Pour la voix incomparable de John. Pour les harmonies. Pour la montée musicale. Pour l'apparente facilité de la chanson. Une superbe chanson des Beatles un peu oubliée.
Bonjour, mon nom est Varice et Versa et voici mon blog. T'es pas content? Mais j'en ai rien à foutre ducon!
jeudi 16 janvier 2014
dimanche 12 janvier 2014
Dude
Redoux de janvier.
Dehors, en revenant du boulot, ça sentait bon les soirs de mars quand le
printemps commence à prendre le dessus sur l’hiver. Il n’y a aucun autre parfum
que j’aime plus que celui-là. (Quoi que je me souviens de celui de cette fille
qui… oui bon, passons) Ça me ramène toujours de fortes réminiscences d’un passé
plus vraiment proche. Le printemps quand t’es ado, l’odeur du dégèle, les
premières soirées un peu plus chaudes, qu’est-ce que c’était chouette. Y a des
tas de noms de filles qui te reviennent.
Celle-là surtout. Murielle
son nom (fictif, bien sûr. Des fois que…) J’avais 15 ou 16 ans, elle en avait
14 ou 15. Elle avait un an de moins que moi, mais était déjà parfaitement femme
avec toutes les courbes et dénivellations placées aux bons endroits. Elle
allumait tous les mecs du quartier. Et même ceux des autres quartiers. Et même
ceux des autres villes. Devant chez elle, il y avait toujours des tas de
voitures sport garées comme chez un concessionnaire. Ça appartenait à sa cour,
son troupeau de prétendants qui se battaient pour être assis près d’elle, sur
les marches de son balcon où ils venaient lui porter leurs hommages de mec en
rut. Et ils étaient nombreux. Tous à peu près gosses de riches, tous avec des
voitures plus grosses les unes que les autres, tous entre 16 et 18 ans. Quand
je passais par là avec mon 10 vitesses CCM TARGA rouge plus lourd qu’un cheval
mort, quand je voyais tous ces mecs plus vieux que moi assis sur ses marches
par ordre d’importance (elle se tenait tout en haut et n’acceptait qu’un seul
dude à sa droite. Généralement c’était Denis Ballus – nom fictif – fils de
Ballus Transport. Tous les autres s’assoyaient sur les marches plus basses, et
généralement par ordre d’importance décroissante. Ceux qui restaient debout
étaient les nouveaux prétendants. Ceux qui devaient se faire accepter par la
belle. Pour y arriver, ils devaient se montrer rigolos. Du moins, c’est ce que
j’ai cru déceler dans leurs us et coutumes. Enfin, bref, c’était comme ça que
ça fonctionnait du temps où il n’y avait ni d’Internet, ni téléphone dit
intelligent et même pas de cartes de débit.) … bref, quand je passais par-là, je
savais que je n’avais aucune chance. Tu ne peux pas te battre contre une
Trans-Am quand t’as un CCM TARGA rouge qui pèse plus lourd qu’un cheval mort. Et
en plus, ils étaient tous plus vieux que moi.
Mais vous savez
quoi ? J’ai tout de même été le premier à gagner son petit cœur de vraie
femme avec pleins de courbes aux bons endroits et à aller au cinéma avec elle. Je
crois que j’ai déjà raconté ça ici… Je me souviens du film… c’était avec
Charles Bronson. Le solitaire de Fort Umboldt. Après une rapide recherche sur
Wikimachin, je peux donc dire que c’était en 1976. (film tourné en 1975, mais
présenté en 1976) Fuck ! J’avais 13 ans ! Et elle, forcément, elle en
avait 12. Du coup, non, je ne suis pas sortie avec elle quand j’avais 16 ans.
Impossible ! Ça veut donc dire que je confonds, que les mecs sur son
balcon, c’était après, bien après. Que les courbes bien placées aussi c’était
après. Shit ! C’est fou comment tout se mélange avec les années.
Heureusement qu’Internet est là pour nous ramener les vraies dates. Anyway,
elle avait déjà à cet âge des prétendants parce que je me souviens qu’au
cinéma, sa cour de jeunes mecs nous avait suivis et s’était assise dans la rangée
derrière nous. Oui bon, j’arrête là parce que la suite n’est pas drôle. J’avais
tout foiré. J’avais voulu l’embrasser, elle ne voulait pas. Ce genre de chose.
Un drame sans nom. J’avais tout raté le film pour cause de dérapage
sentimental. Un criss de bon film en plus. Ça se passait dans un train. C’est
tout ce dont je me souviens. De ça et aussi que c’était le printemps que ça
sentait comme ce soir.
samedi 11 janvier 2014
Encore
Sketch de Dieudo contre les religions.
