jeudi 5 juin 2008

Encore et juste avant d'aller me coucher.

J'adore lire des trucs écrits par des penseurs professionnels, des auteurs bardés d'instruction et de culture, et voir ensuite qu'ils pensent (à gauche) les mêmes choses que moi mais en sachant les dire avec des mots qui tuent. Ça me rassure sur le fait que je ne suis pas si con finalement, pas si seul non plus à me gâcher le café du matin quand je me tape ces horreurs dans les journaux. Ça donne une légitimité à cette impression de ne pas appartenir totalement à cette société de merde qui fabrique annuellement - par la famine planétaire - 10 millions de petits cadavres âgés de moins de 5 ans. 10 millions par année, ça fait un peu plus de 27 000 par jour. 27 000 par jour, ça fait à peu près 12 World Trade Center par tranche de 24 heures, 365 fois par année. Et que des enfants de moins de 5 ans.
Nous vivons dans ce monde là.
Vous et moi.
Nous vivons dans un monde où le pire problème qui puisse nous tomber sur la tronche est de voir l'essence à $1.45 le litre. Ou que l'été se fait attendre. Ou qu'il y a trop de moustiques en ce moment dans les Laurentides. Et l'on gueule.
Un jour, au printemps et alors que la température nous donnait encore de la neige, j'ai entendu une cliente dire : "Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu pour mériter ça!" Je suis venu à deux doigt de lui éclater la tête à grand coups de bouteille de J.P.Chenet Cabernet-Merlot de merde qu'elle venait s'acheter sans trop savoir pourquoi. (Mais sans doute parce que le long goulot ressemble vaguement à un phalllus et que ce vin n'est acheté que par des madames qui manquent sérieusement de pénis dans leur vie. C'est dingue! Sérieux, j'ai jamais vu un mec acheter cette merde! Y a que les femmes! Et encore, pas n'importe lesquelles. 45 ans et plus, moches, un peu boulottes, cheveux oranges parce que ça fait "flyé" mais que ça excite pas d'avantage leurs mecs. Qui sortent une fois par année du 450 pour monter à Montréal voir une comédie musicale au St-Denis - Don Juan ou Dracula -, ou alors Martin Matte. Qui portent le sac à main assorti avec les souliers, qui trouvent toutes Véronique Cloutier tellement courageuse et qui font toutes pipi dans leur slip (brun et qui monte par-dessus le nombril) quand elles rigolent devant les gags tellement songés de Martin Matte. Faut les voir prendre cette bouteille fermement par le goulot! C'est facile de deviner à la manière qu'elles manipulent la chose et au sourire satisfait qui dessine leur visage qu'elles retrouvent quelque chose qui leur manquait depuis des siècles. Fin de la parenthèse. Je commence à dire des insanités. Mais juste au cas où l'on voudrait me traiter de misogyne, je signale que le pourrais dire la même chose des mecs moches, grassouillet, chauves, qui puent la merde et qui viennent s'acheter du gros Gin en cachette de leur femme.)

Ziegler parle carrément de combat. "De la connaissance naît le combat, du combat la liberté et les conditions matérielles de la recherche du bonheur. La destruction de l'ordre cannibale du monde est l'affaire des peuples." Putain de merde, de putain de merde de putain de merde, mais quelle belle phrase! Mais quelle belle phrase! La destruction de l'ordre cannibale du monde est l'affaire des peuples! Ce type là, il trempe sa plume dans du concentré de cyanure! Et le mec n'a pas 20 ou 30 ans, il a 74 ans!!
Vieux fou! Je veux être comme toi à ton âge! Avoir cette même rage dans les veines et vouloir encore péter des gueules de sales rapaces!

Plus loin, il glisse un passage d'un discours de Babeuf en juillet 1791: " Perfides, vous criez qu'il faut éviter la guerre civile, qu'il ne faut point jeter parmi le peuple les brandons de la discorde. Et quelle guerre civile est plus révoltante que celle qui fait voir tous les assassins d'une part et toutes les victimes d'une autre! Que le combat s'engage sur le fameux chapitre de l'égalité et de la propriété! Que le peuple renverse toutes les anciennes institutions barbares! Que la guerre du riche contre le pauvre cesse d'avoir ce caractère de toute audace d'un côté et de toute la lâcheté de l'autre. Oui, je le répète, tous les maux sont à leur comble, ils ne peuvent plus empirer. Ils ne peuvent se réparer que par un bouleversement total." Puis en conclusion, Ziegler ajoute jouissivement pour les lecteurs comme moi: " Je veux contribuer à armer les consciences en vue de ce bouleversement".
Ouaaaah!!! Un utopiste contemporain! J'aime! J'aime! J'aime!

Bon, je vais me coucher. J'ai encore trois jours à faire avant mes vacances.

mercredi 4 juin 2008

L'empire de la honte.

