J'adore lire des trucs écrits par des penseurs professionnels, des auteurs bardés d'instruction et de culture, et voir ensuite qu'ils pensent (à gauche) les mêmes choses que moi mais en sachant les dire avec des mots qui tuent. Ça me rassure sur le fait que je ne suis pas si con finalement, pas si seul non plus à me gâcher le café du matin quand je me tape ces horreurs dans les journaux. Ça donne une légitimité à cette impression de ne pas appartenir totalement à cette société de merde qui fabrique annuellement - par la famine planétaire - 10 millions de petits cadavres âgés de moins de 5 ans. 10 millions par année, ça fait un peu plus de 27 000 par jour. 27 000 par jour, ça fait à peu près 12 World Trade Center par tranche de 24 heures, 365 fois par année. Et que des enfants de moins de 5 ans.
Nous vivons dans ce monde là.
Vous et moi.
Nous vivons dans un monde où le pire problème qui puisse nous tomber sur la tronche est de voir l'essence à $1.45 le litre. Ou que l'été se fait attendre. Ou qu'il y a trop de moustiques en ce moment dans les Laurentides. Et l'on gueule.
Un jour, au printemps et alors que la température nous donnait encore de la neige, j'ai entendu une cliente dire : "Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu pour mériter ça!" Je suis venu à deux doigt de lui éclater la tête à grand coups de bouteille de J.P.Chenet Cabernet-Merlot de merde qu'elle venait s'acheter sans trop savoir pourquoi. (Mais sans doute parce que le long goulot ressemble vaguement à un phalllus et que ce vin n'est acheté que par des madames qui manquent sérieusement de pénis dans leur vie. C'est dingue! Sérieux, j'ai jamais vu un mec acheter cette merde! Y a que les femmes! Et encore, pas n'importe lesquelles. 45 ans et plus, moches, un peu boulottes, cheveux oranges parce que ça fait "flyé" mais que ça excite pa
s d'avantage leurs mecs. Qui sortent une fois par année du 450 pour monter à Montréal voir une comédie musicale au St-Denis - Don Juan ou Dracula -, ou alors Martin Matte. Qui portent le sac à main assorti avec les souliers, qui trouvent toutes Véronique Cloutier tellement courageuse et qui font toutes pipi dans leur slip (brun et qui monte par-dessus le nombril) quand elles rigolent devant les gags tellement songés de Martin Matte. Faut les voir prendre cette bouteille fermement par le goulot! C'est facile de deviner à la manière qu'elles manipulent la chose et au sourire satisfait qui dessine leur visage qu'elles retrouvent quelque chose qui leur manquait depuis des siècles. Fin de la parenthèse. Je commence à dire des insanités. Mais juste au cas où l'on voudrait me traiter de misogyne, je signale que le pourrais dire la même chose des mecs moches, grassouillet, chauves, qui puent la merde et qui viennent s'acheter du gros Gin en cachette de leur femme.)
Ziegler parle carrément de combat. "De la connaissance naît le combat, du combat la liberté et les conditions matérielles de la recherche du bonheur. La destruction de l'ordre cannibale du monde est l'affaire des peuples." Putain de merde, de putain de merde de putain de merde, mais quelle belle phrase! Mais quelle belle phrase! La destruction de l'ordre cannibale du monde est l'affaire des peuples! Ce type là, il trempe sa plume dans du concentré de cyanure! Et le mec n'a pas 20 ou 30 ans, il a 74 ans!!
Vieux fou! Je veux être comme toi à ton âge! Avoir cette même rage dans les veines et vouloir encore péter des gueules de sales rapaces!
Plus loin, il glisse un passage d'un discours de Babeuf en juillet 1791: " Perfides, vous criez qu'il faut éviter la guerre civile, qu'il ne faut point jeter parmi le peuple les brandons de la discorde. Et quelle guerre civile est plus révoltante que celle qui fait voir tous les assassins d'une part et toutes les victimes d'une autre! Que le combat s'engage sur le fameux chapitre de l'égalité et de la propriété! Que le peuple renverse toutes les anciennes institutions barbares! Que la guerre du riche contre le pauvre cesse d'avoir ce caractère de toute audace d'un côté et de toute la lâcheté de l'autre. Oui, je le répète, tous les maux sont à leur comble, ils ne peuvent plus empirer. Ils ne peuvent se réparer que par un bouleversement total." Puis en conclusion, Ziegler ajoute jouissivement pour les lecteurs comme moi: " Je veux contribuer à armer les consciences en vue de ce bouleversement".