Mais surtout contre les intégristes musulmans.
Pas une seule plainte des musulmans.
Ni des associations anti-racistes.
vendredi 10 janvier 2014
Dieudo
Ce qui me désole et
m’attriste, c’est de voir le nombre de personnes qui l’accusent et le
crucifient, qui le diabolisent et le méprisent sans avoir vu un seul de ses
sketchs. Ou pire encore, en déformant ses propos ou en les sortant de leur
contexte.
Dieudonné est
l’humoriste le plus talentueux que j’ai vu. Le plus mordant et le plus
intelligent. Et aussi, et surtout, et quoi qu’on en dise, le plus humaniste que
je connaisse.
lundi 6 janvier 2014
Mon directeur
Le mec, mon patron,
il vient de chez Maxi. C’est mon nouveau directeur, celui qui remplace la
précédente, la gentille, celle qui est en congé de maternité. Ça ne fait pas un
an qu’il est en fonction. Au début, je l’ai vraiment aidé à s’adapter et à
prendre le rythme de la boîte. Oui bon, il a voulu prendre possession de la
succursale, mais mec, cette succursale-là, elle est à MOI ! Gentiment,
poliment, diplomatiquement, je lui ai expliqué qu’on n’était pas chez Maxi et qu’il
ne gérait pas des ados boutonneux. Je lui ai montré qu’il devait d’abord mettre
l’équipe de son côté, et ensuite imposer sa vision. Pas l’inverse. Surtout si
tu ne sais pas faire la différence entre Pinot Gris et un Pinot Noir.
Tsé.
Mais malgré ses
petits défauts, il parvenait relativement bien à s’adapter. Même qu’à un
moment, et parce que je suis un bon mec, je l’ai invité à nos parties de hockey
du dimanche soir. Oui bien sûr, il y a eu des moments où il a fallu lui montrer
le droit chemin, le mettre au pas comme on dit, le dresser (« je ne suis
pas un chien » qu’il avait répondu, outré, à mon pote et collègue quand ce
dernier lui avait lancé cette phrase pour lui expliquer le cheminement qui
l’attendait dans notre succursale) et parfois, il me le reprochait. Je me
souviens de cette conversation où il m’avait dit « tu sais, tu n’as pas
toujours été facile avec moi ». Du coup, je me suis esclaffé solide avant
de lui répondre. « Tu ne sais même pas à quel point je t’ai protégé mec. Je
t’ai chouchouté, bichonné comme tu ne peux même pas te douter. Et si je l’ai fait,
c’est parce que je l’ai promis à XYZ (l’ancienne directrice) qui m’avait
demandé de te donner une chance. Quand je ne serai vraiment pas facile avec
toi, et je ne te le souhaite pas, tu vas te rappeler de cette
conversation ».
Le clash est venu
avant les Fêtes. Une suspension contre mon pote.
Un black.
Je précise parce que
c’est pertinent dans l’histoire.
Je raconte
rapidement : un client blanc fait chier une collègue black. Il l’insulte
et tient sur elle des propos racistes. Il passe deux ou trois fois par semaine
et dépose plainte sur plainte contre ma collègue qui refuse de le servir. Nous,
les collègues, on décide aussi de ne plus le servir en guise de solidarité.
Eux, la direction, nous oblige à le servir. On discute, on se rencontre à la
maison mère, on parle à des RH et à une panoplie de conseillers, mais ils
persistent : on doit le servir quand même. Nous, on refuse encore. Simple
question de moral et de gros bon sens. (Je rajoute : notre succursale est
située en plein cœur de la communauté haïtienne. À cette succursale, 50 % de
mes collègues sont ou Haïtiens, ou blacks ou provenant d’une minorité dite
« visible » quelconque, donc très sensibles à ce genre de problème.
Notre clientèle est haïtienne à au moins 65%. Donc, dossier très très très très
glissant. Et eux, les cons, ils veulent suspendre un collègue black qui
travaille dans une succursale située dans un quartier de blacks parce qu’il a
refusé de servir un blanc raciste qui a lancé des injures racistes à une
collègue black ! Allllllooooooooooo !!! Vous voulez vraiment qu’on
parle de vous dans les journaux !!?? ) Ils nous disent : si vous
refusez de le servir, on devra sévir. Nous, ou plutôt le Che, mon délégué que
j’accompagne à la maison des boss, leur répond « Sévissez et vous
verrez ».
Ils ont sévi et
effectivement, ils ont vu.
Quand les rares fois
où t’arrives à faire tomber une suspension, le délai se compte en mois. Dans ce
cas-ci, en seulement 5 petites journées après avoir suspendu mon pote et
collègue (black) qui avait refusé de servir le client raciste, ils sont revenus
sur leur décision.
