mardi 29 septembre 2009

Cékooissa????

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2009/09/28/001-plc_coderre.shtml

Ça c'est une véritable petite bombe. Coderre joue quitte ou double. Étonnant. Vraiment étonnant. Lui qui espérait devenir Kalif à la place du Kalif, voilà qu'il se met à dos à peu près tout le monde au Parti Libéral fédéral.
Coup de poker ou coup de tête?
Qui va le suivre?
Ne vient-il pas de se peindre dans un coin?
Laver son linge sale dans les médias, c'est du stuff de Parti Québécois, pas du Parti Libéral.
Je suis étonné.
Heureux mais étonné.
Ce qu'il vient de faire là, c'est presqu'un suicide politique. Ou alors un coup de génie. Je ne sais pas...
Mais je penche pour le suicide.

lundi 28 septembre 2009

Salut Grande Gueule!

Texte rédigé au chalet samedi soir.

Une grande gueule s'est éteinte et je suis un peu tristounet. Falardeau, celui qui la portait, est mort. D'un cancer paraît-il. Mais j'en doute. Le cancer n'y est pour rien. On dit ça pour les médias parce qu'il faut bien mourir de quelque chose. Ne serait-ce que pour écrire un truc officiel sur les papiers médicaux. Moi je crois plutôt qu'il est mort d'une colère jamais apaisée mais comme ce n'est pas encore une maladie officiellement homologuée dans le grand livre de la médecine moderne, on lui a trouvé ce cancer et puis voilà. Les articles et les commentaires sur son départ peuvent maintenant pleuvoir.
Impossible d'ailleurs de vivre 100 ans en ne respirant que pour ces combats perdus d'avance. Rare sont ceux qui y arrivent. Michel Chartrand est de ceux-là même s'il n'a que 92 ans. Mais rendu à cet âge vénérable, on ne chipotera pas pour une décennie de plus ou de moins. (Quoi qu'aux dernières nouvelles, il serait très malade) Mais les combats eux restent toujours à faire. Il y a autant d'iniquités aujourd'hui qu'il y en avait il y a 70 ans, quand Chartrand débutait ses premières luttes sociales. Et le Québec reste toujours une province aujourd'hui, exactement comme ce qu'elle était il y a 40 ans quand Falardeau tournait ses premières œuvres engagées.

La grande gueule à Falardeau s'est éteinte. Ça me fait tout drôle de me dire que je n'entendrai plus jamais ces mots qui bousculaient rondement l'univers aseptisé de cette rectitude politique qui non seulement aura contaminé nos médias, mais qui s'est surtout introduite à notre insu jusque dans notre manière de penser. Falardeau, en homme libre qu'il était, se donnait encore le droit d'appeler un chat un chat. On pouvait ne pas être d'accord avec lui, mais tout le monde, et à commencer par ses ennemis, enviait cette liberté de parler qu'il utilisait comme une arme redoutable. Parfois maladroitement, c'est vrai, mais toujours avec la même fougue et toujours sans le moindre compromis.
Jusqu'au bout. Jusqu'à son dernier soufle.
Pour ça, il était beau même dans sa vulgarité la plus éclatante.

Une anecdote comme ça, pour illustrer le personnage qu'il était. Il s'était présenté aux funérailles de Trudeau, son ennemi juré. En réponse à une journaliste qui lui demandait ce qu'il faisait là, il avait répondu qu'il tenait à être présent pour s'assurer que le bonhomme était bien mort et qu'il ne se réveillera pas au dernier moment, qu'il voulait s'assurer qu'on visse bien comme il faut les planches du cercueil et qu'on l'enfouisse ensuite bien profond dans la terre.
Avouons que ça prenait un sapré culot pour dire ça dans un contexte comme celui-là.

Sa grande gueule et son personnage de Don Quichotte de l'indépendance qui allait avec aura fait oublier trop souvent le très grand réalisateur qu'il était, sans doute l'un des plus marquants de sa génération. Devant se démerder avec des budgets souvent dérisoires en raisons des refus et des contraites imposés par les fonctionnaires des institutions fédérals, (à cause des sujets politiquement délicats qu'il traitait dans ses œuvres) chacun de ses films étaient de véritables tours de force d'accomplissement. Ne jamais oublier que pendant qu'on lui refusait des subventions pour cause de "faiblesse du scénario", on accordait au même moment des sommes considérables à des réalisateurs médiocres pour tourner des navets finis. Il avait un peu raison de crier à la censure.

