vendredi 8 avril 2011

L'enfant et le quidam

Une femme traverse la rue avec son enfant. Un homme arrive en sens inverse et touche l’enfant à la tête, lui ébouriffant les cheveux, lui faisant deux ou trois pitreries. L’enfant rit aux éclats, la mère sourit, et le type continue sa route avec un large sourire sur le visage. Les trois sont heureux et pas une seconde la mère n’a songé que le monsieur aurait pu être un monstre quelconque. Et je me suis mis à envier ce pays où les hommes peuvent encore jouer avec les enfants sans risque d’être amené par la police.

Corruption

Blague racontée par un monsieur au sujet de la corruption au Maroc.
Un type va voir le roi et lui demande de faire quelque chose contre la corruption. Le roi lui répond "donne-moi 500 dirhams et je ferai quelque chose."

Le jour, tous les chats sont maigres

Un matin, je crois que c’était le deuxième jour, je suis allé fumer une cigarette devant l’hôtel. J’étais encore coincé dans cette mauvaise habitude de ne pas fumer à l’intérieur des lieux publics. À ma gauche, un conteneur à déchets. Dessous, trois chats maigres et ravagés par des nuits de batailles. Ils se réveillaient, comme moi et tout comme moi aussi, semblaient coincés dans un décalage horaire qui les faisait dormir debout. L’un d’eux avait un oeil crevé et un autre n’avait que trois pattes. Ils semblaient hésiter entre l’idée d’aller se chercher de la bouffe ou de retourner sous le conteneur pour reprendre leur sommeil perdu.

Un chien est venu les renifler puis s’en est allé sans oser les déranger. Ici, les chats semblent plus féroces que les chiens. Et cet ostie de chien-là, c’était précisément celui du clochard, le même qui m’avait tenu éveillé une partie de la nuit. L’idée m’est passée par la tête de lui foutre mon pied au cul.


Sur la photo, un chat vu du balcon de mon hôtel, celui à l’oeil crevé.

Des Finlandais je crois.

Notre hôtel à Casa était vraiment particulier. Il était envahit de jeunes Finlandais-daises (ou Suédois-doises, ou Danois-noises ou ch’sais pas quoi, mais tous faits en longueur avec du blond sur le dessus... et ça ne parlait pas allemand) 30 984 jeunes gens blonds et longs qui mangeaient tous les 30 984 ensemble, qui se déplaçaient tout les 30984 ensemble, mais surtout, qui picolaient la nuit tous les 30 984 ensemble. Ça faisait un boulot d’enfer. Et quand ce n’était pas eux, c’était les gens dans la petite place en face de l’hôtel. Un chien surtout. Le chien du clochard qui dormait toutes les nuits sur le même banc public. Il aboyait dès qu’on passait près de son maître, et comme Casa est une ville qui ne dort jamais, forcément, il y a des gens qui même à 3h du matin, vont et viennent dans la ville et donc, passent et repassent à côté dudit clochard. Et du coup, le chien aboyait et c’est pour ça que Casa est une ville qui ne dort jamais à cause de ce putain de chien et des 30 984 jeunes Finlandais-daises (ou Suédois-doises, ou Danois-noises ou ch’sais pas quoi..) qui picolent toute la nuit. Pas une bonne idée quand t’es sur le décalage horaire de partager un hôtel avec un chien de clochard en bas et un troupeau de jeunes blonds-blondes en haut.


L’hôtel était situé à l’entrée de la Médina, pas trop loin du port. (Voir photo ci-jointe). En face, il y a une petite place entourée de verdure qui s’anime le soir dès que le soleil se couche. Ça fête jusqu’à 2h du matin. Un peu comme en Espagne, les gens ici sortent tard le soir à cause de la chaleur. On a vu des restos se remplir après 22h en plein milieu de la semaine.

mercredi 6 avril 2011

Promenade à Casa



Entre Casa et ailleurs

Suis dans le train en direction de Rabat et j’écris ces quelques mots en voyant défiler par la fenêtre de mon wagon cette dualité planétaire : la richesse et la pauvreté. Ici, le contraste entre les deux est particulièrement frappant. Des bidonvilles se dressent un peu partout dans Casa, parfois même en face de gros complexes immobiliers hyper modernes. Ça fait chier un peu Son Excellence, le roi Momo qui selon plusieurs sources non officielles rencontrées depuis lundi, avait promis de faire de Casablanca une ville sans bidons (notez le délicieux jeu de mot ici) pour 2012. On rigole (en cachette) autour de nous lorsqu’on nous parle de cette promesse. Car enfin, bref, et comme tout le monde le sait depuis le début du premier matin des temps, un bidonville n’est qu’une conséquence au véritable problème qu’est la pauvreté. Interdire à ces gens d’habiter dans des bidonvilles c’est comme interdire aux affamés des camps de réfugiés le seul droit qu’ils ont, c’est à dire celui d’être anorexique.


C’est un peu con comme image. Désolé, ça doit être à cause du décalage horaire que je n’ai pas encore tout à fait intégré dans mon métabolisme. Même si je parviens à faire toutes mes journées sans fermer l’oeil, il m’arrive encore d’avoir des petits moments de faiblesses.

Casablanca 5

J’ai réalisé que je n’étais plus dans le même pays une fois arrivé à l’aéroport de Casa. Après plus de 10 heures sans fumer, je commençais à vouloir mordre les hôtesses de l’air. Mais d’hôtesses de l’air, il n’y en avait pas. Ce n’était que des mecs qui servaient dans l’avion. Curieuse compagnie aérienne. (Royal Air Maroc). En sortant de l’avion, je me suis précipité à l’extérieur pour aller me fumer une clope, abandonnant lâchement M... sur le Tarmac marocain de l’aéroport et qui tentait de décoder les meilleures agences pour échanger nos dollars en dirhams. Je vais dehors et je fume ma cigarette devant une douzaine de palmiers. Je suis vraiment en Afrique, me dis-je dans le creux de mon décalage horaire qui commençait sérieusement à faire effet. Des palmiers, c’est quand même mieux que des sapins.

Je fume, j’observe, je respire l’air d’Afrique et puis bon, j’écrase mon mégot et je reviens sur mes pas pour entrer par la même porte d’où je suis sorti. Mais un type avec un uniforme trop grand pour lui me dit que cette porte est la sortie et que pour entrer, ben mon vieux, il faut prendre la porte qui sert à entrer justement. Et où est-elle cette porte? Là-bas, tout là-bas, à l’autre bout de l’aéroport qu’il me dit dans son uniforme trop large et qui ne fait vraiment pas sérieux.

Fuck!

Je marche dix bonnes minutes pour trouver la porte d’entrée et là, que vois-je? Une fouille officielle pour ceux qui rentrent - dont moi - avec obligation de retirer sa ceinture (à cause du ceinturon en métal) vider les poches et tout le bordel. Le truc dur 15 minutes. Je pense à M... qui m’attend et qui doit bien se demander ce que je suis en train de foutre.

Finalement, on me laisse entrer et je dois faire le même trajet, mais en sens contraire et à l’intérieur des murs. Pendant ma marche du retour, je remarque que les gens fument partout et qu’ils se crissent totalement des interdictions de fumer parce que justement, d’interdiction, il n’y en a pas.

Chouette pays. J’adore!