"Le World Food Report (..) affirme que l'agriculture mondiale, dans l'état actuel du développement de ses forces de production, pourrait nourrir normalement (soit à raison de 2 700 calories par jour et par adulte) 12 milliards d'êtres humains.
Nous sommes aujourd'hui 6,2 milliards sur terre.
Conclusion: il n'existe aucune fatalité. Un enfant qui meurt de faim est assassiné.
L'ordre du monde économique, social et politique érigé par le capitalisme prédateur n'est pas seulement meurtrier. Il est aussi absurde.
Il tue, mais il tue sans nécessité.
Il doit être combattu radicalement.
Mon livre veut être une arme pour ce combat"


Bang! C'est tiré de la préface du livre L'Empire de la honte" par Jean Ziegler (1) (Fayard 2005) Je viens de débuter ce brûlot ce soir et je ne suis pas capable de m'en détacher.

1- Homme politique, sociologue, écrivain. Professeur de sociologie à l'Université de Genève, puis à la Sorbonne à Paris. Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l'homme de l'ONU de 2000 à 2008.

Papillon de nuit.


Papillon de nuit qui est venu se coller à la vitre de la porte d'entrée au chalet la semaine dernière alors que j'écrivais des petites choses sur mon ordi. Petites choses qui allaient être lues quelques jours plus tard en Angleterre par les yeux d'une amie qui y passe tout l'été. Ce petit noctuidé semblait m'épier dans ma quiétude solitaire, essayant sans doute de me convaincre d'aller me coucher et de lui laisser la nuit pour lui tout seul. C'est la lumière qui l'aura attiré vers moi. On dit d'ailleurs que justement, ce n'est pas la lumière qui les attire mais plutôt celle-ci qui dérègle leur sens d'orientation. Les phalènes et autres insectes nocturnes se déplaceraient en effet la nuit en utilisant la lune comme point de repère. Une simple ampoule électrique allumée devient alors un leurre terrible qui vient confondre leur jugement jusqu'à leur brûler les ailes. Du moins, c'est ce que j'ai déjà entendu dire. Je ne sais pas si c'est vrai, mais c'est une belle histoire. Tragique mais belle. Elle nous ramène un peu au mythe d'Icare.
Il n'était pas nerveux mon papillon de nuit. Même qu'il semblait très intéressé à ce que je faisais. Je l'ai pris en photo en utilisant le mode macro et j'ai constaté ensuite qu'il avait une dégaine qui ressemblait un peu à celle d'un ange. Ange de la nuit, il va sans dire. Il est resté là jusqu'au matin, sans bouger. Curieuse chose. Curieuse vie surtout. Né pour vivre la nuit et se coller aux vitres des chalets occupés par des saisonniers. Si la réincarnation existe, je ne crois pas que je cocherai "Papillon de nuit" sur le grand formulaire à compléter. Ni ver de terre non plus. Ni huître. Ni truite. Ni canard. Chat peut-être parce que ça ne fait que dormir et manger. Ou alors panda géant, à cause de leur rareté et du risque de disparition. On serait aux petits soins pour moi et on me donnerait tout ce que je veux. Il y aurait toujours autour de moi une batterie de vétérinaires, de diététiciens, de psychologues, d'activistes animaliers prêts à remuer ciel et terre pour que je sois heureux. Y s'font pas chier les pandas quand on y pense. Putain de pandas! Si un jour j'en croise un dans la rue, je lui pète la gueule.

mardi 3 juin 2008

Un peu de délire pour ne pas déprimer.