Falardeau dérangeait. Falardeau disait souvent d'énormes bêtises. Falardeau faisait preuve d'un irrespect parfois troublant pour les gens, morts ou vivants. Je me souviens que son papier sur la mort de Claude Ryan m'avait laissé une désagréable impression. Je me souviens qu'à en discutant avec ma fille, nous en avions conclu qu'il avait dépassé les bornes de l'acceptable. Saluer la mort d'un adversaire politique en le traitant de pourriture, c'était pour moi du jamais vu. La limite que d'instinct on ne dépasse pas, lui non seulement il l'avait dépassée, mais en plus, il l'avait atomisée.
Il y avait dans ce geste un je ne sais quoi d'un Cyrano déjanté. Grandiose de vulgarité, prodigieusement irrespectueux. Tu as 40 et quelques années et tu crois avoir tout vu, tout entendu. Mais c'était sans compter sur ce bougre de Falardeau qu'y s'en va cracher sur une dépouille encore chaude.
Un jour que je me promenais au cimetière sur la montagne, je suis tombé sur la tombe de Mordechai Richeler. Bien qu'étant un écrivain majeur, je détestais l'homme pour ses propos racistes et mensongers qu'il se plaisait à raconter sur les francophones québécois. Ce jour là, j'étais seul et je regardais la pierre tombale du créateur de Duddy Cravitz en me disant que je pourrais bien lui offrir, en guise de gerbe morturaire, un glaviot bien consistant que je raclerais juste pour lui du fond de ma gorge. Cracher sur une tombe de raciste, je n'y voyais aucune raison de ne pas le faire. Mais je me souviens d'avoir hésité un moment. Puis j'ai tourné les talons sans lui léguer ma salivaire aversion. Quelque chose au fond de moi m'avait interdit de poser un geste aussi symbolique, même si je n'aurais été le seul à le savoir. Ce fut plus fort que moi, sans doute un relent de mon lointain passé catholique. Un mort est un mort et on ne profane pas le repos éternel. Cracher sur cette tombe m'aurait fait la même impression que de cracher sur ma conscience.
Falardeau lui, il crachait, peu importe si le corps était vivant ou mort. En quelque part, et même si je n'aprouvais pas quand elle se manifestait par l'outrage, j'admirais cette fidélité indéfectible à ses idées.
Salut Falardeau!
Salut Grande Gueule!

vendredi 25 septembre 2009

Matin funeste

Je me lève, j'ai un message d'une amie qui me dit que Nelly Arcan est morte.
Suicide.
35 ans.
Matin funeste.

Saaambucaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!

Je suis coincé depuis trois semaines dans une succursale moche fréquentée toute la semaine par des Italiens du troisième âge. Le genre qui ne parlent ni français ni anglais. Ceux de la première génération, ces vieux paysans sans beaucoup d'éducation et qui travaillent encore la terre ou la brique pour des salaires de misère. Ils viennent tous pour la plupart de ces petits villages du sud de l'Italie. J'ai remarqué qu'ils sont tous petits. Vraiment petits. Pas plus haut que trois ou quatre pommes. OK, disons cinq pommes. Ils ont tous les doigts écorchés par le dur labeur et bien sûr, ils achètent tous de la sambuca.
Conseiller des vins? Tu rigoles!
Ils achètent tous de gros cruchons à trois litres de ce vin mauvais. C'est que nous sommes en septembre et qu'ils ont tous épuisé leur vin artisanal. À partir de décembre, quand le vieillissement de leur prochaine cuvée annuelle sera terminée, on ne les reverra plus avant quelques mois.
Sauf pour la sambuca.
Tous les Italiens boivent de la sambuca. Ceux qui n'en boivent pas ne sont pas de vrais Italiens. Ou alors ils sont jeunes et préfèrent la vodka Grey Goose. La sambuca, c'est leur oxygène. Leur lait. Leur eau. Ils en mettent dans leur café le matin.
- Vous en mettez vraiment dans votre café?
- Ma ké! Ci pour méttre dé l'énergie dans lé sangne! Tou mets oune pétite shot dé sambuca dans ton ésspresso et té jamais malade. Ma ké!
Depuis trois semaines, je vends de la sambuca et du vin cheapo. Et en plus je suis coincé avec un directeur qui passe ses journées dans son bureau à rédiger des rapports et des directives qui n'intéressent personne et qui se terminent tout de suite au recyclage dès réception.
C'est un con fini mais il est le seul à l'ignorer. C'est sans doute pour ça qu'il est toujours souriant. Un sourire de con.