Ouaaaah!!! Un utopiste contemporain! J'aime! J'aime! J'aime!
Bon, je vais me coucher. J'ai encore trois jours à faire avant mes vacances.
Nous vivons dans ce monde là.
Vous et moi.
Nous vivons dans un monde où le pire problème qui puisse nous tomber sur la tronche est de voir l'essence à $1.45 le litre. Ou que l'été se fait attendre. Ou qu'il y a trop de moustiques en ce moment dans les Laurentides. Et l'on gueule.
Un jour, au printemps et alors que la température nous donnait encore de la neige, j'ai entendu une cliente dire : "Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu pour mériter ça!" Je suis venu à deux doigt de lui éclater la tête à grand coups de bouteille de J.P.Chenet Cabernet-Merlot de merde qu'elle venait s'acheter sans trop savoir pourquoi. (Mais sans doute parce que le long goulot ressemble vaguement à un phalllus et que ce vin n'est acheté que par des madames qui manquent sérieusement de pénis dans leur vie. C'est dingue! Sérieux, j'ai jamais vu un mec acheter cette merde! Y a que les femmes! Et encore, pas n'importe lesquelles. 45 ans et plus, moches, un peu boulottes, cheveux oranges parce que ça fait "flyé" mais que ça excite pa
s d'avantage leurs mecs. Qui sortent une fois par année du 450 pour monter à Montréal voir une comédie musicale au St-Denis - Don Juan ou Dracula -, ou alors Martin Matte. Qui portent le sac à main assorti avec les souliers, qui trouvent toutes Véronique Cloutier tellement courageuse et qui font toutes pipi dans leur slip (brun et qui monte par-dessus le nombril) quand elles rigolent devant les gags tellement songés de Martin Matte. Faut les voir prendre cette bouteille fermement par le goulot! C'est facile de deviner à la manière qu'elles manipulent la chose et au sourire satisfait qui dessine leur visage qu'elles retrouvent quelque chose qui leur manquait depuis des siècles. Fin de la parenthèse. Je commence à dire des insanités. Mais juste au cas où l'on voudrait me traiter de misogyne, je signale que le pourrais dire la même chose des mecs moches, grassouillet, chauves, qui puent la merde et qui viennent s'acheter du gros Gin en cachette de leur femme.)Ziegler parle carrément de combat. "De la connaissance naît le combat, du combat la liberté et les conditions matérielles de la recherche du bonheur. La destruction de l'ordre cannibale du monde est l'affaire des peuples." Putain de merde, de putain de merde de putain de merde, mais quelle belle phrase! Mais quelle belle phrase! La destruction de l'ordre cannibale du monde est l'affaire des peuples! Ce type là, il trempe sa plume dans du concentré de cyanure! Et le mec n'a pas 20 ou 30 ans, il a 74 ans!!
Vieux fou! Je veux être comme toi à ton âge! Avoir cette même rage dans les veines et vouloir encore péter des gueules de sales rapaces!
Plus loin, il glisse un passage d'un discours de Babeuf en juillet 1791: " Perfides, vous criez qu'il faut éviter la guerre civile, qu'il ne faut point jeter parmi le peuple les brandons de la discorde. Et quelle guerre civile est plus révoltante que celle qui fait voir tous les assassins d'une part et toutes les victimes d'une autre! Que le combat s'engage sur le fameux chapitre de l'égalité et de la propriété! Que le peuple renverse toutes les anciennes institutions barbares! Que la guerre du riche contre le pauvre cesse d'avoir ce caractère de toute audace d'un côté et de toute la lâcheté de l'autre. Oui, je le répète, tous les maux sont à leur comble, ils ne peuvent plus empirer. Ils ne peuvent se réparer que par un bouleversement total." Puis en conclusion, Ziegler ajoute jouissivement pour les lecteurs comme moi: " Je veux contribuer à armer les consciences en vue de ce bouleversement".
Ouaaaah!!! Un utopiste contemporain! J'aime! J'aime! J'aime!
Bon, je vais me coucher. J'ai encore trois jours à faire avant mes vacances.