Journée de congé hier. Je traînais dans la maison. Suis resté des heures dans mon bain à lire Yasmina Khadra en rajoutant de l'eau bouillante parce que j'avais mes couilles quadragénaires qui gelaient par moments. Depuis des semaines, voire des mois, je laisse aller les choses et les obligations qui m'assaillent. Pas le goût de rien. Le temps passe sans moi. Le boulot me fait chier et quand je ne suis pas au boulot, je vais me réfugier au chalet comme une bête sauvage où j'arrive à retrouver un peu de quiétude dans le silence. En ce moment, je suis dans cet état où je pourrais très bien passer toutes mes vacances sur le balcon arrière du chalet à regarder la rivière couler. J'allais écrire que ça ne va pas trop en ce moment, mais c'est un euphémisme. En réalité, ça ne va pas trop depuis environ 45 ans. Sinon plus parce que je suis du genre tellement déprimé dans la vie que ça m'étonnerait pas que je l'étais déjà naguère, quand je nageais dans l'une des deux couilles de mon paternel (Deux fois le mot couille en quelques lignes?) en compagnie d'une bande de joyeux lurons tous semblables à moi.
Pourquoi ça ne va pas? J'sais pas. Ça me vient comme ça, sans prévenir et ça m'assomme grave. J'évolue constamment dans une sorte de déprime que j'arrive par moment à contrôler. Mais quand quelque chose de puant me tombe dessus, j'en ai pour des mois à me relever. Et on dirait que c'est pire avec l'âge. Je prends de moins en moins bien les claques de la vie. Et comme la vie n'est qu'une longue suite de claques appliquées sur la gueule, ça risque pas de s'arranger dans les prochaines années. Le chalet reste en ce moment le dernier endroit où je peux trouver un peu de quiétude. Ça vient du fait que les humains me pèsent et comme ils sont environ 6 milliards et des poussières autour de moi, ça complique un peu mes possibilités de guérison. Mais bon, ils ne me font pas tous chier quand même. J'aime bien mes amis et puis aussi les femmes en général. Leur présence surtout. Je trouve par contre qu'en ce moment, elles sont toutes un peu trop loin de moi, ce qui complique un peu ma curieuse manie de les renifler comme un chien sans collier. Très difficile en effet de renifler le cul d'une fille par MSN. Les relations textuelles, j'ai rien contre mais à la longue ça use les yeux. L'idéal serait de pouvoir combiner le chalet et les femmes. Genre trouver une femme avec des seins tellement gros que je pourrais y construire un chalet dessus et faire dévier une rivière qui viendrait couler romantiquement en son sillon merveilleux. Et puis ensemencer quelques truites là-dedans et ça serait le paradis sur terre mes amis. L'hiver, j'offrirais des escapades en traîneaux à chiens pour les touristes français et dans moins de cinq ans, je serais millionnaire. Pourquoi y a que moi qui pense à ça? Mais que fait donc le gouvernement!??
(Est-ce que je viens vraiment d'écrire ça moi??)
Chaque retour en ville me pèse comme une chape de plomb. Seul l'alcool me permet de passer quelques heures d'une relative tranquillité. Mais dès le lendemain, les vapeurs éthylique de la veille me transportent un peu plus loin dans cette déprime gluante. Par moments, ça va comme-ci comme-ça. Mais la plupart du temps, ça me pèse lourdement. Pour m'aider à faire passer tout ça, j'écris des conneries sur un blogue de merde. C'est de exhibitionnisme délirant mais bon, je m'en tape un peu.
J'ai finalement téléphoné à F... pour savoir si elle avait l'énergie pour accueillir une âme remplie de spleen, le temps d'un souper. Elle n'a pas refusé malgré ses engagements de la journée. Elle ne refuse jamais d'ailleurs et je savais que je pouvais compter sur elle. Une amie, ça sert à ça. Au cadran de la cuisine, il était 16h quand j'ai décidé de lever les pattes. Mais comme il prend de l'avance à une vitesse folle, il devait être en réalité quelque chose comme 15h ou à peu près. Ce putain de cadran d'IKÉA de merde, il se bouffe en effet environ dix minutes d'avance aux 24 heures. Et comme ça fait quelques jours que je ne l'ai pas remis à l'heure, je me suis donc fié à un calcul mental rapide. Mais comme ça ne va pas trop bien entre les deux oreilles depuis quelques temps, fallait pas trop m'en demander.
J'ai roulé pépère, un peu comme un touriste et j'écoutais Espace Musique à Radio-Canada tandis que les banlieusards me dépassaient des deux côtés, pressés qu'ils étaient de retrouver leur haies de cèdres fraîchement taillées dans le 450. Un peu plus loin sur la 15, un jeune con à casquette de base-ball blanche m'a doublé en me servant une jolie queue de poisson. Tout de suite, je me suis imaginé en chef de la Gestapo et je me suis envoyé plein d'images savoureuses où il était question d'interrogatoire très musclé avec ce type ficelé comme un saucisson sur une chaise.
- Fous allez parler herr Kaskette Planche!!!
- Mais!... mais je n'ai rien à dire! Je suis innocent!
- Je le sais herr Kaskette Planche!!!! Et c'est pour ça que je fais fous interroger en fous appliquant ces fils électriques sur les testiiikküüüles! C'est toujours plus rigolo interroger prisonnier qui n'a rien à dire!! Gniak! Gniak! Gniak!
- Au secours! À moi!!
- Inutile de crier herr Kaskette Planche!!! Personne ne fous entendra! Ce bunker est construit à flanc de poitrine de gröösse mademazelle, juste à côté du chalet où coule jolie rifière en son sillon merfeilleux! Endroit romantique pour torturer via testiiikküüüles à fous, ne troufez-fous pas? Gniak! Gniak! Gniak!
Je pense souvent à ce genre de truc quand quelqu'un me fait chier. Ça me défoule et ça ne fait pas de mal à personne. Mais je n'en ai pas encore parlé à ma psy. Un jour peut-être, et seulement si elle est gentille.