Il y a une caste de ces Italiens qui font faire leurs achats par leur femme. Elles entrent dans la succursale, toutes ridées, toutes plissées, toutes blanches de cheveux et achètent la sambuca pour le mari. Elles sont généralement très sympas, beaucoup plus sympas que leur mari, très compréhensives, ne parlent pas français mais se démerdent pour se faire comprendre. De toute manière elles savent toujours ce qu'elles veulent et savent comment se le procurer sans rien demander à personne. J'adore ces mémés siciliennes.
Mais quand la femme ne peux pas se déplacer pour des raison X Y ou Z, c'est le vieux mâle qui se pointe et là, c'est vraiment pathétique. Prenons le vieil Italien typique, celui qui doit faire ses courses sans sa femme et qui panique juste à l'idée de devoir s'exprimer dans un commerce dont les commis ne parlent pas italien. Déjà qu'il ne croit pas ceux qui lui jurent main sur le cœur que Mussolini ne dirige plus son pays d'origine, qu'il peine encore à comprendre comment l'eau peut se rendre dans son lavabo juste en tournant un robinet, qu'il ne sait pas que l'homme a marché sur la lune, on peut ainsi imaginer aisément le décalage spatio-temporel quand il doit faire face à une situation comme celle qui l'amène à se confronter à un drôle de zigue mal rasé et cheveux longs qui se tient derrière un comptoir d'une succursale chauffée en hiver avec autre chose que du charbon et contenant plus de 5 000 articles tous identifiés par un code barre.

Le choc des civilisations vous dites?

Il entre dans la succursale comme s'il entrait dans une autre dimension. C'est le même choc pour lui que celui qu'on aura quand on passera l'étape qui suit la vie. Il pousse la porte comme on ouvre une boîte dont on ignore si le contenu va nous exploser en pleine gueule. Il s'arrête toujours après avoir franchi la porte et ne bouge plus. On le sent déjà complètement déphasé et aux prises avec un choc émotif latent. Il est tétanisé, l'œil dilaté, les pulsations cardiaques poussées à leur maximum. Son regard scrute la pièce mais son cerveau lui dit qu'il est en terrain inconnu. Donc qu'un possible danger peut exister dans cet espace fermé. Faire un pas de plus pourrait signifier qu'il compromet son intégrité physique. Normal, c'est un réflexe naturel de survie qui existe chez tout être vivant qui doit se confronter à une situation inconnue. Donc, il bouge plus puisque son instinct lui dit que devant une expérience aussi ésotérique, aussi incompréhensible, aussi mystérieuse que celle-ci, mieux vaut ne pas faire un geste de plus et attendre pour voir ce qui va se passer. Il regrette de ne pas avoir apporté avec lui son fusil de calibre douze qu'il utilise pour chasser les taupes sur son terrain ou pour éloigner le facteur qui a la mauvaise manie de jouer avec sa boîte aux lettres depuis les cinquante dernières années. Il reste là et il attend. Il attend quoi? Qu'un être humain se pointe devant lui. Avant, au début, je veux dire la première année où je travaillais là, j'allais à la rencontre de ces vieux Italiens de première génération. Mais depuis, j'ai appris que ça ne sert à rien. Que tu sois proche ou éloigné de lui, dès que ton regard croisera le sien, la bave aux lèvres, le regard paniqué et la voix défaillante, il te gueulera systématiquement ceci :
" Sambuuuuucaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!! "

Tu sais tout de suite que même si tu parlais parfaitement italien, tu ne pourrais pas lui parler de Umberto Eco.
Remarquez, il y a le même type de client québécois (Rye), haïtien (Brandy) ou indou (Gyn). Mais je dois avouer que le vieil Italien de première génération, celui qui a les doigts tout écorchés, il est à part.

mardi 22 septembre 2009

Le voyage dans le temps.

