeur de chars. Tu regardes ce mec là et tu sais tout de suite qu’il va te crosser. N’en a rien à chier de tes problèmes d’emploi ou de logement, il n’est là que pour aller se payer une pension à vie comme député. Vote pas pour ça mec, vote pas pour ça.

Électrocution

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Gabriel Purcarus, qui se présente pour les Conservateurs dans Alfred-Pellan, s’est tapé un puissant choc électrique en se collant la bite sur une batterie de char quand il avait 12 ans. De là cet angoissant sourire et son œil droit qui déconne. Va pas faire garder tes enfants par Gabriel Purcarus mec. Fais pas ça s’il te plaît.

Bouette au chocolat


Quand il était petit, Jacques Gourde, qui se présente pour les Conservateurs dans Lévis, étranglait des petits chats et mangeait de la bouette en se disant que c’était du chocolat. Forcément, les autres enfants du quartier n’avaient d’autres choix que de lui taper dedans. Sa conversion aux Conservateurs vient de là. Jacques Gourde est fier de son toupet qui fait comme un petit éventail qui se repose sur son front. Il se croit hyper sexy même si sa femme refuse de coucher avec depuis trois ans.

Politique douteuse


Luc Angers se présente pour les Conservateurs dans Gatineau. Au moment où la photo fut prise, on lui plantait un bâton dans l’cul tout en l’obligeant de sourire. Il s’est coupé les cheveux lui-même un soir où il avait prit une bière de trop. Tu ne veux pas voter pour Luc Angers à cause de sa politique douteuse de bâton dans l’cul.

5.723,55 km de distance


Il était en train de faire cuir ses patates en papillotes sur le BBQ quand son Skype se mit à gueuler.

Boo ti doudoodoo…. Boo ti doudoodoo… boo ti doudoodoo…

Ça venait de Toulouse, une ville qui se trouve de l’autre côté de l’océan et qui sépare les Réjean d’elle. C’était elle justement. Quand il appuya sur l’onglet où figurait la caméra, et malgré l’océan et le décalage horaire, il la vit apparaître comme dans un rêve. Il trouva ça fantastique,  lui qui était né du temps des télés en noir et blanc et de leurs roulettes incrustées pour changer les postes. Ouais, ouais, avec une roulette, c’est ainsi que ça fonctionnait dans le temps. T’en avais partout. Sur le téléphone, sur la radio, sur le thermostat. L’humanité passa par l’âge des roulettes avant le numérique.

Il était 20h pour lui, donc il était 2h du matin pour elle. Que voulait-elle si tard ?

Ça n’allait pas. Elle souffrait d’insomnie et comme elle avait vu que son avatar Skype était en vert, elle avait décidé de lui lancer un petit coucou. Malgré les pixels, c’était tout de même la première fois qu’ils se revoyaient depuis son passage au Québec. Il en oublia ses patates en papillotes et se concentra sur la symphonie de son accent. Elle avait des petits yeux fatigués, les pointes de ses oreilles perçaient comme des soleils de l’aube sous sa chevelure foncée et il trouva ça immensément érotique, mais se garda de lui dire. Il n’avait jamais avoué à personne qu’il craquait souvent pour les oreilles de filles perçant sous leur chevelure. Même pas à sa psy.

Elle était dans sa chambre qu’il n’avait jamais vu puisqu’il n’avait jamais mis les pieds à Toulouse. Mais derrière elle, il vit un joli bordel organisé. Cela lui plut parce que ça confirmait dans son petit cœur de grand con qu’elle était un peu comme lui, mais en mieux organisée et sans doute avec un peu moins de poussière sous son lit. Et puis des livres. Beaucoup de livres.

Cela le ramenait loin dans le temps, du temps des ces automnes de pluie ou de neige mouillée de ses 20 ans, du temps de ces chambres à coucher cégépiennes qu’il découvrait réellement qu’au petit matin, aux premières lueurs du jour après une nuit passée à boire et à parler de révolution, et puis à boire encore et à parler de n’importe quoi en oubliant les révolutions qui, de toute façon, n’existaient plus quand la révolutionnaire du moment rendait les armes sous les assauts répétés de ses bisous éthyliques. Au temps de son CEGEP, ses dimanches matins avaient d’autres odeurs que celles de son enfance. Te souviens-tu, ami narrateur, de ce dimanche matin très tôt et de la lumière que faisait le soleil en perçant le store jaune d’IKEA de cette fille dont tu ne connaissais même pas encore le prénom ? Du matelas futon de sa chambre, couché sur le dos et ouvrant les yeux, tu la voyais dans sa cuisine, complètement nue, préparer le café. D’ailleurs, l’odeur de son expresso embaumait son logement et c’est un peu ça, plus que la lumière du soleil, qui t’avais réveillé. Elle aussi avait une chambre remplie de livres. Souviens toi, à ce moment précis, tu t’étais dit que la vie était belle.

C’était quoi déjà son nom ? Et justement, pourquoi oubliait-il toujours les noms des filles de ses 20 ans ? Parce qu’elles étaient de passage ? Que les présentations se faisaient pour la forme, juste avant leur disparition ? L’inverse était sans doute aussi vrai. Nombre de ces filles ne se souvenaient sans doute plus de son propre prénom. Ce qui n’est que justice après tout.