Quand je suis arrivé chez F..., elle était sur son départ. Elle devait donner des cours de ch'sais pas quoi à des gens qui suivent ces cours de ch'sais pas quoi mais n'en avait que pour une heure et demie. Elle m'a offert de m'expliquer comment fonctionnait la télé cinéma-maison pour que je puisse regarder le dernier James Bond pendant son absence mais j'ai refusé en lui disant que je n'avais pas envie de me taper un film, que j'allais plutôt en profiter pour lire. Je me suis allongé sur son sofa et j'ai ouvert mon livre. Ulysse, son chien qui a oublié d'être intelligent, est venu s'installer près de moi mais au même moment, le temps s'est couvert et on entendais au loin le tonnerre gronder. Ulysse n'aime pas les orages et ça le fait paniquer grave. Il se met à trembler de partout et il va ensuite se réfugier dans la baignoire où il manque à chaque fois de se casser la gueule en sautant. Pas vraiment le type d'intelligence canine qui impressionne les invités de passage. Mais il est sympa quand il ne jappe pas. Après quelques pages de mon livre déprimant, je me suis dit que finalement, un bon James Bond m'aiderait peut-être à me sortir de mon état dépressif. Ça m'a prit 15 minutes juste pour trouver la manière d'ouvrir le lecteur et puis c'est tout. Je n'ai jamais été foutu de faire fonctionner la chose à cause de cette putain de manette de merde qui avait tellement de boutons que ça ressemblait à tableau de contrôle de la NASA. Putain de manette de merde! Tout de suite, je me suis imaginé en chef de la Gestapo et je me suis envoyé plein d'images savoureuses où il était question d'interrogatoire très musclé avec cette manette ficelée comme un saucisson sur une chaise. Quand F... est revenue, elle m'a passé un savon parce que j'avais déréglé je ne sais trop quoi qui faisait que le film ne passait pas à l'écran. Ça lui a prit une bonne quinzaine de minutes à trouver le problème. Pendant ce temps là, on entendait Ulysse dans la baignoire qui essayait de sortir et qui devait sans doute se cramponner au rideau de douche.
On a bouffé une pizza au saumon fumé que F... a faite toute seule et avec ses petits doigts. On s'est callé deux bouteilles de vin et puis quelques bières aussi, question de ne plus être en état de dépression ni de conduire. Je me suis envoyé le gros sofa du salon où pendant la nuit, une armée de chats est venue me faire suer. F... dit qu'elle n'en a que deux mais je suis certain qu'elle ment, qu'elle doit en avoir au moins une bonne centaine planqués un peu partout dans les recoins secrets de la maison et qui n'attendent que la nuit - quand ils deviennent gris - pour attaquer les types qui dorment sur les sofas. Ils ne sont là que pour ça. C'est leur mission dans la vie.

Et puis je vais arrêter là parce que je dois aller faire ma lessive. J'ai plus rien à me mettre et ma chambre croule sous le linge sale.

lundi 2 juin 2008

Dieu est une femme dont on aimerait calculer le tour de poitrine avec la bouche.

Yves St-Laurent est mort aujourd'hui. C'est curieux parce que je croyais qu'il l'était déjà depuis quelques temps. Y en a comme ça. C'est comme ma vieille voisine d'à côté. Elle, elle est morte depuis des années mais elle se croit encore vivante. Du coup, j'ose pas trop lui dire quand je la vois mais je lui lance des messages, question de la préparer au choc.
- Vous me semblez un peu pâle aujourd'hui m'ame chose. Vous ne seriez pas un petite peu morte par hasard vous-là?
- Morte moi? Mais comme vous êtes drôle!
- Je disais ça comme ça, à cause de l'odeur.
- Une odeur? Quelle odeur?
- J'sais pas.. quelque chose comme un parfum de putréfaction.