Le chèque n'est pas gros. Une centaine de dollars après impôts et retenues diverses. Ça représente une journée de travail que mon ancien employeur ne m'avait pas payée. Il prétextait que je n'avais pas le droit de m'absenter ce jour-là. Et encore moins pour aller manifester contre la présence de W.Bush à Ottawa. Le commissaire aux Relations de Travail m'avait cependant donné raison, jugeant que selon les normes en vigueur dans cette entreprise de merde pour laquelle je travaillais, et en tenant compte des heures supplémentaires non payées que je leur donnais à chaque semaine, non seulement je pouvais très bien m'absenter comme cela se faisait pour les autres mais qu'en plus, je pouvais faire ce que je voulais de mon emploi du temps en dehors des heures de travail. Ce qui est tout naturel quand on y pense. Nous sommes dans un pays démocratique à ce que je sache.
Entre autres victoires, j'avais donc aussi obtenu celle-ci et j'y tenais fortement. Non pour l'argent, mais pour le symbolisme de la chose. Gagner des milliers de dollars après cinq ans, c'est chouette mais gagner aussi cette peanut, c'était la cerise sur le sundae. Une manière de doigt d'honneur par jugement interposé.

Ils m'ont envoyé le chèque au mois de juin dernier. Non pas chez moi, mais chez mon ex puisqu'ils n'avaient pas ma nouvelle adresse. En fait, ils auraient dû l'envoyer à mon avocat mais bon, ne chipotons pas pour si peu.

Ainsi donc mon chèque était chez mon ex et je devais le récupérer depuis trois mois. C'est elle qui m'avait avisé après réception de la chose tout en m'informant du même coup qu'elle avait retrouvé un porte-folio rempli de mes dessins, peintures et autres croquis diverses qui traînait encore chez elle. Depuis trois mois qu'on tente de se rencontrer pour régler sans jamais y parvenir. Ce soir j'y suis allé. C'était la première fois que je remettais les pieds dans notre ancien logement depuis notre séparation. En fait non, la dernière fois, je me souviens, c'était pour y vider mes derniers effets cinq ou six mois après mon départ. J'étais seul avec sa mère et profitant d'un moment d'absence de celle-ci, j'avais un peu exploré les lieux. Elle était déjà avec ce type, cette chose un peu visqueuse qui drague dans le dos des copains. Je me souviens que dans la cuisine, il y avait un nouveau calendrier. Je savais que mon ex prenait l'habitude d'y écrire les anniversaires de tout le monde. En le feuilletant, j'étais tombé sur une date qui n'était pas la mienne mais pourtant douloureusement encerclée avec un cœur, exactement comme elle le faisait pour moi depuis les six dernières années. Je me souviens d'avoir pris un crayon et d'avoir tracé le mot "enculé!" à côté de cette date anniversaire du reptile en question. C'était immensément enfantin, prodigieusement ridicule, parfaitement irrespectueux, mais bon dieu, qu'est-ce que ce fut défoulant!

Les années ont passées et le reptile s'en est allé vers d'autres ménages à briser. Un ou deux autres remplaçants se sont succédés depuis, dont le dernier en date qui, ma foi, est fort sympathique puisqu'il ne m'a rien fait. Il a la même tête que (.... au moment où j'écris ces lignes, j'entends des cris dans la rue. Je vais voir. Tout est normal. Ce n'est qu'une bataille rangée entre quelques putes pour un coin de trottoir) ... je disais donc qu'il a la même tête que James Hetfield, le chanteur de Metallica mais en beaucoup plus jeune. (Normal, Hetfield a exactement mon âge.) D'ailleurs, il joue de la guitare et je crois même qu'il donne des leçons.