Un record absolu. (Et
un autre coup de maître de mon délégué qui en a profité au passage pour éponger
et effacer des mesures disciplinaires de 4 autres collègues pour des raisons
qui n’avaient aucun lien avec ce dossier, sauf pour la couleur de peau des
« accusés ». La direction a tellement été ébranlée par notre riposte
qu’ils ont tout donné à mon délégué.)
C’est à partir de ce
moment-là que mon directeur a fait le con. Car devant les autres directeurs
lors de leur souper de Noël, faisant le fier et se pétant les bretelles, il a
été se vanter comme un con qu’il donnerait personnellement la suspension à mon
pote et que tout irait bien, qu’il m’avait dans sa petite poche et qu’il
contrôlait MA succursale. Chose qu’il ignorait, c’est que les autres directeurs
se sont bidonnés tout bas en entendant ça et que l’un d’eux nous a même contactés
pour nous raconter la scène en nous précisant mille fois qu’eux, les autres
directeurs, n’étaient pas du tout d’accord avec la suspension et qu’ils se
dissociaient totalement (par pitié !!) des désagréments que ce geste
suicidaire allait causer.
Là, ouais, mon
directeur a compris ce que je voulais dire quand je lui expliquais que malgré
ce qu’il en pensait, j’avais été vraiment « soft » avec lui.
Un exemple ?
J’en ai mille. Mais
je n’en citerai qu’un seul.
La communauté
haïtienne de Montréal compte environ 200 000 membres. Ils sont tissés serrés et
se connaissent tous, ou connaissent toujours un type par le fait que c’est
l’ami du cousin de celui ou de celle-là. Dans ma succursale, j’ai des tas de
clients qui appartiennent à des gangs de rue et qui sont tout de même très
sympas. J’en ai d’autres qui n’appartiennent pas à des gangs de rue, mais qui
ont tout de même des looks de tueurs en série et qui viennent toujours en
bande. Ils me connaissent, savent que je suis le rigolo de la place, que je
déconne avec eux et je dirais sans me vanter que grosso modo, la vaste majorité
des Haïtiens de Montréal qui carbure au rhum me connaît et m’apprécie.
Ceci étant dit, dès
le lendemain de la suspension, à la première minute de mon premier quart de
travail, voilà-t-y pas que se ramène une bande de blacks à la mine plus que
patibulaire. Ils s’amènent à mon comptoir et achètent quelques bouteilles de
cognac. Je leur dis « hey les mecs, vous connaissez Max (nom
fictif) ? Il a été suspendu. » Ils me demandent pourquoi. Je leur réponds
que c’est parce qu’il a refusé de servir un client raciste qui insultait Martha
(nom fictif de ma collègue). Les réactions ne se font pas attendre.
« T’es-tu sérieux tabarnak ! Yo, c’est quoi l’affaire ? »
Mon directeur qui est à une distance relativement proche et qui entend tout, se
met à rentrer très profond sa tête devenue toute blanche entre ses épaules pour
essayer de se faire le plus petit possible. Et moi, et parce que je suis
vraiment un humaniste profond qui déteste l’injustice, voilà-t-y pas que je
pointe mon index en direction de mon directeur en leur disant comme ça, tout
bonnement, et parce que je veux que mes gentils clients soient bien informés de
toute l’histoire « C’est lui qui l’a suspendu ! »
4 jours plus tard, la
direction a décidé d’annuler la suspension de Max.
C’est fou quand même
le pouvoir d’une communauté qui se tient.
dimanche 5 janvier 2014
Restants de veille
Y a des corps morts
dans ma cuisine ce matin, résultat du dernier souper des Fêtes, hier, entre
amis. Au moment où j’écris ces mots, une bonne partie de ces vestiges trempe
dans l’eau bouillante et savonneuse. Ça aide à faire partir le gras, les
restants de sauces collées au fond des assiettes, les taches de vin.
S’il pouvait en être
ainsi pour nous, pauvres humains.
La vie ressemble
parfois un peu trop à une assiette barbouillée des restants de la veille. Mais
il n’existe pas de savon à vaisselle assez puissant pour nous décrotter des
assauts du temps qui passe.
Je ne sais pas trop
ce que ça veut dire, mais comme ce sont les premiers mots qui marquent mon
réveil, comme je n’ai pas encore terminé mon premier café, comme j’entame
officiellement ce matin la nouvelle année à mon boulot, je balance ces mots un
peu comme ils viennent, sans me soucier du sens profond qui pourrait en découler.
C’est de la création spontanée comme ils disent dans les livres.
Bon, j’y vais. Y a
des alcolos qui attendent.
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