C'est même pas drôle. J'écris n'importe quoi parce que je reviens du boulot où je me suis collé 12 heures de merde et j'ai le cerveau comme de la sauce blanche. Cerveau qui demandait pitié à la fin. Pauvre petit cerveau. Je suis désolé. 12 heures de merde je disais, mais sauf pour les 7 passées avec A... qui, comme je l'écrivais quelque part cette semaine (ou est-ce la semaine dernière?) est mon poumon du boulot. Jolie poumon d'ailleurs, au risque de me répéter. Elle devient toute rouge quand on lui dit qu'elle est belle devant les clients. Ça me fait toujours rigoler. Mais elle terminait à 19h et du coup, elle m'abandonnait avec le Cercle et le Jeune Lofteur. Celui-là, on l'a baptisé comme ça parce que justement, il ressemble à ces jeunes androcéphales qui participent à Loft Story. Il est jeune et il mange tout le temps. C'est tout ce qu'il fait dans la vie, être jeune et manger. Un trou sans fond. Sympa mais comment dire? Ben justement, jeune lofteur quoi. Le Cercle c'est celle qui veut être Kalif à la place du Kalif. Celle qui arrive deux heures avant le début de son quart de travail pour travailler bénévolement et du coup, couper des heures aux camarades syndiqués. Le genre qui rapporte tout au patron et qui revient de flatter le dos ensuite pour montrer qu'elle est sympa. Quand son mec l'a larguée l'an dernier, elle s'est mise à exulter sexuellement via Internet et nous raconter ses exploits les plus crues avec force détails. Des trucs qui nous donnaient la nausée juste à imaginer.
Heureusement, j'ai pu voir quelques uns de mes clients sympas.
Un Haïtien un peu alcolo qui clopine à cause de je ne sais quel truc au genou. Quand il marche, on croirait qu'il est saoul mais ce n'est qu'une illusion. Il est saoul en permanence et il me fait toujours rigoler parce que quand il me voit, on a une sorte de communication codée qu'on s'gueule à travers le magasin en se foutant complètement des clients et des autres employés. Ça fait ça:
- Oh!!! Chef!
- Ah! Chef!!!
- Comment ça va chef?
- Très bien chef! Et toi chef? Comment ça va chef?
- Très bien mon chef! Oh mais juste un peu mal à mon genou chef!
- Chef! Je connais un bon traitement pour ça chef!
- Un St-Rémy Napoléon chef??
- Chef! En plein ça chef!!!
- Ah mon chef! T'es mon chef à moi chef!
- Non chef! C'est toi qui est mon chef à moi!
Et puis ça dur comme ça pendant de longues minutes jusqu'à ce que je n'en puisse plus et que le parte à rigoler. C'est toujours moi qui craque le premier et lui, il pourrait continuer toute la nuit. Mon chef, c'est le chef pour les conversations de con qui font rigoler. Il est très fort et il garde son sérieux comme un pape et il m'impressionne. Chef, il travaille pour un Italien de Morin Heighs (tiens! tiens! je connais bien ce coin là) qui roule en Ferrari et qui baise tout ce qui bouge paraît-il.
- Mon patron chef, il ne vit que pour l'argent et le sexe chef!! Et pourtant, tu devrais voir sa femme! OOOooooohhhhhh! Mais elle est tellement belle chef!
Il se fait payer cash pour ramasser des moules ou j'sais pas quoi dans les lacs ou les rivières. J'ai pas très bien compris parce que chef, quand il parle, il bouffe parfois ses mots et il faut vraiment porter attention pour tout piger. Surtout quand il est saoul. Et comme il est tout le temps saoul, je ne comprends jamais rien. Mais je me marre bien avec lui.

Et puis il y a aussi monsieur Chivas. Un Haïtien lui aussi. Chauffeur de taxi qui fait des journées de 14 heures et plus qui est toujours crevé quand il vient acheter ses petites bouteilles de Chivas (d'où son nom) Monsieur Chivas, il est tout petit. Tellement petit que même quand il est près de toi, on a l'impression qu'il est loin. Même debout, on dirait qu'il est assis.
- Salut mon cher, donne-moi deux p'tits Chivas.
Je lui refile ses deux petites bouteilles et il prend toujours quelques minutes pour me raconter sa journée de fou. Depuis quelques mois, il se fringue en habit cravate comme s'il allait aux noces.
- T'es devenu millionnaire monsieur Chivas?
- Ah mon cher! C'est ma stratégie! Quand les clients me voient comme ça, ça les impressionne et ils me donnent de plus gros pourboires!
Monsieur Chivas, c'est un mec bien qui bosse dur pour son fric et c'est pas de sa faute s'il est petit. Il rêve de quitter ce boulot de merde et ouvrir son garage à lui. Je lui souhaite parce qu'il le mérite trop.

Et puis la danseuse du club de strip tease juste en face qui vient toujours acheter ses boissons énergisantes avant de commencer son quart de travail. Elle n'a vraiment pas le look pétasse et même qu'elle pourrait facilement passer pour une jeune étudiante en socio. Ce qu'elle est peut-être d'ailleurs. Je ne lui ai jamais demandé.

Et madame Tia Maria qui vient toujours acheter sa petite bouteille de Tia Maria (D'où son nom) Anglophone qui parle français avec un charmant accent. Doit avoir une soixantaine d'année mais belle comme tout. Son sourire surtout. Devait être incroyablement belle à trente ans celle-là. Je la drague un peu comme ça, pour lui faire plaisir et ça la rend toute joyeuse. Un jour, je me suis promis de lui dire qu'elle est vraiment belle. Mais pas tout de suite. Je vais attendre qu'elle soit un peu plus fripée et courbée, question de lui dire au moment où elle ne s'y attendra plus jamais. Ça fera plus d'effet.