Il était devant des pixels et leurs virtuels rapprochements. Une chambre à coucher qui devait sentir le tabac, mais pas trop parce qu’elle se forçait à fumer dehors. De toute manière, c’était une estimation personnelle et invérifiable vu que son laptop de 2015 ne lui renvoyait pas encore les parfums et les odeurs. Cela viendra d’ici quelques années se dit-il, mais ça ne se fera pas avec une roulette intégrée. Il en était sûr.

Elle rencontrait son directeur de thèse le lendemain, un machin qu’elle écrivait depuis deux ans et qui parlait du marbre des Pyrénées. Cela lui avait d’ailleurs valu des conversations surréalistes, mais tellement intéressantes, qu’elles se déroulassent (si, si ! déroulassent !) sur le balcon du chalet ou celui de Montréal. Jamais n’avait-il pensé un jour être aussi passionné d’entendre parler du marbre des Pyrénées. Au reste, lui aurait-elle parlé du bottin de téléphone qu’il aurait trouvé ça tout aussi passionnant. Finalement, il comprit que ce n’était pas autant le sujet que le communiquant qui titillait ses neurones (et sans doute le reste aussi).

Elle stressait. Ne trouvait pas le sommeil, s’alluma un pétard justement pour trouver le sommeil.
-       Tu fumes encore ? Je croyais que t’avais arrêté.
-       Ben ouais, j’ai arrêté. Il ne faut pas croire tout ce que tu vois sur Internet.
Elle avait un humour bien à elle qu’il adorait. Après une quinzaine de minutes de discussion, elle se leva de son bureau et, avec son lap top dans les mains, alla s’allonger dans son lit. Sans aucune pudeur parce que c’était lui de l’autre côté de l’écran, elle portait une camisole blanche un peu trop grande pour elle et qui, lorsqu’elle se glissa sous les draps, laissa voir le paradis par son échancrure. Il vit tout et lévita.

Nous répéterons trois fois parce que nous aimons cette phrase.

Il vit tout et lévita.
Il vit tout et lévita.
Il vit tout et lévita.

Elle déposa son laptop à côté d’elle et continua à lui parler comme si de rien n’était. Lui, de l’autre côté de l’océan, loin loin loin loin loin loin loin loin d’elle, sans roulette ni rien, ne pouvant même pas caresser les pixels de son écran, se liquéfiait avec une seconde de délai à cause de cette transatlantique réalité qui figeait par moments à cause de la mauvaise connexion de son câblodistributeur. Elle était dans son lit, lui parlait, riait de ses conneries, et lui, nom de Dieu, avait l’impression d’être à côté d’elle. Malgré les 5.723,55 km de distance (http://fr.distance.to/Montreal/Toulouse), ils partageaient le même lit dans la plus surréaliste discussion sur l’oreiller qu’il avait connu.

Il aimait Skype, même quand Skype lui faisait brûler ses patates en papillotes.

vendredi 25 septembre 2015

Le Livre


Ce livre a un destin bien à lui. Il a été acheté à Paris par une fille qui s’appelle Christine. Je ne connais pas Christine. Vous non plus d’ailleurs mais on s’en tape un peu. Pour une raison que j’ignore, Christine part pour aller vivre en Angleterre. Elle y ouvre un Café avec son amie Maia. Un café où tu peux acheter des livres d’occasions. Dans l’inventaire de la maison, Christine y glisse son livre. Un an plus tard, arrive Emma (ce n’est pas son vrai nom mais je ne me souviens plus de son vrai nom justement), un Française de passage en Angleterre et qui connaissait Christine. Forcément, elle passe voire celle-ci à son Café. Elle achète le livre et le ramène en France, plus précisément à Toulouse dans cet appartement de la rue De la Colombette qu’elle partage avec Avril (qui n’est pas son vrai nom non plus, non pas parce que je ne m’en rappel plus, mais parce je ne veux pas vous le dire, bon !) Avril doit donner une conférence à Montréal. Un machin qui parle du Château de Versailles et de ses infinies attraits. Avril est une férue d’histoire, d’architecture, de musique, de romans et on en passe sinon on en aurait pour toute la nuit. Avant son départ, elle pioche dans la bibliothèque d’Emma pour se prendre un roman pour lire pendant le vol de 7 heures. Elle tombe sur celui-là et le met dans son sac de voyage. Elle le bouffe au dessus de l’océan Atlantique et le termine juste un peu après avoir survolé le Groenland. Elle va habiter pendant deux semaines chez son pote Québécois, un vieux qui a au moins 18 ans de plus qu’elle, mais gentil comme tout vu qu’il lui écrit depuis 8 ans qu’elle est la plus belle au monde et que c’est quand même chouette d’avoir un admirateur qui vit de l’autre côté d’un océan et qui l’attend à l’aéroport. En défaisant ses bagages, elle lui refile le livre. Bien, sûr, il l’a dévoré et quand il voulut le lui remettre, elle s’y refusa, lui disant que les bouquins doivent voyager d’une personne à l’autre. Quelques jours plus tard, quand il apprit que Monsieur X avait le cancer, il alla le visiter et lui refila le bouquin. Monsieur X lui a répondu « je ne sais pas si je vais être capable, je me sens si fatigué ». Il y est parvenu finalement et a adoré. Il est décédé samedi dernier, quelques jours seulement après avoir terminé le livre. Lui qui fut un dévoreur de bouquins toute sa vie, ce fut le dernier qu’il aura lu.