Je suis donc passé ce soir chez mon ex, dans ce même logement que nous avons partagé pendant quelques années. Ça m'a fait tout drôle on s'en doute. Mais ça ne m'a pas tapé dessus comme je l'aurais cru. Juste une étrange impression de faire un voyage dans le temps. James Hetfield était là aussi, ce qui était une bonne chose puisque de cette manière je me payais la totale en une seule visite. Mon ancien logement, mon ex et le chum de mon ex.
Elle m'a fait visiter les lieux que je connaissais déjà, mais en me montrant les changements apportés depuis. Je reconnaissais des choses et j'en découvrais de nouvelles. J'ai vu le salon, son bureau à elle, son bureau à lui, la cuisine mais je lui rend grâce d'avoir judicieusement passé à côté de la chambre à coucher. Ça m'a évité le malaise de devoir lui refuser de voir ça. À la place, elle m'a montré ses cochons d'Inde qu'elle collectionne dans une énorme cage qui sent un peu la ferme. C'est son genre. Une année, elle m'avait offert pour mon anniversaire un hamster qu'elle voulait appeler Napoléon. C'était la première fois de ma vie qu'on m'offrait un rat pour mon anniversaire. Pour me venger, je lui avais acheté un décanteur à vin pour le sien. J'avais pensé à une clé à molette mais je m'étais dit que le décanteur serait quand même plus utile. Pour en revenir au hamster, je lui avais dit que j'étais mal à l'aise avec l'idée de lui donner le nom du grand Empereur. Nous en avions discuté très sérieusement et nous avions convenu d'un compromis en le baptisant Armand Augustin Louis de Caulaincourt, Duc de Vicence. (nous disions simplement "Caulaincourt" entre nous pour faire plus court) Un très grand diplomate, un des préférés de Napoléon. On lui doit un extraordinaire ouvrage qui consiste à la retranscription journalière de ses conversations avec l'Empereur pendant cette longue randonnée lors de la retraite de Russie.
Vous ais-je déjà dit que je suis un crack de Napoléon Bonaparte? Le code civile, le Consulat, Austerlitz? Non?
Anyway...
Ce foutu hamster est mort devant moi après s'être empiffré d'un sac de plastique qui traînait près de sa cage. Faut vraiment être con. Je l'ai vu agoniser sans pouvoir rien n'y faire et ça m'a marqué. Depuis ce jour, je ne veux rien de vivant comme cadeau d'anniversaire. Ou alors des homards si on insiste vraiment.

J'avais soif et j'ai demandé un verre d'eau. C'est James Hetfield qui, gentil comme tout, s'est chargé de me l'apporter. J'étais déshydraté. Ça m'arrive quand je suis un peu nerveux. À la Commission des Relations de Travail, quand je devais me faire questionner par l'avocat adverse, j'avais toujours une bouteille d'eau avec moi.
J'ai bu quelques gorgées. Ça m'a fait un bien fou. Mais tout le temps que dura ma conversation, curieusement, j'évitais de regarder mon ex dans les yeux. Le cul, ça oui, j'ai bien regardé mais pas les yeux. Je me sentais inconfortable. Je ne sais pas pourquoi. Faut croire que je suis plus à l'aise avec les culs qu'avec les yeux. Normal, j'suis un mec. Donnez-nous un cul et nous vous soulèverons le monde. C'est bien connu. Je crois que c'est Archimède qui a dit ça. Ou un de ses potes, je ne sais plus. Faudrait que je vérifie. (Ne pas oublier de m'écrire une note à ce sujet)
Signe des temps, il y avait un jeu vidéo dans le salon. J'avais oublié que mon ex est de cette génération. Il y avait aussi un écran télé au plasma. Et des plantes aussi. Et puis des tableaux qu'elle a fait. De superbes toiles avec des couleurs et de la texture qui viennent te foutre des baffes tellement c'est puissant. Ça, elle ne l'a pas perdu. Heureusement.

Et puis il est 23h36 et j'écris ces mots en me tapant une bière sans trop savoir ce que je fous ici.
Petit cafard passager.
J'écoute Benjamin Biolay
Chanter Rose Kennedy
Sur un Septembre grand ouvert
Qui tente de racheter l'été.

C'est une époque lourde en ce moment.
Lourde de toutes ces choses qui passent
Et qui ne reviennent plus.
Comme ces dates d'anniversaires
Encerclées d'un cœur
Sur le calendrier jaunie
Des bonheurs effacés.

La fin du Ramadan

Mon pote Marocain vient de terminer son Ramadan. Je lui ai envoyé un petit courriel lui souhaitant un joyeux Aid-el-Firt (qui souligne la fin du Ramadan) en lui demandant si ça se disait. Il m'a répondu ceci:
"... Oui oui ça se dit....à condition de voir l'Aid-el-Fitr comme un Noël musulman. Auquel cas, ben le Ramadan, c'est pas vraiment un cadeau du père Noël...."
Mon pote Marocain, il est le plus drôle pote Marocain que j'ai. Un jour que j'étais avec lui dans un café, il me dit comme ça : " Oh! Va te moucher. T'as un truc dégueulasse qui dépasse de ta narine". Un fois la chose faite, je l'ai remercié en lui soulignant la chance que j'avais eue de n'être qu'avec lui, sans une fille à draguer à la même table. Du tac au tac il me répond : " Oh! Mais t'es fou toi! J'te jure, s'il y avait eu une fille, je te l'aurais jamais dit."

lundi 21 septembre 2009