Parlant de jolie femme, il en est venue une vers 20h. Cheveux noirs, visage ovale, des yeux d'un vert émeraude (C'est vert une émeraude?) et le sourire à te faire suicider une congrégation complète de moines reclus. Le genre de beauté qui ferait décongeler un quartier de boeuf ou à faire arrêter le trafic au coin de Peel et Sainte-Catherine à l'heure de pointe. Et puis habillée classe. Pull vert moulant qui faisait éclater ses yeux et qui te dessinait une poitrine qui te donnait envie d'en calculer la circonférence avec ta bouche, juste comme ça, scientifiquement et parce que ça donne plus de précision dans tes calculs. Elle m'a dit un "Bonsoir" qui m'a littéralement fait plier les genoux.
- Un seul chef?
- Non chef! Les deux!
- Oh chef! J'ai un bon remède pour ça! Un St-Rémy Napoléon chef!
- Oh chef! C'est pas le moment chef! Je suis entrain de croire en dieu chef! Dieu a les cheveux noirs chef! Et puis un incroyable visage ovale chef! Dieu est une femme chef! Je le savais chef! Et avec une superbe poitrine en plus chef! Une de celles qui te donne juste envie de faire un signe de croix et d'aller allumer un lampion à l'oratoire chef!
- À l'oratoire chef??
- Si! Si! Chef! À l'oratoire! Et puis avec des yeux d'un vert émeraude chef! Oh chef, c'est vert une émeraude?? Et ce sourire chef! Tu crois pas que c'est suffisant pour qu'un moine reclus décide de balancer ses voeux de chasteté aux orties chef? Chef, retiens moi chef! Ou alors amène moi pêcher des moules ou j'sais pas quoi avec ton italien chef!
- Pas question chef! Mon Italien, il te piquerait ton émeraude chef!
- Putain chef, mais je fais quoi alors? Et pourquoi je parle tout seul dans ma tête chef? T'es même pas là en ce moment!!!
Elle a déposé sa bouteille sur mon comptoir en me tuant grave avec son sourire et ses yeux qui étaient juste au dessus. J'ai pas pu résister. C'était plus fort que moi.
- Vous êtes vraiment jolie.
Elle est venue toute rouge et son sourire s'est agrandit encore plus.
- Merci, c'est gentil.
- Ça ne vous dérange pas que je vous le dise comma ça?
- Pas du tout, au contraire. Ça fait plaisir.
- C'est qu'aujourd'hui, on ne sait plus très bien nous les mecs si ça se dit encore ou si ça fait trop macho.
- Pas du tout! Ça se dit toujours voyons.
J'aurais pu lui dire qu'il fut un temps, quelque part dans les années '80 par exemple, le mouvement féministe était tellement fort que j'ai connu un mec qui s'est fait congédier de son boulot pour avoir tenu soit disant une attitude sexiste en offrant des fleurs à une collègue de travail. Mais comme elle avait environ trente ans et qu'elle n'a pas connu cette triste époque qui aura contribuée à fucker les mecs de ma génération, j'ai pas cru bon de m'allonger sur le sujet. Une fois sa bouteille payée et en se dirigeant vers la porte de sortie, je lui ai reluqué le cul pour voir si tout était parfait. Et j'ai vu que dieu était effectivement parfait. Joli cul tout rond et parfaitement en symbiose avec tout le reste. On est comme ça nous les mecs. On regarde toujours le cul des filles. C'est l'instinct qui nous y oblige et faut jamais croire un mec qui dirait le contraire. C'est qu'il s'agit d'un triste hypocrite.

dimanche 1 juin 2008

Les directeurs.

Ne jamais écrire saoul! Combien de fois devrais-je me le répéter!!!

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J'ai appris hier que la matante s'est faite transférée de secteur. Ça sera effectif la semaine prochaine. On s'est tapé dans les mains quand R... et A... m'ont dit ça. Ce n'est qu'une petite joie dans le fond. La grande joie, elle viendra quand ça sera moi qui me cassera de cet endroit. Je traverse en effet une écoeurïte aigue de mon boulot. Quand je vais travailler, je me déconnecte complètement et j'évolue le reste de la journée sur le pilotage automatique. Cet endroit est vraiment particulier. Je vais expliquer rapidement parce que je ne n'ai pas beaucoup de temps ce matin mais j'y reviendrai. Ça vaut la peine d'analyser tout ça.

Les directeurs de succursales:
D'année en année, on leur a retiré progressivement la plupart des responsabilités reliées à la gestion pour n'en faire que des espèces de superviseurs. Ils n'embauchent plus le personnel, n'ont pratiquement aucun regard sur les produits qui entrent dans leur succursale (autour de 5% je crois. Le reste est décidé par la direction principale. Quelques zoufs qui décident pour l'ensemble des 400 quelques succursales de la province), n'ont plus le droit de décider de la disposition des produits dans leur succursale (c'est décidé par les mêmes zoufs de la direction principale), n'ont pas le droit de toucher à une bouteille, n'ont pas le droit de faire de la caisse. Pour les horaires du personnel, ils n'ont qu'à entrer les disponibilités (toujours les mêmes et ça ne change que deux fois par année) des employés dans un programme et ça se fait tout seul. N'ont plus à placer les commandes hebdo puisque généralement, c'est le caissier principal qui s'en charge et une fois par année, on leur demande de faire le budget annuel en calquant les chiffres de l'année précédente et en les ajustant à l'année qui vient. Du coup, et sans exagération, un directeur n'est là grosso modo que pour ouvrir (parfois) les portes le matin et les fermer (parfois) le soir. Entre ces deux tâches, ils passeront la journée à se faire chier en nous expliquant par moment combien ils sont occupés et combien leur poste est stressant. Alors qu'est-ce qu'ils font pour se donner l'illusion de travailler? Ils font chier les employés. C'est tout ce qui leur reste pour ne pas se flinguer en constatant leur totale inutilité. En quelque part, je peux les comprendre parce que c'est humain. Personne au monde en effet ne peut rester les bras croisés pendant des mois et toucher un salaire sans en ressentir une quelconque forme de culpabilité. Le sentiment de vide et d'inutilité doit être furieusement pénible. Alors du coup, certains se mettent en chasse contre un employé (ou une employée) qui arrive un peu trop en retard ou qui manque quelques jours par année et on les voit faire des réunions et des conseils de guerre pour essayer de le prendre en défaut. Ça prend trois mesures disciplinaire à l'intérieur de 6 mois pour pouvoir congédier quelqu'un. Mais chaque mesure peut être (et sera) contestée par le syndicat. Avec raison d'ailleurs. Mais ils s'en foutent et quand ils ont une cible, ils passeront des semaines sur son cas. Ça les occupe. Il y aura deux ou trois réunions avec l'employé, des papiers demandés pour justifier tel ou tel retard, des mesures seront prises à la fin mais ils ne parviendront jamais à se débarrasser de la personne parce que leur dossier est toujours tout croche et que leur démarche est tout le temps mal chiée. Et puis le syndicat n'est quand même pas manchot pour défendre ces employés. Du coup, et après quelques mois, ils oublieront tout ça et passeront aussitôt à un autre employé. Ça les tient occupés et ça leur donne l'illusion de faire quelque chose. L'autre truc qu'ils adorent faire, ce sont des réunions de directeurs. Putain, ça ils aiment grave! Ils vont tous bouffer dans un resto et ils discutent des heures durant sur je ne sais quoi en prenant je ne sais quelles décisions puisque techniquement, ils ne peuvent absolument rien décider!!! Tout se décide par la direction centrale! Mais ils vont quand même essayer des trucs de gestion à la con où qui prendront des semaines à planifier et à organiser. Ça fonctionnera ensuite une ou deux semaines et comme il n'y aura pas de suivi, tout redeviendra comme avant. C'est pathétique.
Ça fait maintenant plus de deux ans que je suis là et je peux dire sans me tromper que le poste de directeur de cette entreprise d'état est de loin le plus inutile que j'ai vu de ma vie. Chaque secteur comporte 5 ou 6 succursales. Il serait très très très facile de virer les directeurs et de les remplacer par un espèce de gestionnaire qui s'occuperait de ces 5 ou 6 magasins.

Bon, là je dois justement y aller parce que c'est moi qui doit ouvrir le magasin ce matin. Le directeur ne travaille pas le dimanche. Mais il m'a laissé une liste très détaillée et hautement importante des tâches que j'aurai à faire dans la journée. Le genre de tâches où tu croules sous les responsabilités.
- S'assurer que le magasin reste propre.
- Vider les poubelles avant de quitter le soir.
- Mettre en tablette les produits manquants.
- Ne pas oublier de faire la fermeture avant de quitter.
- Garder la cuisinette propre.

Civilisation


Les gens sur cette photo n'ont jamais vus de voiture, de téléphone, de télévision, ne savent par ce qu'est l'électricité, l'eau courante, les souliers à semelles rigides ou encore une simple brosse à dents. Ce sont des gens appartenant à une tribu primitive découverte ces derniers jours en pleine forêt amazonienne. Grosso modo, ils vivent en ce moment de la même manière que vivaient les autochtones du continent avant l'arrivée des Européens. (Voir le lien : http://news.bbc.co.uk/2/hi/in_pictures/7426869.stm )
J'adore ce genre d'histoire. En quelque part, ça fout un bon coup de pied au cul à notre supposée évolution en ce sens qu'on en est rendu à envoyer des sondes exploratoires hors de notre système solaire alors que sur notre propre planète, il y existe encore des gens qui n'ont jamais été touchés par cette même évolution.

Une question s'impose: Devons-nous interférer auprès-d'eux?

Répondre oui et c'est en même temps assassiner à coup sûr l'une des dernières civilisations restée pure de toute influence extérieure. En quelque sorte, c'est un crime. Leurs enfants ont autant droit de suivre le chemin de leurs parents que les nôtres.

Répondre non et c'est accepter en nos âmes et consciences de laisser des êtres humains dans des conditions de vie extrême en leur refusant l'accès à la modernité et à une qualité de vie minimale sous prétexte que leur peuplade n'aura jamais été en contact avec nous. En quelque sorte, c'est aussi un crime. Leurs enfants ont autant droit à l'éducation que les nôtres.

Je suis incapable de trancher. D'une part, c'est fantastique de savoir qu'il puisse encore exister sur cette planète des peuples primitifs qui vivent exactement comme il y a 5 000 ans mais en même temps, c'est hallucinant de se dire que ces pauvres gens en sont encore à voir le feu de camp comme étant la technologie la plus avancée qui puisse exister. Et c'est le genre de problème qui ne se règle pas avec des demies mesures. C'est tout l'un ou tout l'autre. Et puis c'est en plein le genre de problème qui nous ramène nos petites culpabilités d'homme blanc sur la gueule. Car on a tous eu à un moment ou à un autre cette envie de réécrire l'histoire et de se dire que Christophe Colomb n'aurait jamais dû débarquer ici, qu'on aurait dû foutre la paix aux Indiens pendant que nous aurions continué nos petites affaires en Europe. Ben voilà quoi. Si ça avait été le cas, l'Europe d'aujourd'hui enverrait ses sondes sur Mars et l'Amérique en serait encore à l'âge du feu et certaines tribus sacrifieraient encore des jeunes vierges au dieu du soleil. C'est triste à dire mais c'est ça. Je ne dis pas que c'est mieux ou pire, je dis juste que les types que nous voyons sur ces photos, et bien ils ne sont pas très loin de ces types qui étaient là quand Colomb et tous les autres après ont débarqué.
Mais je reste incapable de trancher.

Je pensais à ça se soir en marchant sur St-Denis alors que je n'avais rien à foutre de mon corps et que je me faisais chier grave à être seul un samedi soir. Le genre de samedi soir où j'aurais eu envie d'être avec une fille et à écouter une fille me parler de trucs de fille. Aller bouffer avec une fille et l'écouter me parler de ses angoisses de fille. Marcher dans la rue et ralentir mon pas pour avoir le même pas lent qu'une fille. (C'est drôlement lent une fille quand ça marche dans la rue. Mais dans une maison, putain que ça marche vite! Sont tout le contraire de nous.) Avoir une fille à côté de moi et lui dire combien je suis content de ne pas vivre à l'âge du feu, même si parfois, ça serait chouette. Mais juste les week-end et seulement pour avoir le droit de manger ma viande avec mes mains. Avoir une fille à mes côtés et lui demander si ça ne lui tenterait pas d'aller manger du poulet avec les mains. Ou alors courir nu dans la forêt avec des plumes dans le cul en essayant d'attraper une perdrix avec un lance pierre. Ce genre de chose romantique. Mais j'étais seul et je me faisais chier. Comme à chaque fois, me suis dirigé vers Renaud-Bray où j'ai acheté trois livres de Modiano que je vais lire pendant mes vacances. L'endroit était plein de filles. C'est fou comment les librairies peuvent contenir de filles qui fouinent dans les bouquins. J'ai jamais draguer dans une librairie, mais si j'avais à le faire, le dernier endroit où j'attaquerais serait le rayon de la littérature érotique. J'ai connu des fanas de littérature érotiques qui justement, avaient une vie érotique un peu tordue.
- Vous lisez quoi madame?
- Les Onze Mille Verges.
- Ah! Guillaume Apollinaire.
- Vous connaissez?
- Un peu. J'ai connu une fille qui en avait fait son livre de chevet.
- Vraiment? Dites, un café, ça vous dirait?
- Désolé madame. Je mange mon poulet avec mes doigts.
- Je ne comprends pas...
- Moi non plus, mais c'est mieux comme ça, croyez-moi.
J'ai acheté trois bouquins dont j'ai oublié les titres. Mais ce sont les trois premiers qu'il a écrit. Je connaissais Modiano de nom mais j'ai lu mon premier bouquin au chalet cette semaine. Dora Bruder le titre. J'ai bouffé en deux jours et je suis resté complètement patraque après la dernière page. Vraiment blasté. J'aimerais écrire comme lui. Cette simplicité époustouflante qui te frappe sur la tronche et qui t'amène à manger les pages une après l'autre sans même voir les heures qui passent. Putain, ce mec, c'est un dieu. J'ai farfouillé ensuite un peu pour la forme et je suis descendu payer mes livres. Comme toujours, la fille à la caisse était belle à se fendre la tête contre un rayon de bouquins de cuisine, ou de voyage, c'est selon. Jeune, lunettes, sourire, t-shirt très serré qui te découpait son ventre en te laissant une folle envie d'aller croquer son nombril. Le type qui embauche les caissières chez Renaud Bray, c'est un dieu. Il connaît son affaire et on voit qu'il a à coeur sa clientèle mâle. C'est certain que quand t'es un client mec, tu t'arranges toujours pour acheter quelque chose parce que bon, ça te donne le droit d'avoir une petite conversation avec ces jeunes beautés intellos. Mais quand tu sors du magasin, tu restes un peu triste à l'idée que c'est déjà terminé et que t'as croqué aucun nombril. Du coup, tu te dit que finalement, vivre dans une tribu perdue en Amazonie, manger son poulet avec les doigts, c'est un plan de carrière qui n'est pas si mal après tout.
Et puis je suis complètement beurré. Je vais me coucher.